Actualité Mondiale : Les déportés d'Auschwitz se souviennent d'une vérité historique inimaginables
Près de soixante ans après la libération du camp d'Auschwitz, le 27 janvier 1945, un millier de personnes, dont 250 anciens déportés, ont assisté à une cérémonie du souvenir dimanche à l'Hôtel de Ville de Paris, dans l'objectif de transmettre une "vérité historique inimaginable".
Le maire de Paris, Bertrand DelanoJe, a souhaité faire de ces commémorations une "arme pacifique contre celles et ceux qui s'inspirent encore de la barbarie". Il a ainsi dénoncé les falsificateurs de l'histoire" et "ceux qui aujourd'hui nous diraient encore que ce n'était pas si abject et que la période de l'occupation en France n'était peut-être pas de la barbarie".
Une référence implicite aux propos du président du Front national Jean-Marie Le Pen, tenus la semaine dernière dans l'hebdomadaire d'extrême-droite "Rivarol". Dans cet entretien, publié le 7 janvier, le numéro un du FN a qualifié de "bavures inévitables" les exactions commises pendant l'Occupation. En France, "l'occupation allemande n'a pas été particulièrement inhumaine", a-t-il dit.
Le parquet de Paris a ouvert une enquête préliminaire, à la demande du garde des Sceaux Dominique Perben, sur ces propos qui ont soulevé un tollé.
Un millier de personnes, parmi lesquelles le ministre délégué aux Anciens combattants Hamlaoui Mekachera, ont assisté à la cérémonie de dimanche, qui a donné le coup d'envoi des commémorations prévues pour le soixantième anniversaire de la libération des camps de concentration. Auschwitz a été libéré le 27 janvier 1945 au matin par l'armée soviétique. Plus de 7000 détenus se trouvaient encore sur place. Le 18 janvier, environ 60 000 personnes avaient déjà été évacuées par les SS vers l'Allemagne lors d'une "marche de la mort". Entre cinq et six millions de juifs ont été exterminés pendant la guerre.
L'ancienne ministre de la Santé Simone Veil, qui a elle-même été déportée
à Auschwitz en 1944 à l'âge de 16 ans, a fait part de son inquiétude face aux propos de "certains qui disent témoigner" mais "n'ont pas qualité pour témoigner, car ils ne sont pas des survivants, ils n'ont jamais vécu ça".
"Cela m'inquiète parce que nous, nous sommes la dernière génération, nous allons partir, et je crois qu'après nous, personne ne pourra se dire témoin et je souhaite que personne ne se dise témoin", a-t-elle poursuivi.
Survivant d'Auschwitz, où il avait été déporté en 1943, le général André Rogerie, a fait part de la difficulté de transmettre ce traumatisme.
"Les anciens déportés essayent de transmettre quelque chose, une vérité historique inimaginable, mais comment communiquer le froid, la faim, les coups, la souffrance, les cris, les hurlements, les aboiements, la peur, la fatigue, la crasse, les odeurs, la promiscuité, la durée, la misère, la maladie, la torture, l'horreur, les pendaisons, les chambres à gaz, les morts?"
Selon lui, il est cependant nécessaire de "témoigner de ce passé terrible", pour "dire ce que nous attendons de la jeunesse: qu'elle regarde avec courage et lucidité l'organisation criminelle que fut le nazisme, en comprenant que rien n'est jamais terminé (...) Qu'elle médite sur cette période terrible de l'humanité afin qu'elle réalise que la vie est un combat continuel pour que triomphent les droits de l'homme".
Paul Schaffer, 80 ans, avait été déporté en septembre 1942, à l'âge de 17 ans et demi. Impossible pour lui d'oublier. "Soixante ans après, je constate simplement que la blessure est toujours là et qu'elle est toujours vive, d'autant que j'ai perdu dans ces circonstances ma mère et ma soeur qui sont parties dans le même train avec moi le 4 septembre 1942 et qui ont été acheminées directement dans les chambres à gaz", a-t-il raconté à l'Associated Press.
Il a évoqué le tatouage d'un numéro sur son bras, lors de son arrivée à Auschwitz, "qui était notre seule identité officielle". "C'était éprouvant (...) Ce numéro est permanent, il fait partie de moi-même et je n'ai pas honte de le montrer, parce que c'est au contraire la preuve irréfutable de ce que nous racontons, et qui est tellement invraisemblable que les gens ont du mal à croire".
