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Sports : Le cas d'une athlète indienne repose la question du test de féminité
Sa deuxième place, dans le 800 mètres des Jeux asiatiques, à Doha (Qatar), samedi 9 décembre, avait fait d'elle une vedette en Inde. Le pays, lors des Jeux olympiques d'Athènes, en 2004, n'a réussi à décrocher qu'une médaille, d'argent, loin des ambitions d'une nation qui pèse de plus en plus sur la scène internationale, tant politiquement qu'économiquement. L'exploit de Santhi Soundarajan arrivait donc à point nommé : il a trouvé un écho instantané, encore amplifié dans son Etat d'origine du Tamil Nadu.

Mais le fil de la belle histoire de la nouvelle reine indienne de l'athlétisme a été rompu net. A l'issue de la compétition, le 9 décembre, elle a dû se soumettre à un "test de féminité", qui ne s'est pas avéré concluant. D'un point de vue médical, Santhi Soundarajan ne présenterait pas toutes les caractéristiques d'une femme. Le Conseil olympique asiatique, organisateur des Jeux, a annoncé la disqualification de la coureuse et a demandé officiellement au Comité olympique indien, mardi 19 décembre, de restituer la médaille gagnée sur le tartan qatari.

Comment une telle découverte, concernant une athlète âgée de 25 ans, est-elle possible ? Selon le témoignage anonyme d'une de ses amies, recueilli par India Times, le site Internet du quotidien Times of India, Santhi Soundarajan, enregistrée à la naissance de sexe féminin, ne serait jamais "devenue pubère", nourrissant "l'inquiétude de sa mère", qui, "en raison de son éducation et de sa situation financière, ne s'est jamais dit qu'il fallait qu'elle voit un médecin".

Il y a un an et demi, un autre événement aurait pu inciter les autorités sportives indiennes à s'interroger : lors d'une visite médicale, pour l'attribution d'un poste à horaires aménagés réservé aux athlètes dans une société de transport ferroviaire, le praticien avait conclu que Santhi Soundarajan ne pouvait postuler au quota d'emplois réservés aux femmes. La Fédération indienne se défend d'avoir été mise au courant.

La décision de faire passer un test de féminité à Santhi Soundarajan est intervenue après un contrôle antidopage suspect. Deux hypothèses sont possibles : soit l'analyse des échantillons urinaires a révélé un profil hormonal ou stéroïdien anormal, soit le médecin chargé d'effectuer les prélèvements a constaté visuellement des anomalies anatomiques.

CONFONDRE LES TRICHEURS

Après les Jeux d'Atlanta, en 1996, le Comité international olympique (CIO) a renoncé, dans les compétitions qu'il organise, à procéder à des tests de féminité systématiques. "On se garde la possibilité de faire des contrôles en cas de suspicion ou de délation, précise toutefois Patrick Schamach, directeur de la Commission médicale du CIO. Ce cas montre qu'il y a encore des problèmes et que nous devons rester vigilants." Selon le CIO, depuis les JO de 2000 à Sydney, seulement deux athlètes ont dû se soumettre à ces tests et les deux cas n'ont pas révélé d'anomalies.

Depuis les Jeux olympiques d'hiver d'Albertville de 1992, le test de Barr, qui "signe" l'existence de deux chromosomes X caractéristiques du génome féminin, a été abandonné, car jugé peu fiable. Il a été remplacé par le test de la réaction en chaîne de la polymérase (PCR), qui permet de déterminer la présence, ou non, d'un chromosome Y. Le contrôle de féminité comprend aussi un examen physique et un bilan hormonologique (recherche de l'oestrogène ou de la testostérone).

En 1992, la mise en place du test PCR avait suscité une importante polémique en France, des chercheurs considérant notamment que l'approche génétique était insuffisante pour déterminer le sexe d'une personne. Concrètement, la catégorisation homme-femme, nécessaire aux autorités sportives, est parfois médicalement très complexe, si ce n'est impossible, notamment dans les cas d'hermaphrodisme. Les tests permettent simplement de relever des anomalies.

La vérification de la féminité a été instaurée en 1966 pour tenter de confondre les fraudeurs (volontaires ou non). La skieuse Erika Schinegger, championne du monde cette année-là, est le cas le plus célèbre : "elle" s'était révélée être un homme. Son sexe s'était simplement développé anormalement. Devenu Erik Schinegger, il s'est marié, et, après une opération, a eu une fille naturelle.

Source : [url=http://www.lemonde.fr/web/article/0,1-0@2-3242,36-848075@51-848182,0.html]Lemonde.fr[/url]


Casafree.com le 22/12/2006 17:03:39
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