![]() « Ici on n’habite pas, on se cache. Et, on ne vit pas, on survit », grogne Hamid, 25 ans. Ce chômeur de longue date qui a vécu toute sa vie à « Karyane Skouila », sait le décrire. « Skouila veut dire école, mais notre bidonville est une école de toutes les merdes du monde », explique-t-il, révolté. Et d’ajouter, les yeux baissés : « Nous vivons dans une grande poubelle ». UNE poubelle ? C’est peu dire. Des monticules d’ordures accueillent de tous les côtés les visiteurs du bidonville. Des ruisselets d’eau noirâtre leur montrent le chemin au milieu des ruelles étroites séparant les blocs de baraques. Une odeur d’égouts et les plus grosses mouches de Casablanca leur tiennent compagnie jusqu’à la sortie. Mais, il n’y a pas que cela. Un temps instable et orageux avec chutes de neiges sur les reliefs de l'Atlas, à partir de 1.600 m d'altitude, régnera sur le Maroc jusqu'à mercredi prochain, a indiqué M. Mohamed Belouchi, responsable à la direction de la Météorologie nationale. Contacté par la MAP, M. Belouchi a expliqué qu'en raison d'une dépression atmosphérique intéressant la Péninsule ibérique, les masses nuageuses qui lui sont associées, vent aidant, ont pénétré le Maroc par sa façade Atlantique, donnant lieu à des pluies parfois sous forme d'averses. Ces pluies, a-t-il dit, prendront mardi un caractère orageux sur les plaines nord-ouest, le Rif et le nord de l'Oriental, ajoutant que ce temps instable persistera jusqu'à mercredi. Dès jeudi, des pluies résiduelles intéresseront l'extrême Nord et le temps sera progressivement amélioré. ![]() Abdelilah Benkiran, l’une des figures de proue des islamistes marocains (il est membre de l’ancienne Chabiba Islamiya, fondateur d’Al Islah Wa Tajdid puis du mouvement d’Attawhid Wal Islah - MUR) a reçu sur son téléphone des menaces de mort. Il a reçu un premier coup de téléphone, le samedi 10 mars (à 10h 10), d’une personne inconnue qui l’a menacé en lui disant qu’il doit faire « ses prières avant de mourir ». Le lundi 12 mars, il a reçu (à 7h 25) une autre communication téléphonique, « la même voix que celle d’auparavant », raconte Abdelilah Benkiran et qui lui a lancé les mêmes menaces de mort. Benkiran a déposé deux plaintes auprès de la police qui lui a promis de mener une enquête à ce sujet. Après le choc des attentats du 16 mai, l’Etat s’est solennellement engagé à éradiquer ces baraques de la honte d’où est sortie la douzaine de kamikazes. Quatre ans plus tard, rien n’a été fait ou presque dans les banlieues paupérisées de Casablanca, terreau fertile de la terreur. Dans les bidonvilles de Sekouila et de Kariane Thomas, la situation est toujours aussi invivable. On n’a pas compté une seule masure démantelée. Aux habitants dépités, on a consacré quatre recensements et fait des promesses non tenues. En clair, on leur a tourné le dos et préféré l’approche sécuritaire qui montre aujourd’hui ses limites. Résultat, non seulement les déçus se radicalisent davantage, mais pire, ceux raflés en masse en 2003 (dont certains ont été graciés comme Abdellfatah Raydi, l’auteur du dernier attentat manqué) iront grossir un jour les rangs des candidats au Jihad. Deux autres individus impliqués directement dans l’affaire du cybercafé arrêtés. Les kamikazes ciblaient le Port de Casablanca Deux autres membres de la cellule qui était dernier l’explosion, qui a fait dans la nuit du 11 mars un mort et 4 blessés dans un cybercafé de Sidi Moumen Jdid, ont été arrêtés et la cible des terroristes était le Port de Commerce de Casablanca, a-t-on indiqué hier à l’issue d’un Conseil deGouvernement. Mercredi, M. Mokhtar Bekkali Kacimi, Gouverneur, Directeur des affaires générales à la Wilaya de la région du Grand Casablanca, dans une déclaration à l’agence MAP a déclaré que les recherches sont activement menées pour mettre la main sur d’autres complices, dont deux seraient identifiés. Il devrait donc s’agir de ces individus qui ont loué avec les kamikazes le réduit où ont été retrouvés les explosifs de Hay Moulay Rachid. ![]() 22h00, Abdelfatah Raidi et Youssef Khoudri franchissent la porte d’entrée. Abdelfatah a 23 ans et porte une petite barbe. Il est marchand ambulant. Il a été condamné en 2003 à 5 ans de prison dans le cadre de la loi anti-terroriste. Il fut gracié deux ans plus tard. Youssef, lui, est âgé de 18 ans. Lui aussi est un marchand ambulant. Depuis quelque temps, les deux sont liés d’une amitié suspecte ; ils ne se quittent presque plus. Ils habitent dans le même bloc 14, au Douar « Skouila » de Sidi Moumen. Mohamed s’apprêtait à rentrer chez lui, le temps que les internautes terminent leur heure de navigation sur Internet. Abdelfatah et Youssef ne sont donc pas les bienvenus. Vêtus de pantalons Djin’s et de chemises, ils avaient