Economie : Bourse de Casablanca : Le vent a tourné
Un vent de panique s’est emparé de la place. Cette fois, c’est sûr, la correction a bel et bien commencé. En l’espace d’une séance, l’indice global a subi une perte de plus de 4,16%, soit la plus forte perte de son histoire. Aucune valeur n’y a échappé. Le jeudi 10 mai 2005 ne restera pas dans l’histoire de la bourse de Casablanca, comme le fut celui du 24 octobre 1929 pour la bourse de New York. Mais, c’est semble-t-il le début d’une très sévère correction. La place devrait perdre une partie importante de ses gains accumulés durant ces deux dernières années. Le standard de la plupart des sociétés de bourse est saturé.
Les carnets d’ordres de vente sont remplis alors qu’à l’achat, de moins en moins de porteurs de parts se manifestent. Certains observateurs n’hésitent pas à parler de krach. Peut-être qu’ils n’ont pas tort ? Tout est parti d’une recommandation à la vente de l’action Sonasid par Attijari Intermédiation. En effet, le mardi 7 mai en fin d’après-midi, une étude sur le titre a été diffusée. Les auteurs de l’analyse n’ont pas tari d’éloge sur la solidité des fondamentaux de l’entreprise. Le secteur du bâtiment et des matériaux de construction est en forte croissance, ce qui pourrait profiter au sidérurgiste. L’aciérie électrique de Jorf Lasfar lui a permis de réduire sa dépendance vis-à-vis de l’étranger concernant l’approvisionnement. Désormais, 30% des besoins en matières premières sont satisfaits par le marché local de ferrailles contre 10 seulement l’année dernière.
Ce taux devrait s’améliorer permettant à la Sonasid d’améliorer ses marges. De même, l’arrimage de l’entreprise au groupe Arcelor Mittal, numéro un mondial de l’acier, est une garantie du succès de Sonasid au vu des nombreuses synergies possibles. Dans de telles conditions, le géant du secteur du bâtiment et des matériaux de construction devait s’inscrire en forte croissance.
Malheureusement, l’analyse ne s’arrête pas à ce niveau. La Sonasid fait désormais face à une concurrence qui va en s’intensifiant, tant à cause de producteurs nationaux que des importateurs. Il a perdu 7 points de part de marché en l’espace d’une année. C’est ce qui explique qu’au moment où le secteur du BTP a enregistré une croissance de 17% en 2006, le volume d’affaires de la Sonasid n’a progressé que de 7%. L’arrivée prochaine du groupe Chaâbi sur le marché avec Ynna Steel ne sera sans doute pas pour arranger les choses. A partir de là, les conclusions de l’étude ont été sans appel.
L’action de la Sonasid a été jugée surévaluée par les analystes d’Attijari Intermédiation. Au lieu des 3500 dirhams affichés à la cote de la bourse des valeurs, ils ont estimé le cours objectif à 2150, soit un différentiel de 35%. Dès les premières minutes de la cotation du lendemain, les choses se sont emballées. La Sonasid a ouvert à 3493, mais quinze minutes plus tard, elle avait perdu 6% à 3285 dirhams environ. Le fait qu’une valeur aussi solide que la Sonasid subisse une baisse aussi importante a été interprété comme un signal d’un changement de tendance programmé. Du coup, l’ensemble des autres grosses capitalisations se sont inscrites en baisse, à commencer par les entreprises du groupe ONA.
D’abord, Lesieur que le démenti du rapprochement avec Savola avait déjà entraîné dans une phase baissière, verra sa correction s’accélérer. De même, les autres valeurs suivront comme la SNI, l’ONA lui-même, mais aussi Managem. Le vent de panique a également touché les bancaires qui s’inscriront en baisse, à l’exception de la BMCE Bank. Le cours de Maroc Telecom, qui avait gagné près de 3% durant les cinq séances précédentes, a également subi des dommages collatéraux, reculant de plus de 2%.
Le jeudi 10 mai, c’est une autre page qui s’est ouverte à la bourse. Toutes les actions cotées ont piqué du nez. Au total, 25 titres, sur 65, ont perdu plus de 5%, dont 13 ayant cédé pratiquement le maximum autorisé au cours d’une seule séance, soit 6%. Et là aussi, ce sont les grosses capitalisations qui ont visiblement trinqué. Puisque dans ce lot on retrouve pratiquement toutes les valeurs bancaires de même que les entreprises du bâtiment et des matériaux de construction.
