Société : Le microcrédit, un moyen de lutte contre la précarité

«C'est une note moyenne mais pour une petite association comme la nôtre, qui a commencé il y a tout juste 5 ans et avec 0 DH, c'est formidable.
Nous nous sommes soumis volontairement au rating afin d'être jugés de façon impartiale par une agence internationale et de prouver notre transparence financière», nous a déclaré Rida Lamrini, président de INMAA.
Créée en 1999 au sein d'AMSED (l'Association marocaine de solidarité et de développement), première ONG à avoir initié l'activité du microcrédit au Maroc, INMAA en a hérité l'expertise dans le domaine de la microfinance et s'est fixée comme mission principale : contribuer à la lutte contre la pauvreté à travers des programmes de microcrédit au profit de la population pauvre active, située principalement en zone rurale et ayant besoin de petits prêts pour renforcer son activité économique ou entamer de nouvelles activités.
Et pour atteindre sa population cible, l'équipe de INMAA, dont 79% des salariés se trouvent sur le terrain, n'hésite pas à aller dans les zones les plus enclavées, à savoir les régions de Ouarzazate, Zagora, Safi, Chichaoua, Essaouira et Chefchaouen. Ainsi, l'association couvre plus de 300 douars, répartis sur environ 40 communes rurales, ce qui représente 75% des interventions. «Travailler dans le rural a été une vocation dès le départ.
Même s'il s'agit de la voie la plus difficile, nous avons décidé de persévérer. Notre devise est de lutter contre la pauvreté là où elle est, même dans les coins les plus difficiles à atteindre. Nous ciblons par ailleurs la frange de la population la plus vulnérable, notamment les femmes analphabètes et sans emploi», poursuit Rida Lamrini. En effet, ces dernières représentent 52% des bénéficiaires des prestations de l'association. «C'est un des credo d'INMAA.
La femme représente la clé du développement. En la ciblant et en l'aidant à devenir autonome, nous contribuons donc à la croissance du développement social», précise Rida Lamrini. L'essor des secteurs économiques porteurs et pourvoyeurs d'emplois et de revenus est également un point crucial dans la stratégie d'INMAA.
Pour cela, en plus du prêt solidaire, l'institution n'hésite pas à offrir à ses bénéficiaires de nouveaux produits de microcrédit adaptés aux besoins de certains secteurs économiques bien précis tels que l'élevage, le textile la pêche artisanale, le tourisme rural… Ainsi, parmi les secteurs d'activité financés, 33% sont de petits commerces, 48% sont des activités artisanales (tissage, couture…) et d'élevage, et 19% sont de petits métiers (plomberie, menuiserie…).
Cependant, conscients que l'éducation fait partie intégrante du développement, les membres de l'association accompagnent leurs bénéficiaires pour leur apprendre le b.a-ba de la microfinance et travaillent en étroite collaboration avec les associations locales œuvrant dans le domaine de la santé, la sensibilisation, l'alphabétisation… «Nous faisons tout pour que nos bénéficiaires participent à ces séances.
Nous avons par ailleurs une convention avec le secrétariat d'Etat chargé de l'alphabétisation dans ce sens», dit Rida Lamrini. Aujourd'hui, grâce à la note du rating, l'association confirme ses performances et son professionnalisme sur le terrain. «Nous sommes cependant conscients qu'il nous reste un long chemin à parcourir pour atteindre les normes requises au niveau international. Notre ambition est donc d'avoir l'année prochaine une meilleure note et nous espérons également, très bientôt, pouvoir évaluer notre performance sociale afin de voir si nous répondions avec exactitude à nos valeurs et à notre mission», conclut Rida Lamrini.
Dounia Z. Mseffer
Source: Le matin
Casafree.com le 31/10/2006 22:44:59
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