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Actualité Mondiale : Liban : Crimes humanitaires - l'Occident complice
Cette chronique, comme celle de la semaine dernière sera consacrée au Liban. Comment en effet parler d'autre chose, alors que chaque jour, des femmes, des enfants et des civils sont tués impunément par l'armée israélienne. On estime le bilan des victimes à 400 morts, mille blessés et 600.000 réfugiés. Les dégâts matériels sont incalculables, notamment ceux causés aux infrastructures : ponts, routes, centrales électriques, ports et aéroports, antennes TV.

Il s'agit véritablement de crimes humanitaires, car ce sont les civils sans défense qui sont visés, ceux vivant dans des maisons et des immeubles, et ceux qui croupissent dans les camps de réfugiés. D'ailleurs, le Secrétaire général adjoint de l'Onu pour les affaires humanitaires, en visite au Liban, a déclaré qu'Israël avait «violé le droit humanitaire» et qu'il s'agit « d'une crise humanitaire majeure» causée par l'offensive israélienne.

Il a ajouté que la riposte israélienne est disproportionnée, et surtout «qu'un tiers des blessés et des tués sont des femmes et des enfants». L'aide humanitaire nécessaire est estimée à 100 millions de dollars, et ne peut être acheminée pour le moment, du fait de la fermeture de l'aéroport de Beyrouth, attaqué dès les premiers jours de l'offensive israélienne, et l'absence de corridors humanitaires sécurisés.

Pendant ce temps, la communauté internationale se tait. Cela rappelle la macabre expression «Silence, on tue !» Certes, le monde arabo-musulman a réagi en multipliant les manifestations populaires, les appels au cessez-le-feu, les déclarations condamnant l'agression israélienne. Mais les vrais décideurs dans le monde actuel, les puissances occidentales se taisent. Tout d'abord les Etats-Unis d'Amérique, jusqu'à maintenant, n'ont pas ordonné le cessez-le-feu.

Au contraire, ils se sont opposés par veto à toute résolution du Conseil de sécurité de l'Onu condamnant l'agression israélienne, et appelant au cessez-le-feu. Ce n'est que douze jours après l'agression israélienne que Condoleezza Rice, la ministre des Affaires étrangères des USA, se rendit dans la région, pour rencontrer les Premiers ministres libanais, israélien et palestinien. Elle doit participer également Mercredi 26 juillet à Rome au «Groupe de Contact sur le Liban», dont le but est d'étudier les modalités du cessez-le-feu et de la force d'interposition au Sud du Liban.

Les autres puissances occidentales, notamment européennes, se sont alignées sur la position américaine, et sont également complices des crimes humanitaires perpétrés au Liban. Elles se sont contentées de prendre toutes les mesures matérielles pour assurer l'évacuation de leurs ressortissants du Liban. La France cependant a eu une position plus équilibrée, tenant compte de ses relations historiques avec le Liban.

C'est ainsi que le Président Chirac a envoyé sur place au Liban le Premier ministre Villepin dès les premiers jours de l'agression. Il a reçu à l'Elysée le fils de l'ancien président Rafic HARIRI, et a ordonné à M. Douste-Blazy ministre français des Affaires étrangères de se rendre également au Moyen-Orient.

Ce dernier, après avoir visité le Liban et Israël, notamment Haïfa, a appelé au cessez-le-feu au Liban et demandé le désarmement de la milice militaire du Hezbollah. C'est donc une position mi-figue mi-raisin qu'a adoptée la France. Il faut malheureusement constater que dans ce nouvel conflit du Liban, l'Occident s'est rangé nettement au côté d'Israël.

Cette position ne peut qu'augmenter la frustration du monde arabo-musulman vis-à-vis de l'Occident. Ce dernier doit comprendre que la paix au Moyen-Orient, et notamment le problème palestinien, sont au cœur de toute réconciliation entre l'Occident et le monde arabo-musulman.

Les Etats-Unis d'Amérique, première puissance mondiale, doivent comprendre qu'ils ont une responsabilité particulière dans le monde actuel. Pour jouer le rôle de «médiateur honnête» dans la crise du Moyen-Orient, ils doivent avoir une position plus équilibrée entre les parties. Les puissances européennes doivent le lui rappeler à chaque instant, dans l'intérêt de la planète.

Tant que la situation au Moyen-Orient n'évoluera pas vers une paix durable, le monde continuera à connaître des conflits sanglants. La clé du problème, est la création d'un Etat palestinien viable, vivant côte à côte avec Israël. L'Occident ne doit ménager aucun effort pour parvenir à cette solution.

* Président de l'IMRI (Institut Marocain des Relations Internationales)
Jawad Kerdoudi *

Source : Le Matin


Casafree.com le 27/7/2006 9:00:00
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