Actualité Mondiale : «Maccarthysme» à l'aéroport de Paris?

«Comme je n'ai rien à me reprocher, je n'ai pas pris ça très au sérieux dans un premier temps», raconte l'homme de 38 ans, qui travaille pour un sous-traitant d'Air France chargé du nettoyage et de la préparation des avions.
Les choses ont cependant changé il y a quelques semaines, lorsqu'il a appris que des dizaines de bagagistes de l'aéroport s'étaient fait retirer leur badge par la préfecture de Seine-Saint-Denis après avoir reçu un avis similaire.
Zones sensibles
Les employés ciblés ont été avisés par le sous-préfet responsable de l'aéroport, Jacques Lebrot, qu'ils avaient une «attitude pouvant mettre en cause la sécurité aéroportuaire» et ne pouvaient donc conserver leur droit d'accès aux zones sensibles.
Le sous-préfet affirme que l'unité centrale de lutte antiterroriste a conclu que ces personnes représentaient une «vulnérabilité» pour la sécurité aéroportuaire. Il a notamment affirmé aux médias que certains employés avaient séjourné dans des camps d'entraînement de groupes islamistes au Pakistan et en Afghanistan.
«Je suis plus que convaincu que ce sont en fait les musulmans qui sont visés, et en particulier nous, les Arabes. Il n'y a pas de Philippe, pas de François dans le lot... Ils ne veulent plus qu'il y ait de musulmans à l'aéroport», s'indigne M. Tariqui, qui conserve pour l'instant son badge, tandis que la procédure suit son cours.
«Je mets publiquement au défi le sous-préfet de trouver quoi que ce soit à me reprocher», indique l'employé, qui se décrit comme un musulman pratiquant. «Je suis déjà allé à La Mecque. Mais il y a trois millions de personnes qui se rendent chaque année à La Mecque. Ce ne sont pas tous des terroristes», ironise-t-il.
L'analyse de M. Tariqui est partagée par le syndicat CFDT-Air France, qui a porté plainte pour discrimination au nom des bagagistes ciblés. Le secrétaire général adjoint, Philippe Decrule, affirme que les enquêteurs leur ont posé plusieurs questions sur leur pratique religieuse. «Ils demandaient par exemple aux employés si leur femme porte le hidjab, s'ils suivent le ramadan, si les enfants parlent arabe... Mais la police n'a rien de concret à leur reprocher», souligne-t-il.
Le secrétaire général du Mouvement contre le racisme et pour l'amitié entre les peuples (MRAP), Mouloud Aounit, lie l'attitude des autorités à la publication en avril d'un livre controversé du président nationaliste du Mouvement pour la France (MPF), Philippe de Villiers, qui s'inquiétait d'une présumée infiltration islamiste à l'aéroport.
«Depuis la sortie de ce brûlot islamophobe, on assiste à l'aéroport à une sorte de harcèlement vis-à-vis de tout ce qui ressemble de près ou de loin à un musulman», accuse M. Aounit, qui compare la situation à un «nouveau maccarthysme».
Le sous-préfet responsable affirme que le retrait des badges est lié strictement à des considérations sécuritaires et ne constitue en rien une dérive islamophobe.
Sarkozy est d'accord
Le ministre de l'Intérieur, Nicolas Sarkozy, lui a apporté son appui le week-end dernier en soulignant qu'il n'y avait «aucun délit de sale gueule» dans cette affaire. Des «éléments précis», a-t-il assuré, justifient la révocation des badges.
Les employés injustement lésés n'auront qu'à faire valoir leur cas devant les tribunaux, a ajouté le ministre, candidat pressenti de la droite aux élections présidentielles de 2007. «Je préfère qu'on ait le risque d'un contentieux parce qu'on a été trop sévère pour une habilitation plutôt qu'on se retrouve avec un drame parce qu'on n'a pas été assez sévère», a-t-il déclaré.
Cette approche est inacceptable aux yeux du secrétaire général adjoint de la CFDT-Air France. «Ça ne peut pas marcher comme ça... Les procédures juridiques peuvent prendre des années alors que plusieurs employés se retrouvent déjà sans travail», dit M. Decrule.
Elle tient encore moins la route aux yeux de M. Tariqui, qui se dit victime d'une manoeuvre politique. «À mon avis, Sarkozy veut obtenir des voix pour la prochaine élection présidentielle en cherchant à démontrer qu'il s'occupe de sécurité, quitte à sacrifier gratuitement des familles entières», s'insurge-t-il.
Source: La presse
Casafree.com le 30/10/2006 0:50:30
Les articles publiés sur le webzine Casafree.com sont sous copyright Casafree.com et nos agences de presse partenaires Panapress, PRN, et Xinhua sauf mention contraire. Toute reproduction même partielle des articles sans leur accord écrit est strictement interdite.
Article suivant: Un an après Ceuta et Mellila
Les commentaires appartiennent à leurs auteurs. Nous ne sommes pas responsables de leur contenu.
| Auteur | Conversation |
|---|---|
| Palox | Posté le: 30/10/2006 0:53 Mis à jour: 30/10/2006 0:53 |
Reporter ![]() ![]() De: Québec Envois: 8492 |
Photo:
Mohammed Seddiki, un des travailleurs musulmans évincés de l'aéroport Charles-de-Gaulle, en banlieue de Paris, pour des raisons de sécurité. M. Seddiki et cinq autres bagagistes intentent des poursuites à ce propos devant un tribunal administratif. Source: AFP |
| fashionista | Posté le: 30/10/2006 12:23 Mis à jour: 30/10/2006 12:23 |
Curieux ![]() ![]() De: Envois: 840 |
Citation :
«Je préfère qu'on ait le risque d'un contentieux parce qu'on a été trop sévère pour une habilitation plutôt qu'on se retrouve avec un drame parce qu'on n'a pas été assez sévère» Nuance mr le ministre, c'est ce genre de soit-disant précautions qui appelle aux drames. Bientôt on repprochera aux musulmans même les prières du vendredi!!! |






