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Economie : Europe - Bilan 2011 : 2011, une mauvaise année pour la zone euro
En 2011, la "crise de l'euro", qui est en train de générer une véritable crise sociale en Europe, a exercé une influence significative sur la vie de tous les Européens.

Crise financière, crise économique, crise des finances publiques, crise monétaire... Face à la dégradation de la situation économique et financière dans la zone euro et en l'absence d'une solution durable, les Européens se montrent pessimistes face aux perspectives sombres affichées par l'euro.

Crise de la dette :les français se montrent pessimistes

En France, deuxième économie de la zone euro, le niveau élevé de la dette publique a forcé le gouvernement à annoncer deux plans de rigueur pour économiser plusieurs milliards supplémentaires, ce qui signifie la réduction des dépenses publiques et l'augmentation des impôts.

Selon un sondage de l'Ifop publié en octobre, à peine 4% des Français croient en une fin proche de la crise, tandis que 46% d'entre eux se montrent pessimistes et n'envisagent pas de reprise significative de l'activité économique et financière de la zone euro avant 2014.

"Il est évident que la crise actuelle affectera la vie des Français, leur pouvoir d'achat et leur épargne. Tout le monde va payer cette crise, qui laissera des cicatrices partout", a déclaré à Xinhua Guy Rouiller, cadre dans une entreprise privée.

"Bien sûr que les Français sont pessimistes", a déclaré Clara Bemfort, une jeune femme de 30 ans qui a fondé sa propre entreprise à domicile de vente de lingerie il y a deux ans. "Avec cette crise, je suppose que les clients vont devoir se serrer un peu plus la ceinture en raison d'une stagnation ou d'un manque de revenus. La crise va couper court à leurs envies de shopping et mon entreprise risque de s'effondrer", a-t-elle affirmé.

Selon l'Institut national des statistiques et des études économiques de France (Insee), l'économie française devrait connaître une brève et légère récession au quatrième trimestre 2011 et au premier trimestre 2012. Cette prévision suscite une vive inquiétude, et beaucoup craignent de voir la note souveraine de la France abaissée par les agences de notation, une action qui risque de produire un effet domino dans la zone euro.

L'origine de la crise aux yeux des européens

Hors de France, les mouvements de contestation florissent maintenant un peu partout en Europe. En Espagne, en Grèce, en Italie ou en Belgique, le sentiment d'injustice, l'indignation, l'impression que cette société ne fonctionne plus gagne les esprits.

Les pays membres de l'Union européenne (UE) ont accepté de conclure un accord pour renforcer la discipline et la coordination budgétaires, mais cet accord n'a pas réussi à convaincre les marchés et les agences de notation.

"Il est clair que l'UE ne pouvait pas marcher, parce qu'il y avait trop de différences au niveau des salaires, des cotisations sociales et de l'imposition entre les membres les plus riches et les plus pauvres", relève Laurent, un étudiant en marketing. "Créer une monnaie unique sans avoir au préalable réformé la réglementation fiscale ni évalué les actifs économiques et financiers des membres va nous coûter cher", ajoute ce jeune homme de 23 ans, qui a l'intention d'aller chercher de nouvelles opportunités au-delà du vieux continent.

Pour Fabian Zuleeg, économiste en chef de l'institut European Policy Center, la crise de la zone euro peut être décomposée en deux volets. En matière de politique, tout d'abord : "Il y a 17 politiques fiscales différentes, dont certaines ne sont ni viables ni durables, mais une monnaie unique. Donc les marchés jouissent d'une certaine marge de manoeuvre pour traiter séparément chaque économie, d'où le phénomène de contagion". En matière de croissance, ensuite, on doit reconnaître qu'il existe des "différences de taux de croissance entre les pays". Faisant remarquer que "les économies les plus faibles se retrouvent loin derrière", cet économiste relève que l'Eurogroupe "n'a pas les moyens ni les outils nécessaires pour gérer de telles différences".

Le professeur Gerd Grozinger, de l'Université Flensburg d'Allemagne, a indiqué dans un entretien avec l'agence Xinhua qu'une union monétaire viable devrait absolument passer par une coordination pertinente des politiques sociales et financières, ou alternativement par des transferts financiers significatifs pour protéger les développements économiques respectifs des pays membres ; faute de quoi, la zone euro continuera à présenter un fort risque d'instabilité.

Pistes possibles pour stabiliser la zone euro

La crise doit s'accompagner d'une évolution sociale, et exige que soient repensés et redéfinis les modèles de développement existants, les manières de penser et les valeurs. Face à la crise, rien n'est plus grave que l'effondrement de la confiance du peuple, car les crises commencent toujours par une perte de confiance, et ne s'achèvent qu'une fois la confiance retrouvée.

"La situation ne serait pas aussi difficile si ces problèmes politiques et économiques avaient été gérés avant", a indiqué Fabian Zuleeg. "Au lieu d'avoir une crise aiguë des marchés, la zone euro se serait retrouvée dans une situation plus proche de celle des Etats-Unis ou du Japon, avec la nécessité de faire des réformes à long terme, plus importantes, mais aussi plus faisables."

"Pour ce qui est du règlement politique de la crise, un pas décisif doit être fait, par la création d'une union monétaire et économique effective, bien au-delà d'une simple coordination des politiques fiscales", a indiqué M. Zuleeg, en réponse à une question de Xinhua sur les mesures clés à appliquer pour résoudre la crise de la dette.

"Quant à la crise de la croissance, un programme d'investissement est une nécessité critique", a-t-il ajouté.

Pour Gerd Grozinger, les déséquilibres budgétaires sont au coeur de la crise. Il est donc temps de taxer davantage les plus riches et de redistribuer les capitaux aux groupes les plus fragiles ou encore aux pays les plus pauvres de la zone euro.

Selon lui, c'est l'augmentation des salaires dans la plupart des pays de la zone euro qui a conduit à une situation instable, et c'est là que des réformes doivent avoir lieu. "Cela devrait être fait dans le respect des différentes politiques nationales de revenus", a-t-il indiqué, précisant que "l'Allemagne devrait avoir de plus hauts salaires, tandis que d'autres pays comme la Grèce ou l'Espagne devraient quant à eux diminuer les coûts salariaux".


Casafree.com le 30/12/2011 9:21:24
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