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Actualité Afrique : L'Egypte renoue avec la violence et l'instabilité
Malgré la proposition du Conseil militaire d'accélérer le transfert du pouvoir, les violences, faisant des centaines de blessés, se poursuivent en Egypte depuis six jours.

Mercredi soir, la place Tahrir située dans le centre du Caire, où se trouve le bâtiment du ministère égyptien de l'Intérieur et où ont eu lieu les émeutes au début de l'année renversant l'ex-président égyptien Hosni Moubarak, a été le lieu de rassemblement de milliers de manifestants. Ces derniers jours, la situation est restée inchangée.

Pendant la journée, des policiers ont tiré des gaz lacrymogènes sur les manifestants situés dans la rue de Mohamed Mahmoud à proximité de la place Tahrir, où trois véhicules blindés, déployés par l'armée, tentaient de disperser les manifestants.

Selon le ministère de la Santé, 290 personnes ont été blessées mercredi. Au total, jusqu'à présent, plus de 2 000 personnes ont été blessés depuis la reprise des violences en Egypte.

Des soldats et des policiers ont arrêté mercredi un groupe de 20 hommes armés qui ont attaqué les forces de sécurité et les manifestants situés près de la place Tahrir, a rapporté l'agence de presse officielle égyptienne MENA. Des armes ont été saisies, et des responsables ont indiqué que les arrestations effectuées montraient que des personnes participant aux manifestations avaient l'intention de semer le chaos.

Selon le ministère égyptien de la Santé, 35 personnes sont mortes depuis le début des reprises des affrontements en Egypte.

Parmi ces victimes, 31 personnes ont trouvé la mort au Caire, deux sont mortes à Alexandrie, deuxième ville du pays, une à Ismaïlia, ville située dans le nord-est de l'Egypte et enfin une personne est morte à Marsa Matrouh, au nord-ouest du pays, a précisé le ministère.

Certains groupes de jeunes, dont le Mouvement du 6 avril et la Coalition des jeunes pour la révolution, s'obstinent à vouloir poursuivre les manifestations. Ils ont exigé le départ de Tantaoui Hussein, chef du Conseil militaire.

Le chef du Conseil militaire a répondu mardi dans une allocution télévisée que l'armée ne voulait pas rester au pouvoir et qu'elle "était prête à remettre le pouvoir immédiatement (par le biais d'un référendum), si c'est le souhait du peuple".

Il a révélé que la date des élections présidentielles pourrait être avancée de six mois que celle prévue initialement par l'armée.

Afin de calmer les manifestants, le chef du Conseil militaire a fait savoir que le Conseil militaire avait accepté la démission du gouvernement égyptien et que les élections présidentielles auraient lieu en juillet 2012.

Il a également promis que le Conseil militaire remettrait le pouvoir à un gouvernement civil avant le 1er juillet 2012 et que les élections législatives auraient lieu comme prévu.

Toutefois, des sources anonymes citées jeudi par la chaîne de télévision Al-Jazira, ont fait savoir que le ministre de l'Intérieur Mansour el-Essawy avait proposé de reporter les élections législatives prévues le 28 novembre prochain.

Ahmed Mohammady, âgé de 26 ans, membre de la Coalition des jeunes pour la révolution, a déclaré mercredi sur la place Tahrir : "nous ne quitterons pas tant que nous n'aurons pas mis fin au règne militaire qui nous a réprimés et qui a tué des manifestants innocents. Nous ne voulons pas de référendum".

"Nous n'abandonnerons pas les manifestations jusqu'à ce que le chef du Conseil militaire annonce une date des élections présidentielles au plus tard en avril prochain et une enquête immédiate sur les affrontements", a déclaré Ramy Swissy, porte-parole du Mouvement du 6 avril.

Des puissances et organisations internationales, telles que les Pays-Bas et l'Union africaine, se sont dit préoccupées par la reprise des violences en Egypte.

Le Conseil de la paix et de la sécurité de l'Union africaine (CPSUA) a exprimé sa grande préoccupation quand aux violents incidents survenus en Egypte ces derniers jours, a déclaré mercredi le bloc pan-africain dans un communiqué.

Il a appelé tous les acteurs concernés, dont plus particulièrement les autorités de transition et les forces de sécurité, à la plus grande retenue.

Le CPSUA a demandé à tous les acteurs égyptiens de coopérer pour que la période de transition s'achève et pour que les demandes du peuple soient satisfaites.

Lors d'une interview à la radio à La Haye, le ministre néerlandais des Affaires étrangères, Uri Rosenthal, s'est dit préoccupé par la situation actuelle en Egypte, mais a noté que les chefs militaires avaient compris qu'ils ne pouvaient pas être à la tête du pays pour toujours.

"La communauté internationale doit faire pression sur les chefs militaires; ils sont en train de subir cette pression", a souligné le ministre.

"L'Union européenne est en train d'accentuer la pression mise sur l'Egypte en lançant constamment des signaux. J'ai fait la même chose quand j'étais au Caire", a poursuivi M. Rosenthal.

Il a également noté qu'il n'était pas sage de menacer l'Egypte au moyen de réductions d'aides financières apportées au pays.


Casafree.com le 24/11/2011 11:12:56
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