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Société : Une ONG suisse obtient la condamnation de l'Algérie par l'ONU suite à la disparition forcée de Brahim Aouabdia
L'ONG suisse Trial (Track impunity always) a annoncé avoir obtenu la condamnation de l'Algérie par le Comité des droits de l'homme de l'ONU suite à la disparition forcée de M. Brahim Aouabdia.

Dans un communiqué, l'ONG a précisé que le Comité des droits de l'homme des Nations unies a condamné l'Algérie pour la disparition forcée de M. Brahim Aouabdia, un tailleur de 50 ans, marié et père de six enfants, vivant à Constantine au moment des faits.

Dans sa décision, le Comité des droits de l'homme retient que l'Algérie, en faisant disparaître M. Aouabdia, a violé de nombreux droits garantis par le Pacte international relatif aux droits civils et politiques, l'une des conventions les plus importantes des Nations unies, notamment le droit à la vie et celui de ne pas être soumis à la torture ou à des mauvais traitements. L'Algérie a également, ce faisant, infligé à son épouse et à ses enfants un traitement inadmissible, en raison de l'angoisse et de la détresse qu'il leur a fait subir, a ajouté Trial.

Le Comité a ordonné notamment à l'Algérie de "mener une enquête approfondie et rigoureuse sur la disparition de Brahim Aouabdia", de "fournir à sa famille des informations détaillées quant aux résultats de son enquête", de le libérer immédiatement s'il est toujours détenu au secret ou de restituer sa dépouille à sa famille en cas de décès. Le Comité a insisté par ailleurs sur l'obligation qu'a l'Algérie de "poursuivre, juger et punir les responsables des violations commises". L'Algérie doit également indemniser de manière appropriée l'épouse de la victime et sa famille pour les violations subies, rapporte la même source, qui renvoie à la décision dudit Comité.

Le 30 mai 1994, M. Aouabdia a été arrêté sur son lieu de travail. De nombreuses autres personnes ont été arrêtées à Constantine les jours précédents, et le seront les jours suivants. M. Aouabdia n'est jamais réapparu, rappelle Trial.

Revenant sur le contexte de cette disparition forcée, l'ONG suisse, basée à Genève, rappelle que " 7.000 à 20.000 personnes, selon les différentes sources, ont été arrêtées ou enlevées par les services de sécurité algériens, tous corps confondus, ainsi que par les milices armées par le gouvernement entre 1992 et 1998 et sont portées disparues ".

" A ce jour, aucune des familles des victimes de disparitions forcées n'a reçu d'information sur le sort des disparus, aucune enquête n'a jamais été ouverte à la suite des plaintes et démarches effectuées, et, bien que les auteurs et les commanditaires de ces crimes soient connus, aucun d'eux n'a jamais été poursuivi ou inquiété ", déplore-t-elle.

Commentant la décision du Comité onusien, Philip Grant, directeur de l'organisation, a indiqué que " l'Algérie a érigé l'impunité pour les crimes commis durant la guerre civile en système, la consacrant même dans ses lois ", précisant qu' " aucun responsable n'a en effet jamais été poursuivi ". " Les Nations unies viennent sèchement lui rappeler qu'un tel système viole de manière inadmissible le droit international", insiste-t-il.

Le communiqué signale que l'affaire Aouabdia est la première affaire traitée par TRIAL à donner lieu à une décision.


Casafree.com le 1/6/2011 15:27:49
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