Phase de correction
C’est la première fois dans l’histoire de la place que l’on enregistre une baisse aussi forte au cours d’une séance. Après le mercredi 9 mai, au cours duquel est partie la phase de repli avec une baisse de 2%, le jeudi 10 a servi à effacer pratiquement l’ensemble des gains accumulés depuis le début du mois d’avril. Désormais, ce qui risque de se passer ne laisse planer aucun doute. La baisse devrait se poursuivre. Car, aujourd’hui les investisseurs sont convaincus, avec raison d’ailleurs, qu’elle ira en s’amplifiant. Et il s’agira d’une prophétie auto-réalisatrice, car une fois que la pensée est partagée par tout le monde, elle ne pourra que se réaliser.
On ne l’a dit jamais assez : la place était devenue trop chère. C’était déjà le cas avant fin 2006, mais cela n’avait pas empêché les cours de flamber et d’enregistrer une progression de l’ordre de 35% depuis le début de l’année. A la fin du premier semestre, il aurait été plus logique que la place entre au moins dans une phase de consolidation, ce qui n’a pas été le cas non plus. Les investisseurs ont continué à acheter et la demande forte à contribué à maintenir des niveaux de cours élevés. Aujourd’hui, il est permis d’être formel.
Beaucoup essayeront de sauver les meubles. Si tel est le cas, la bourse devrait s’inscrire dans une nouvelle phase de correction qui devrait durer jusqu’au mois de septembre. Car la démesure qui caractérisait la bourse depuis bientôt une année pouvait avoir des conséquences désastreuses si elle n’était pas marquée par des phases de correction et de consolidation. Tout le monde le savait. Il faut sans doute attendre une période assez longue de correction avant de voir la place reprendre le chemin de la croissance. Il faut espérer simplement que la démesure ait cette fois des limites raisonnables.
Par Mar Bassine Ndiaye
Pour La Gazette Du Maroc du 14/05/2007
Les carnets d’ordres de vente sont remplis alors qu’à l’achat, de moins en moins de porteurs de parts se manifestent. Certains observateurs n’hésitent pas à parler de krach. Peut-être qu’ils n’ont pas tort ? Tout est parti d’une recommandation à la vente de l’action Sonasid par Attijari Intermédiation. En effet, le mardi 7 mai en fin d’après-midi, une étude sur le titre a été diffusée. Les auteurs de l’analyse n’ont pas tari d’éloge sur la solidité des fondamentaux de l’entreprise. Le secteur du bâtiment et des matériaux de construction est en forte croissance, ce qui pourrait profiter au sidérurgiste. L’aciérie électrique de Jorf Lasfar lui a permis de réduire sa dépendance vis-à-vis de l’étranger concernant l’approvisionnement. Désormais, 30% des besoins en matières premières sont satisfaits par le marché local de ferrailles contre 10 seulement l’année dernière.
Ce taux devrait s’améliorer permettant à la Sonasid d’améliorer ses marges. De même, l’arrimage de l’entreprise au groupe Arcelor Mittal, numéro un mondial de l’acier, est une garantie du succès de Sonasid au vu des nombreuses synergies possibles. Dans de telles conditions, le géant du secteur du bâtiment et des matériaux de construction devait s’inscrire en forte croissance.
Malheureusement, l’analyse ne s’arrête pas à ce niveau. La Sonasid fait désormais face à une concurrence qui va en s’intensifiant, tant à cause de producteurs nationaux que des importateurs. Il a perdu 7 points de part de marché en l’espace d’une année. C’est ce qui explique qu’au moment où le secteur du BTP a enregistré une croissance de 17% en 2006, le volume d’affaires de la Sonasid n’a progressé que de 7%. L’arrivée prochaine du groupe Chaâbi sur le marché avec Ynna Steel ne sera sans doute pas pour arranger les choses. A partir de là, les conclusions de l’étude ont été sans appel.