l’air de deux copains venant chatter à une heure tardive de la nuit. Ils prennent place devant deux postes d’ordinateurs. Ils tapent leur adresse électronique préférée, mais l’accès est chaque fois refusé. Ils changent de poste, sans succès. ![]() La souris d’un ordinateur peut être aussi dangereuse qu’une balle ou une bombe. C’est l’enseignement que nombre de Marocains auront tiré de l’incident terroriste qui s’est produit, il y a quelques jours dans un cybercafé, à Sidi Moumen. Le piège a fini par se refermer sur celui qui le tend. L’événement tragique du 11 mars dernier a dévoilé, au-delà de toute contingence, un fait qui est loin d’être «virtuel». «Internet est une arme essentielle pour les jihadistes», déclare à «ALM» Abdellah Rami, un spécialiste en Islam politique et auteur d’un Rapport académique intitulé «L’activité du réseau de la Salafia Jihadia sur Internet» (voir l’entretien ci-contre). C’est sur Internet que les deux kamikazes, Abdelfettah Raydi et Youssef Khouidri, attendaient ce soir de sinistre mémoire de recevoir les instructions de leurs commanditaires pour exécuter leur dessein abominable. Le jihad à distance ne date sans doute pas de ce noir 11 mars 2007. Les activistes de la Salafya Jihadia ont découvert les «vertus» du Web il y a fort longtemps : un accès facile, pratiquement aucune règle ou censure, des communications anonymes et rapides, le faible coût lié à la création d’un portail et, au détour d’une page Web, des recrues qui n’attendent que le feu vert pour semer la terreur et la mort parmi des citoyens innocents. Actualité Maroc : Terrorisme : 18 personnes arrêtées et 6 autres recherchées dans le cadre de l'enquête sur l'attentat de Casablanca
Le ministre de l'Intérieur, M. Chakib Benmoussa, a annoncé, jeudi, que les investigations menées par les autorités après l'explosion de Casablanca de dimanche dernier ont conduit à l'arrestation de dix huit personnes pour leurs liens avec les deux individus, auteurs de cette explosion. M. Benmoussa a ajouté que six autres suspects sont activement recherchés au niveau national en relation avec cet acte terroriste. Dans un exposé devant le conseil du gouvernement, le ministre a précisé que les investigations ont révélé que l'auteur de cette explosion terroriste préparait son projet depuis novembre 2006 à travers la constitution d'un groupe comprenant d'anciens détenus originaires du quartier Sidi Moumen à Casablanca, a indiqué le ministre de la Communication, porte-parole du gouvernement, M. Nabil Benabdellah, dans un point de presse à l'issue du Conseil. Les éléments de ce groupe ont arrêté les cibles visées, à savoir des institutions et des sites économiques dans la même ville, a expliqué le ministre, notant que des quantités de composants d'explosifs ont été saisies dans une maison au quartier de Moualy Rachid en moins de deux jours après ce crime terroriste. ![]() Les services de sécurité, dans le cadre des investigations menées suite à l'attentat de dimanche soir, ont procédé à l'arrestation d'au moins sept personnes qui auraient entretenu des relations avec Abdelfettah Raydi, le kamikaze qui s'est fait exploser dans le cybercafé du quartier "Al Adarissa". Selon des sources informées, Abdellatif Amrine, kamikaze réserviste en mai 2003, figure parmi les sept individus arrêtés dans la nuit de lundi à mardi. Abdellatif Amrine fait partie des 164 détenus salafistes graciés en novembre 2005 à l'occasion de l’Aïd El Fitr. Arrêté en juin 2003, il avait été jugé et condamné à 30 ans de prison ferme. Il avait été gracié par égard à son état de santé vu qu'il est atteint d'hémophilie. L'on apprend d'ailleurs que les six autres individus arrêtés dans divers quartiers de Casablanca sont des salafistes ayant purgé des peines de prison avant de bénéficier de mesures de grâce. Les amendes et le permis à points au centre de la discorde Les chauffeurs du secteur de transport des voyageurs se sont mis en grève dimanche et lundi pour protester contre le projet de loi portant code de la circulation routière, provoquant un véritable capharnaüm à travers le pays. Le mot d’ordre de grève a été respecté à 100%, nous a déclaré un membre du bureau syndical de l’Union des fédérations professionnelles. La mobilisation des chauffeurs était parfaite et leur message est clair "Non au projet de loi portant code de la circulation routière jugé trop répressif à leur encontre", dit la même source. A Ouled Ziane, l’une des plus grandes gares routières du pays, la grève a été largement suivie. La gare a été paralysée. Aucun bus n’a été mis en circulation. Les voyageurs ont dû se rabattre sur d’autres moyens de transport pour pouvoir se déplacer. Les grands taxis ont été pris d’assaut et leur prix a doublé, voire triplé. |









