Actualité Maroc : Mémoires de Abderrahim Bouabid : la riposte de l'Istiqlal
La publication par le quotidien «Al Ittihad Al Ichtiraki», les 17 et 18 janvier dernier, de la première et deuxième partie des mémoires du défunt Abderrahim Bouabid, risque d'assombrir le climat entre les deux formations politiques. L'Istiqlal a été piqué à vif, voire «choqué» par certains passages de ces mémoires, et il l'a fait savoir dans le numéro de lundi dernier du journal «Al Alam», organe de presse officiel du parti.
Et pour cause, les passages en question évoquent Allal Al Fassi, figure emblématique du Parti de l'Istiqlal, dans des termes peu glorieux.
Ils contiendraient, selon l'Istiqlal, «des contre-vérités historiques et des informations erronées qui portent atteinte à l'image du parti et de ses symboles». Le parti dénonce également une lecture «parcellaire et tronquée» de l'histoire du Maroc des années 50.
«Les mémoires parlent de l'époque de Abdallah Ibrahim qui a duré du 24 décembre 1958 au 20 mai 1960. Or, l'Histoire est une suite d'événements continus et interdépendants. D'ailleurs on ne peut comprendre une étape qu'à travers son contexte. Pourquoi les négociations d'Aix-Les-Bains n'ont pas été évoquées alors que Allal El Fassi s'était opposé» ?, se demande un membre influent du parti.
Le même responsable partisan s'étonne également du fait que certaines «vérités historiques aient été passées sous silence dans les mémoires de Abderrahim Bouabid et déplore “l'opportunisme politique” du parti de la rose».
Parmi les faits non évoqués dans les mémoires, «les restrictions de certaines libertés politiques et syndicales, l'assassinat de Abdelaziz Bendriss, la dissolution du parti communiste marocain et l'emprisonnement de Abderrahmane Youssoufi et Fkih Basri sous le gouvernement de Abdallah Ibrahim».
Mais malgré l'indignation des Istiqlaliens, ils se sont gardés de tirer directement sur le leader politique Abderrahim Bouabid.
Après tout, le personnage a marqué une grande partie de la vie politique marocaine après l'indépendance. Et puis surtout, Abderrahim Bouabid faisait partie de l'Istiqlal avant de rejoindre l'UNFP et l'USFP par la suite. C'est pourquoi donc, ils ont mis des gants en réagissant à la publication des mémoires.
«Par respect pour ce personnage et pour dégager notre responsabilité, nous ne voulons pas polémiquer de manière stérile. Nous avons été agressés par des contre-vérités et nous avons voulu rétablir les faits sans toucher personne», déclare un membre du parti de Abbas El Fassi.
A l'USFP, on ne voit pas les choses sous cet angle, du moins pour Benyahia, membre du comité central du parti. Pour ce militant de gauche « tout cela est un débat de l'Histoire et cela ne peut être que positif. Franchement je ne vois pas où est-ce qu'il y a problème. Chacun a ses documents et sa version de l'Histoire. Personnellement je n'ai pas vécu cette période et je suis en train de la découvrir».
Pour sa part, Ali Bouabid, le fils de Abderrahim Bouabid, dont les mémoires ont provoqué cette réaction épidermique de l'Istiqlal. Il a refusé de faire le moindre commentaire à ce sujet.
La question que beaucoup d'observateurs se posent est dans quelle mesure ce nouvel incident risque-t-il de condamner le rapprochement et la coordination entre les deux formations politiques. Pour l'Istiqlal, les choses sont claires : «Je pense que de notre côté le rapprochement entre les deux partis n'est pas condamné. C'est que nous gardons la tête froide et ce qui compte le plus pour nous c'est les intérêts supérieurs de la nation».
Côté USFP, on essaie de minimiser la portée de ce problème. M. Benyahia déclare qu'il serait «complètement stupide de faire le lien entre des choses qui ont eu lieu il y a 50 ans et la situation actuelle entre les deux partis» et trouve normal que « tout le monde n'ait pas la même interprétation de l'Histoire».
«Si les événements qui se sont passés il y a 50 ans menacent le rapprochement entre l'Istiqlal et l'USFP, cela prouve que l'alliance entre les deux formations n'est pas solide et qu'elle doit cesser d'être tout simplement», conclut le militant de gauche.
