: RSS Casafree Rss | Publicité sur Casafree
Accueil Casafree :

Coupable de judaïsme ! - Société - Webzine

Société : Coupable de judaïsme !
Jenan est privée de son enfant depuis trois ans. Son ex-mari l'accuse d'être de confession juive, donc inapte à s'occuper de l'éducation de leur fils !

Actuellement âgé de sept ans, l'enfant qui porte le prénom d'El Ghali vit avec son père avant même que le divorce du couple n'ait été prononcé par la Cour suprême en avril 2003. « Nous partagions ensemble la garde de l'enfant. Moi, les jours de semaine et son père les week-ends. Puis, un beau jour, il ne me l'a plus ramené », se lamente Jenan. Depuis, cette mère se bat pour reprendre la garde de l'enfant ou, au moins, le droit de visite. En vain.


Du terrorisme religieux…

Pour divers motifs, la justice a rejeté la requête de récupération de l'enfant sous tutelle. La mère a eu alors recours en référé au Tribunal de la famille pour demander le droit de visite. Par deux fois, son dossier sera mis en délibéré. La seconde fois pour un motif « sérieux » : le mari présente en janvier 2004 un document adoulaire attestant que Jenan, étant de confession juive, ne convenait pas à l'éducation de son fils. Ce document comporte la signature de douze témoins qui attestent avoir « une connaissance parfaite et légalement suffisante pour certifier que Mme Jenan Benabud, ainsi que sa mère, sont de confession juive ». « J'ai déposé une plainte auprès du procureur pour racisme, haine et xénophobie. Presque deux ans après, la plainte n'a pas eu de suite. Alors que l'accusation que porte mon ex-mari contre moi est d'un grand danger pour ma propre sécurité et une incitation au terrorisme », proteste cette femme.

Sit-in devant le Parlement


Deçue par l'attitude du Parquet, Mme Benabud n'y va pas par quatre chemins. Elle déposera une autre plainte, cette fois-ci auprès du tribunal de Première instance de Rabat. Avec pour objectif le droit à la garde, à la visite et à l'exercice de ses droits à la maternité. « Il faut poursuivre ces personnes qui affirment que je suis juive. Il s'agit là de terrorisme religieux que les lois de notre pays interdisent formellement. Puis, j'ai en ma possession des documents qui montrent clairement que ma mère est une libanaise chrétienne », explique Jenan. Effectivement, dans un document officiel délivré par le ministère de la Justice au sujet du partage des biens après la mort de Ahmed Benabud, père de Jenan, cette dernière est citée en tant qu'héritière, donc forcément de confession musulmane. Il est également précisé dans le testament que le défunt accorde le tiers de ses biens à son épouse chrétienne. On ne peut plus clair.

Pourtant, les plaintes de Jenan n'ont jusqu'à ce jour connu aucune suite. « Notre justice est loin d'être équitable. Je suis une habituée des couloirs des tribunaux parce que je crois en ma cause. On ne cesse de me répéter que le droit à la garde m'est en principe acquis. Mais à ce jour, aucun jugement n'est venu appuyer cette thèse », se lamente-t-elle. Sa vie avec son ex-époux a été une série de déceptions. Un mariage d'amour qui a tourné à l'enfer. « Il ne cessait de m'humilier. Il est ensuite passé à la violence physique. Je me devais de réagir . J'ai alors pris mon fils encore bébé et je me suis installée chez mes parents », raconte-t-elle, bouleversée. S'ensuit alors un long processus judiciaire qui débouchera finalement sur le divorce en 2003. « Il a essayé plusieurs procédés pour m'enlever la garde. Il voulait me faire passer pour une femme aux mœurs légères, puis pour une personne aliénée. Enfin, il a utilisé la religion contre moi », lance-t-elle.

Durant son parcours du combattant pour récupérer son fils, Jenan ne s'est pas contentée de mener sa bataille sur le plan judiciaire. En compagnie d'autres femmes vivant une situation similaire, elle entame un sit-in devant le parlement. Elle écrit même un livre, « Qui pourrait me montrer le chemin de la justice ? », une chronique détaillée de ses aventures avec la justice marocaine. Enfin, elle se découvrira un penchant pour le militantisme. Elle est membre active des associations féminines ainsi que d'Amnesty International. Cela ne l'a pas rendue moins triste puisque son droit à la garde (ou du moins la visite) n'est pas encore gagné. « La dernière fois, je me suis rendue à l'école pour prendre El Ghali dans mes bras. On m'en a empêchée. Je ne suis même pas autorisée à exercer mon droit élémentaire de mère. Ma hantise est de le rencontrer un jour et qu'il ne me reconnaisse même pas », lance, affolée, cette mère au cœur brisé. Ce qu'elle espère, c'est un procès juste et rapide et l'application stricte de la loi. Actuellement mariée, elle reste éligible à la garde selon les nouvelles dispositions de la Moudawana. Jenan n'ose même pas le croire et demande au minimum le droit à la « Silat rahim ». « Mon ex-mari ne m'a pas traitée comme une mère. Il ne m'a pas seulement fait du tort à moi mais également porté préjudice à notre enfant », conclut-elle. Prochaine audience le 28 novembre.



Hicham Houdaïfa




Source : Le Journal Hebdomadaire

Partager cette article sur Facebook
Casafree.com le 1/12/2005 19:40:54
Les articles publiés sur le webzine Casafree.com sont sous copyright Casafree.com et nos agences de presse partenaires Panapress, PRN, et Xinhua sauf mention contraire. Toute reproduction même partielle des articles sans leur accord écrit est strictement interdite.
Article précédent: Journée mondiale contre le SIDA: la prévention doit être renforcée
Article suivant: Le rapport qui met out le Polisario

Les commentaires appartiennent à leurs auteurs. Nous ne sommes pas responsables de leur contenu.
Auteur Conversation
anouk
Posté le: 1/12/2005 22:25  Mis à jour: 1/12/2005 22:25
Petit bavard
De: kwekwe au centre du zimbabwé
Envois: 7202
 Re: Coupable de judaïsme !
ohlalala la pauvre maman
c'est vraiment horrible

Votre compte Casafree :
Journee mondiale de l\'enfance Palestine Grippe A Mobile Film Festival
inscription
ja

La météo des autres villes