Actualité Maroc : Victimes de violations des droits de l'homme : Human Right Watch exige que les tortionnaires soient jugés et punis

"Il faut que les autorités marocaines reconnaissent que les atteinte graves aux droits de l'homme étaient systématiques et ordonnées aux plus haut niveaux de l'Etat et il faut qu'elles présentent des excuses officielles aux victimes et à leur famille", affirme dans son rapport cette organisation américaine des droits de l'homme.
Les recommandations de HRW sont rendues publiques alors que l'Instance Equité et Réconciation (IER) doit remettre le 30 novembre son rapport à Mohammed VI. Cette instance a été créée en 2003 par le souverain chérifien pour enquêter sur les dossiers des graves atteintes aux droits de l'Homme commises pendant "les années de plomb" (1960-1999).
Première de ce genre au Moyen-Orient et en Afrique du Nord, la commission marocaine, dirigée par des militants respectés des droits de l'homme qui ont eux-mêmes subi la répression, a interrogé des milliers de victimes et mené de nombreuses enquêtes dans différentes régions du royaume.
Il faut "traduire en justice les personnes que l'Instance équité et réconciliation (IER) a identifiées comme ayant commis des violations graves des droits humains lorsqu'il existe suffisament de preuves", affirme cette ONG, en soulignant que le roi Mohammed VI, en tant que chef du Conseil Supérieur de la Magistrature "a une responsabilité particulière en la matière".
HRW demande aux autorités marocaines de "s'abstenir de décréter toute amnistie (...) qui exempterait de poursuite les personnes impliquées dans les +disparitions+ ou autre violations graves des droitys humains. Toute mesure de clémence devrait être adoptée après l'établissement des responsabilités individuelles".
Il se prononce en faveur "de sanctions, comme des licenciements, à l'égard de fonctionnaires contre lesquels il existe des preuves et qui occupent encore un poste qui leur permet de violer les droits humains".
Par ailleurs, l'ONG américaine demande à l'IER qu'elle insiste dans son rapport sur "une réforme du système judiciaire afin que les magistrats puissent réellement mener des enquêtes indépendantes et approfondies (...) sur des délits récents ou des exactions passées, que les accusés soient des citoyens ordinaires ou des agents de l'Etat".
HWR regrette enfin que l'IER ne soit q'une instance consultative et "hormis le fait de verser des compensations, aucun texte n'oblige une institution étatique à lui obéir ou même à considérer sérieusement ses recommandations".
Source : wanadoo.ma
Casafree.com le 28/11/2005 20:18:10
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