Sports : Affaires de corruption à la FIFA : manque de transparence au sein des organisations sportives en Suisse selon la presse helvétique
Les affaires de corruption qui agitent la FIFA font ressurgir le manque de transparence au sein des organisations sportives internationales, pour la plupart installées en Suisse, selon la presse spécialisées helvétique.
Celle-ci estime que pour préserver son attractivité, la Suisse a joué la carte du laissez-faire ces dernières années, ajoutant que depuis les premières révélations du Sunday Times, qui avaient conduit à la suspension de deux membres du comité exécutif soupçonnés d'avoir monnayé leur vote pour la désignation du pays-hôte du Mondial 2018, la FIFA est "au cœur de la tourmente".
Pour la presse suisse, "cette affaire de corruption, qui décrédibilise la plus puissante des fédérations sportives mondiales, embarrasse également les autorités helvétiques, en révélant surtout l'impuissance de la Confédération face à ces multinationales du sport présentes sur son sol".
Tout comme la cinquantaine d'organisations et fédérations sportives internationales ayant décidé d'installer leur siège en Suisse, la FIFA bénéficie non seulement d'importantes exonérations fiscales mais également d'une législation extrêmement favorable, qui lui permet de mener ses activités sans devoir rendre de compte aux autorités.
La semaine dernière, le journal alémanique suisse "Tages-Anzeiger" révélait que la justice helvétique ne disposait pas des outils juridiques nécessaires permettant de poursuivre les fonctionnaires de ces organisations sportives accusés d'avoir touché des pots-de-vin.
Lors de l'adoption en 2006 de la Convention pénale du Conseil de l'Europe sur la corruption, le Conseil fédéral (gouvernement) avait expressément exclut les organisations sportives internationales des règles régissant la lutte anti-corruption.
La FIFA, le CIO, l'UEFA et les autres fédérations internationales sont considérées par le droit suisse comme des associations qui poursuivent des "buts de service public" ou "d'utilité publique", ce qui leur permet non seulement d'être exemptées de l'impôt fédéral direct mais aussi du devoir de rendre public leurs comptes.
Lors de la dernière Coupe du monde en Afrique du Sud, la FIFA a dégagé un bénéfice de plus de 3 milliards de francs suisses, mais "elle conserve toujours les mêmes statuts qu'un club de bridge ou de pétanque", souligne Jean-Loup Chappelet, professeur en management du sport à l'Institut des hautes études en administration publique (IDHEAP) de Lausanne.
Mécontente de cette situation, la sénatrice socialiste vaudoise (canton de Vaud) Géraldine Savary avait déposé en 2006 une initiative parlementaire (rejetée par la commission compétente de la Chambre basse), demandant que les organisations sportives internationales soient tenues de rendre public le bilan comptable annuel, les rémunérations des membres de la direction ainsi que l'échelle des salaires.
La commission avait estimé que si les contrôles devenaient trop importants, les fédérations quitteraient le sol suisse pour s'installer sous des "cieux plus cléments", rappelle la députée.
Le risque n'est pas théorique, affirme Jean-Loup Chappelet, ajoutant qu'il existe des législations plus favorables, même en Europe.
AC Management, organisateur de la Coupe de l'America, a par exemple établi son siège sur les îles Jersey et une autre organisation internationale sur l'île de Man.
Les révélations de ces derniers jours ont poussé le ministre de la Défense et des Sports, Ueli Maurer à charger ses services d'examiner, en collaboration avec le ministère de la Justice, les bases légales existantes en matière de corruption dans le sport afin d'émettre des recommandations.
Selon Martin Bühler, porte-parole du département de la Défense, Maurer "présume que les fédérations internationales désirent également un sport propre sans corruption ni dopage".
Dernièrement, l'Administration suisse des Finances a envoyé aux Fédérations une lettre pour leur rappeler que le statut favorable octroyé ne devait pas être un prétexte pour pratiquer l'évasion fiscale.
Toutefois, en matière de contrôle de la bonne gouvernance des fédérations sportives, la marge de manœuvre de la Suisse reste limitée, selon Jean-Loup Chappelet pour lequel "la réforme doit avant tout venir de l'intérieur, les décisions devant être prises de manière plus démocratique et transparente pour en finir avec les votes à bulletin secret".
Les médias suisses, en particulier la plate-forme d'information "Swissinfo" citent l'exemple du CIO, soulignant qu'"empêtrés en 1999 dans les scandales de corruption qui ont marqué l'attribution des Jeux de Salt Lake, les membres du CIO avaient contourné cet obstacle en adoptant des réformes qui sont entrées en vigueur uniquement après leur départ, une démarche qui pourrait servir d'exemple à la FIFA".
