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Le paradis du reggae est un véritable enfer pour les gays - Actualité Mondiale - Webzine

Actualité Mondiale : Le paradis du reggae est un véritable enfer pour les gays
Avec l'un des plus forts taux de meurtres, voire le plus fort du monde, la Jamaïque n'a pas de quoi pavoiser. Pourtant, cette île tropicale jouit d'un certain capital de sympathie, hérité notamment de sa qualité de patrie du reggae et de son plus illustre ressortissant, Bob Marley.

Mais l'île caribéenne se distingue par une autre caractéristique : "La violence endémique contre les gays et les lesbiennes en Jamaïque a poussé les associations de défense des droits de l'homme à lui attribuer un titre peu glorieux, 'l'endroit le plus homophobe de la planète'", rapporte Time.


Le magazine américain rappelle les meurtres des deux plus importants activistes gays de l'île, Brian Williamson et Steve Harvey, les nombreux actes de violence homophobes commis en bande ou encore le lynchage d'un adolescent par un groupe de jeunes recrutés par le père de la victime qui avait découvert l'homosexualité de son fils… Tout cela au cours des deux dernières années.

La réputation d'homophobie de la Jamaïque est désormais clairement établie. Néanmoins The Jamaica Observer tient à démonter dans un éditorial certains mythes : d'une part que les crimes contre les homosexuels, notamment hommes, sont délaissés par l'appareil juridico-pénal, et d'autre part que tout crime contre un homosexuel est lié à la haine de son appartenance sexuelle. Néanmoins, "ce journal ne nie pas qu'il y a en Jamaïque ce qu'il convient d'appeler une homophobie jamaïquaine, une réalité aussi présente sur l'île que le reggae, les rastafariens et leurs dreadlocks", reconnaît The Jamaica Observer.

Time rapporte que "les activistes des droits des homosexuels attribuent la flambée d'homophobie en Jamaïque essentiellement à une scène musicale reggae de plus en plus brutale". Et le magazine américain dénonce un "mélange de reggae et de la culture des gangs" à travers des artistes jamaïquains comme le très populaire Buju Banton, mais aussi Bounty Killer et Elephant Man.

Par ailleurs, "la rhétorique antigay a déteint sur la politique du pays. Les principaux partis politiques de Jamaïque ont voté des lois antisodomie parmi les plus dures au monde et passent souvent de la musique homophobe dans leurs campagnes électorales", souligne Time. Reste que les défenseurs des droits des homosexuels veulent croire en un changement de cap avec l'arrivée au pouvoir en Jamaïque de Portia Simpson Miller, la première femme Premier ministre dans l'histoire du pays.

Philippe Randrianarimanana
Source : Courrier international


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Casafree.com le 24/6/2006 7:50:00
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