Source : Presse Canadienne
Le maire de Paris, Bertrand DelanoJe, a souhaité faire de ces commémorations une "arme pacifique contre celles et ceux qui s'inspirent encore de la barbarie". Il a ainsi dénoncé les falsificateurs de l'histoire" et "ceux qui aujourd'hui nous diraient encore que ce n'était pas si abject et que la période de l'occupation en France n'était peut-être pas de la barbarie".
Une référence implicite aux propos du président du Front national Jean-Marie Le Pen, tenus la semaine dernière dans l'hebdomadaire d'extrême-droite "Rivarol". Dans cet entretien, publié le 7 janvier, le numéro un du FN a qualifié de "bavures inévitables" les exactions commises pendant l'Occupation. En France, "l'occupation allemande n'a pas été particulièrement inhumaine", a-t-il dit.
Le parquet de Paris a ouvert une enquête préliminaire, à la demande du garde des Sceaux Dominique Perben, sur ces propos qui ont soulevé un tollé.
Un millier de personnes, parmi lesquelles le ministre délégué aux Anciens combattants Hamlaoui Mekachera, ont assisté à la cérémonie de dimanche, qui a donné le coup d'envoi des commémorations prévues pour le soixantième anniversaire de la libération des camps de concentration. Auschwitz a été libéré le 27 janvier 1945 au matin par l'armée soviétique. Plus de 7000 détenus se trouvaient encore sur place. Le 18 janvier, environ 60 000 personnes avaient déjà été évacuées par les SS vers l'Allemagne lors d'une "marche de la mort". Entre cinq et six millions de juifs ont été exterminés pendant la guerre.
L'ancienne ministre de la Santé Simone Veil, qui a elle-même été déportée
à Auschwitz en 1944 à l'âge de 16 ans, a fait part de son inquiétude face aux propos de "certains qui disent témoigner" mais "n'ont pas qualité pour témoigner, car ils ne sont pas des survivants, ils n'ont jamais vécu ça".
"Cela m'inquiète parce que nous, nous sommes la dernière génération, nous allons partir, et je crois qu'après nous, personne ne pourra se dire témoin et je souhaite que personne ne se dise témoin", a-t-elle poursuivi.
Survivant d'Auschwitz, où il avait été déporté en 1943, le général André Rogerie, a fait part de la difficulté de transmettre ce traumatisme.
"Les anciens déportés essayent de transmettre quelque chose, une vérité historique inimaginable, mais comment communiquer le froid, la faim, les coups, la souffrance, les cris, les hurlements, les aboiements, la peur, la fatigue, la crasse, les odeurs, la promiscuité, la durée, la misère, la maladie, la torture, l'horreur, les pendaisons, les chambres à gaz, les morts?"
Selon lui, il est cependant nécessaire de "témoigner de ce passé terrible", pour "dire ce que nous attendons de la jeunesse: qu'elle regarde avec courage et lucidité l'organisation criminelle que fut le nazisme, en comprenant que rien n'est jamais terminé (...) Qu'elle médite sur cette période terrible de l'humanité afin qu'elle réalise que la vie est un combat continuel pour que triomphent les droits de l'homme".
Paul Schaffer, 80 ans, avait été déporté en septembre 1942, à l'âge de 17 ans et demi. Impossible pour lui d'oublier. "Soixante ans après, je constate simplement que la blessure est toujours là et qu'elle est toujours vive, d'autant que j'ai perdu dans ces circonstances ma mère et ma soeur qui sont parties dans le même train avec moi le 4 septembre 1942 et qui ont été acheminées directement dans les chambres à gaz", a-t-il raconté à l'Associated Press.
Il a évoqué le tatouage d'un numéro sur son bras, lors de son arrivée à Auschwitz, "qui était notre seule identité officielle". "C'était éprouvant (...) Ce numéro est permanent, il fait partie de moi-même et je n'ai pas honte de le montrer, parce que c'est au contraire la preuve irréfutable de ce que nous racontons, et qui est tellement invraisemblable que les gens ont du mal à croire".
Source : Presse Canadienne
Casafree.com le 17/1/2005 6:25:49
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