Ils relèvent que pour l'heure, Sepp Blatter est toujours solidement ancré à la tête de l'institution et brigue même officiellement un quatrième mandat en 2011.
Par Houcine Raffa
Celle-ci estime que pour préserver son attractivité, la Suisse a joué la carte du laissez-faire ces dernières années, ajoutant que depuis les premières révélations du Sunday Times, qui avaient conduit à la suspension de deux membres du comité exécutif soupçonnés d'avoir monnayé leur vote pour la désignation du pays-hôte du Mondial 2018, la FIFA est "au cœur de la tourmente".
Pour la presse suisse, "cette affaire de corruption, qui décrédibilise la plus puissante des fédérations sportives mondiales, embarrasse également les autorités helvétiques, en révélant surtout l'impuissance de la Confédération face à ces multinationales du sport présentes sur son sol".
Tout comme la cinquantaine d'organisations et fédérations sportives internationales ayant décidé d'installer leur siège en Suisse, la FIFA bénéficie non seulement d'importantes exonérations fiscales mais également d'une législation extrêmement favorable, qui lui permet de mener ses activités sans devoir rendre de compte aux autorités.
La semaine dernière, le journal alémanique suisse "Tages-Anzeiger" révélait que la justice helvétique ne disposait pas des outils juridiques nécessaires permettant de poursuivre les fonctionnaires de ces organisations sportives accusés d'avoir touché des pots-de-vin.
Lors de l'adoption en 2006 de la Convention pénale du Conseil de l'Europe sur la corruption, le Conseil fédéral (gouvernement) avait expressément exclut les organisations sportives internationales des règles régissant la lutte anti-corruption.
La FIFA, le CIO, l'UEFA et les autres fédérations internationales sont considérées par le droit suisse comme des associations qui poursuivent des "buts de service public" ou "d'utilité publique", ce qui leur permet non seulement d'être exemptées de l'impôt fédéral direct mais aussi du devoir de rendre public leurs comptes.
Lors de la dernière Coupe du monde en Afrique du Sud, la FIFA a dégagé un bénéfice de plus de 3 milliards de francs suisses, mais "elle conserve toujours les mêmes statuts qu'un club de bridge ou de pétanque", souligne Jean-Loup Chappelet, professeur en management du sport à l'Institut des hautes études en administration publique (IDHEAP) de Lausanne.
Mécontente de cette situation, la sénatrice socialiste vaudoise (canton de Vaud) Géraldine Savary avait déposé en 2006 une initiative parlementaire (rejetée par la commission compétente de la Chambre basse), demandant que les organisations sportives internationales soient tenues de rendre public le bilan comptable annuel, les rémunérations des membres de la direction ainsi que l'échelle des salaires.
La commission avait estimé que si les contrôles devenaient trop importants, les fédérations quitteraient le sol suisse pour s'installer sous des "cieux plus cléments", rappelle la députée.
Le risque n'est pas théorique, affirme Jean-Loup Chappelet, ajoutant qu'il existe des législations plus favorables, même en Europe.
AC Management, organisateur de la Coupe de l'America, a par exemple établi son siège sur les îles Jersey et une autre organisation internationale sur l'île de Man.
Les révélations de ces derniers jours ont poussé le ministre de la Défense et des Sports, Ueli Maurer à charger ses services d'examiner, en collaboration avec le ministère de la Justice, les bases légales existantes en matière de corruption dans le sport afin d'émettre des recommandations.
Selon Martin Bühler, porte-parole du département de la Défense, Maurer "présume que les fédérations internationales désirent également un sport propre sans corruption ni dopage".
Dernièrement, l'Administration suisse des Finances a envoyé aux Fédérations une lettre pour leur rappeler que le statut favorable octroyé ne devait pas être un prétexte pour pratiquer l'évasion fiscale.
Toutefois, en matière de contrôle de la bonne gouvernance des fédérations sportives, la marge de manœuvre de la Suisse reste limitée, selon Jean-Loup Chappelet pour lequel "la réforme doit avant tout venir de l'intérieur, les décisions devant être prises de manière plus démocratique et transparente pour en finir avec les votes à bulletin secret".
Les médias suisses, en particulier la plate-forme d'information "Swissinfo" citent l'exemple du CIO, soulignant qu'"empêtrés en 1999 dans les scandales de corruption qui ont marqué l'attribution des Jeux de Salt Lake, les membres du CIO avaient contourné cet obstacle en adoptant des réformes qui sont entrées en vigueur uniquement après leur départ, une démarche qui pourrait servir d'exemple à la FIFA".
Ils relèvent que pour l'heure, Sepp Blatter est toujours solidement ancré à la tête de l'institution et brigue même officiellement un quatrième mandat en 2011.
Par Houcine Raffa
Casafree.com le 29/10/2010 15:36:30
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