L’action de la Sonasid a été jugée surévaluée par les analystes d’Attijari Intermédiation. Au lieu des 3500 dirhams affichés à la cote de la bourse des valeurs, ils ont estimé le cours objectif à 2150, soit un différentiel de 35%. Dès les premières minutes de la cotation du lendemain, les choses se sont emballées. La Sonasid a ouvert à 3493, mais quinze minutes plus tard, elle avait perdu 6% à 3285 dirhams environ. Le fait qu’une valeur aussi solide que la Sonasid subisse une baisse aussi importante a été interprété comme un signal d’un changement de tendance programmé. Du coup, l’ensemble des autres grosses capitalisations se sont inscrites en baisse, à commencer par les entreprises du groupe ONA.
D’abord, Lesieur que le démenti du rapprochement avec Savola avait déjà entraîné dans une phase baissière, verra sa correction s’accélérer. De même, les autres valeurs suivront comme la SNI, l’ONA lui-même, mais aussi Managem. Le vent de panique a également touché les bancaires qui s’inscriront en baisse, à l’exception de la BMCE Bank. Le cours de Maroc Telecom, qui avait gagné près de 3% durant les cinq séances précédentes, a également subi des dommages collatéraux, reculant de plus de 2%.
Le jeudi 10 mai, c’est une autre page qui s’est ouverte à la bourse. Toutes les actions cotées ont piqué du nez. Au total, 25 titres, sur 65, ont perdu plus de 5%, dont 13 ayant cédé pratiquement le maximum autorisé au cours d’une seule séance, soit 6%. Et là aussi, ce sont les grosses capitalisations qui ont visiblement trinqué. Puisque dans ce lot on retrouve pratiquement toutes les valeurs bancaires de même que les entreprises du bâtiment et des matériaux de construction.
Phase de correction
C’est la première fois dans l’histoire de la place que l’on enregistre une baisse aussi forte au cours d’une séance. Après le mercredi 9 mai, au cours duquel est partie la phase de repli avec une baisse de 2%, le jeudi 10 a servi à effacer pratiquement l’ensemble des gains accumulés depuis le début du mois d’avril. Désormais, ce qui risque de se passer ne laisse planer aucun doute. La baisse devrait se poursuivre. Car, aujourd’hui les investisseurs sont convaincus, avec raison d’ailleurs, qu’elle ira en s’amplifiant. Et il s’agira d’une prophétie auto-réalisatrice, car une fois que la pensée est partagée par tout le monde, elle ne pourra que se réaliser.
On ne l’a dit jamais assez : la place était devenue trop chère. C’était déjà le cas avant fin 2006, mais cela n’avait pas empêché les cours de flamber et d’enregistrer une progression de l’ordre de 35% depuis le début de l’année. A la fin du premier semestre, il aurait été plus logique que la place entre au moins dans une phase de consolidation, ce qui n’a pas été le cas non plus. Les investisseurs ont continué à acheter et la demande forte à contribué à maintenir des niveaux de cours élevés. Aujourd’hui, il est permis d’être formel.
Beaucoup essayeront de sauver les meubles. Si tel est le cas, la bourse devrait s’inscrire dans une nouvelle phase de correction qui devrait durer jusqu’au mois de septembre. Car la démesure qui caractérisait la bourse depuis bientôt une année pouvait avoir des conséquences désastreuses si elle n’était pas marquée par des phases de correction et de consolidation. Tout le monde le savait. Il faut sans doute attendre une période assez longue de correction avant de voir la place reprendre le chemin de la croissance. Il faut espérer simplement que la démesure ait cette fois des limites raisonnables.
Par Mar Bassine Ndiaye
Pour La Gazette Du Maroc du 14/05/2007
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| Auteur | Conversation |
|---|---|
| meed | Posté le: 19/5/2007 1:00 Mis à jour: 19/5/2007 1:00 |
Habitué ![]() ![]() De: chez-moi Envois: 4370 |
? Et moi qui voulait acheter qlq actions ! ! !
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| bellitaliana | Posté le: 20/5/2007 14:20 Mis à jour: 20/5/2007 14:20 |
Curieux ![]() ![]() De: Rbt Envois: 726 |
faut pas paniquer ! c facile à dire ! mais bon !lah y7fed ou safi!!
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