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Actualité Afrique : Mali : L'armée malienne a manqué du sens de l'anticipation
Les trois régions du nord du Mali, à savoir Kidal, Gao et Tombouctou, sont tombées une à une dans les mains des rebelles touaregs du Mouvement de libération de l'Azawad (MMLA).

En analyse cette situation de "défaite" de leur armée, plusieurs Maliens dans leurs commentaires respectifs évoquent un certain nombre de faits.

D'abord, le manque du sens de l'anticipation par les autorités maliennes.

"Gouverner c'est anticiper. Les autorités maliennes notamment le président ATT (Amadou Toumani Touré, ndlr) devaient procéder à des alliances stratégiques avec des pays comme l'Algérie", ont déclaré certains Maliens.

Ceux-là qui soutiennent la thèse du manque d'anticipation soulignent que les menaces de la rébellion touarègue, celles du terrorisme islamiste d'AQMI et des revenants de la Libye lourdement armés, étaient autant de facteurs qui pesaient sur le Mali.

Face à tous ces facteurs, renchérissent-ils, on devait prendre des dispositions idoines.

De l'avis d'un militant du Mouvement populaire du 22 mars (MP22), "le président Amadou Toumani Touré a passé tout son temps à faire croire à son peuple que le Mali a une armée forte". Ce qui s'est avéré "faux et la preuve est que les trois régions du Nord/Mali ont été prises par quelques centaines d'hommes armés du MNLA", a commenté ce même militant du MP22.

Selon Idrissa Sissoko, professeur de mathématiques au lycée, "les avions que l'armée malienne détient ne sont pas de nature à faire son affaire dans le nord. Selon mes informations, ces avions ont un rayon de 150 kilomètres. Or, les régions du Nord sont éloignées les unes des autres".

D'autre part, il a ajouté que "sur le terrain, nos militaires se plaignaient à cause du manque d'armements adéquats et du traitement en termes d'alimentation et d'argent. On voit pourquoi, il n'était pas facile pour nos soldats de faire face aux rebelles qui sont armés jusqu'aux dents".

De l'autre côté, certains Maliens témoignent de leur attachement au président Amadou Toumani Touré.

Un militant très influent du Parti pour le développement économique et la solidarité (PDES) qui a requis l'anonymat, a remis en cause l'arrivée des putschistes au pouvoir le 22 mars dernier.

"Malgré tout ce qu'on peut ou qu'on a pu lui (ATT, ndlr) reprocher à tort ou raison, il faut reconnaître que les bandits armés n'avaient jamais pu occuper les trois régions au nord de notre pays", a-t-il déclaré.

Ce même militant du PDES a noté que "c'est l'arrivée du CNRDRE (Comité national pour le redressement de la démocratie et la restauration de l'Etat, c'est à dire la junte militaire, ndlr) qui a accéléré les choses en donnant la possibilité aux rebelles touaregs de s'emparer de ces trois régions, qui constituent les deux tiers de notre territoire national".

"Ce qu'ils reprochaient au président Amadou Toumani Touré, c'est ce qu'ils ont fait en disant 'nous nous retirons pour des raisons stratégiques'. De retrait en retrait, nous avons perdu ces zones", a conclu ce militant du PDES.

Par ailleurs, selon Me Mamadou Ismaïla Konaté, avocat à la cour, dès son arrivée au pouvoir, le président Amadou Toumani Touré a opté pour une gestion consensuelle du pouvoir au Mali. Ainsi, dit-il, l'échec du régime ne saurait être en aucun cas imputable à ATT lui seul. Car, ajoute-t-il, ATT a géré le Mali avec la classe politique malienne.

De l'avis d'un acteur de la société civile, du coup d'Etat à aujourd'hui, le CNRDRE n'a exprimé aucune vision pour la gestion de la crise du Nord/Mali, ce qui est inquiétant selon lui.

S'agissant des solutions de sortie de crise, Alpha Mahamane, juriste malien résidant à l'étranger, a déclaré que "nous, Maliens, devons fonder nos espoirs sur l'intervention militaire de la Cedeao (Communauté économique des Etats de l'Afrique de l'Ouest) afin de reconquérir le nord de notre pays. Car, il n'est pas question de laisser un millimètre carré de notre pays à qui que ce soit".

De l'avis d'un acteur de la lutte contre la prolifération des armes légères au Mali, "il y a lieu de craindre pour l'évolution socioéconomique et politique de notre pays. Car, au nord, il y a les rebelles touaregs et Alquaida au Maghreb islamique (AQMI). Quant au sud, on n'est pas sûr à 100% que les armes qui ont été prises lorsque que les magasins d'armes de Kati eurent été cassés, soient récupérées totalement".


Casafree.com le 2/4/2012 9:56:06
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