@lematin
Et pour cause, les passages en question évoquent Allal Al Fassi, figure emblématique du Parti de l'Istiqlal, dans des termes peu glorieux.
Ils contiendraient, selon l'Istiqlal, «des contre-vérités historiques et des informations erronées qui portent atteinte à l'image du parti et de ses symboles». Le parti dénonce également une lecture «parcellaire et tronquée» de l'histoire du Maroc des années 50.
«Les mémoires parlent de l'époque de Abdallah Ibrahim qui a duré du 24 décembre 1958 au 20 mai 1960. Or, l'Histoire est une suite d'événements continus et interdépendants. D'ailleurs on ne peut comprendre une étape qu'à travers son contexte. Pourquoi les négociations d'Aix-Les-Bains n'ont pas été évoquées alors que Allal El Fassi s'était opposé» ?, se demande un membre influent du parti.
Le même responsable partisan s'étonne également du fait que certaines «vérités historiques aient été passées sous silence dans les mémoires de Abderrahim Bouabid et déplore “l'opportunisme politique” du parti de la rose».
Parmi les faits non évoqués dans les mémoires, «les restrictions de certaines libertés politiques et syndicales, l'assassinat de Abdelaziz Bendriss, la dissolution du parti communiste marocain et l'emprisonnement de Abderrahmane Youssoufi et Fkih Basri sous le gouvernement de Abdallah Ibrahim».
Mais malgré l'indignation des Istiqlaliens, ils se sont gardés de tirer directement sur le leader politique Abderrahim Bouabid.
Après tout, le personnage a marqué une grande partie de la vie politique marocaine après l'indépendance. Et puis surtout, Abderrahim Bouabid faisait partie de l'Istiqlal avant de rejoindre l'UNFP et l'USFP par la suite. C'est pourquoi donc, ils ont mis des gants en réagissant à la publication des mémoires.
«Par respect pour ce personnage et pour dégager notre responsabilité, nous ne voulons pas polémiquer de manière stérile. Nous avons été agressés par des contre-vérités et nous avons voulu rétablir les faits sans toucher personne», déclare un membre du parti de Abbas El Fassi.
A l'USFP, on ne voit pas les choses sous cet angle, du moins pour Benyahia, membre du comité central du parti. Pour ce militant de gauche « tout cela est un débat de l'Histoire et cela ne peut être que positif. Franchement je ne vois pas où est-ce qu'il y a problème. Chacun a ses documents et sa version de l'Histoire. Personnellement je n'ai pas vécu cette période et je suis en train de la découvrir».
Pour sa part, Ali Bouabid, le fils de Abderrahim Bouabid, dont les mémoires ont provoqué cette réaction épidermique de l'Istiqlal. Il a refusé de faire le moindre commentaire à ce sujet.
La question que beaucoup d'observateurs se posent est dans quelle mesure ce nouvel incident risque-t-il de condamner le rapprochement et la coordination entre les deux formations politiques. Pour l'Istiqlal, les choses sont claires : «Je pense que de notre côté le rapprochement entre les deux partis n'est pas condamné. C'est que nous gardons la tête froide et ce qui compte le plus pour nous c'est les intérêts supérieurs de la nation».
Côté USFP, on essaie de minimiser la portée de ce problème. M. Benyahia déclare qu'il serait «complètement stupide de faire le lien entre des choses qui ont eu lieu il y a 50 ans et la situation actuelle entre les deux partis» et trouve normal que « tout le monde n'ait pas la même interprétation de l'Histoire».
«Si les événements qui se sont passés il y a 50 ans menacent le rapprochement entre l'Istiqlal et l'USFP, cela prouve que l'alliance entre les deux formations n'est pas solide et qu'elle doit cesser d'être tout simplement», conclut le militant de gauche.
@lematin
Casafree.com le 17/2/2006 19:02:32
Les articles publiés sur le webzine Casafree.com sont sous copyright Casafree.com et nos agences de presse partenaires Panapress, PRN, et Xinhua sauf mention contraire. Toute reproduction même partielle des articles sans leur accord écrit est strictement interdite.
Article suivant: Le cadeau des Finances aux jeunes promoteurs en difficulté
Les commentaires appartiennent à leurs auteurs. Nous ne sommes pas responsables de leur contenu.
| Auteur | Conversation |
|---|
