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Santé : Douze mort-nés en un mois à l'hôpital Mohammed V de Hay Mohammadi Casablanca
Les mort-nés de l'hôpital Mohammed V de Hay Mohammadi : une affaire qui sent le soufre

Douze mort-nés auraient été enregistrés au mois de juillet à l'hôpital Mohammed V de Hay Mohammadi. L'affaire est passée inaperçue comme si de rien n'était. Aucune enquête n'a été diligentée pour déterminer la cause exacte de ces décès. Un silence qui ne cache pourtant pas le malaise dans le service maternité de l'hôpital. Plusieurs documents que nous nous sommes procurés révèlent une espèce d'anarchie au sein de ce service qui ressemble à un territoire de no man's land. Douze mort-nés en un seul mois paraît excessif. Une affaire similaire sous d'autres cieux aurait pu provoquer un séisme au sein de l'administration de l' hôpital voire, même au ministère de la Santé.







Le travail suit son cours habituel comme si de rien n'était. Pas même une enquête pour mettre toute la lumière sur ce dossier. Les documents que nous nous sommes procurés font effectivement état de plusieurs mort-nés pendant le mois de juillet dernier au service maternité. Des certificats de décès et des autorisations d'enterrement ne laissent aucun doute là-dessus.

Comment peut-on arriver à une situation pareille dans un service censé réduire au minimum le taux de mortalité des enfants à l'accouchement ? De la négligence, avance le personnel du service qui apparemment est entré en guerre ouverte avec le chef de service. Une explication qui paraît plausible au vu du planning de travail de la personne montrée du doigt.

D'après la liste de garde des médecins gynécologues du service maternité de l'hôpital Mohammed V, la personne responsable du service assure la permanence le lundi de chaque semaine. Un autre document, relatif au planning de fonctionnement du service mère-enfant de la polyclinique de la Caisse nationale de sécurité sociale de Hay Hassani, révèle que cette même personne assure le service le lundi de chaque semaine.

Pour ces détracteurs, le cumul de deux fonctions le même jour est synonyme de l'abandon du poste public. Du coup, disent-ils, les femmes enceintes qui arrivent en urgence au service maternité et qui devraient subir des opérations césariennes sont délaissées au même titre que des bébés prématurés qui devraient être installés dans des couveuses.

Au cours de cette enquête nous avons, également, découvert d'autres éléments troublants de nature à susciter beaucoup de bruit. Il s'agit d'ordonnances où ne figurent ni le nom du patient ni celui du médecin traitant, mais sur lesquelles sont inscrits les noms de médicaments à acheter.

Jusque là rien d'anormal sauf que sur cette liste de médicaments figurent les noms de deux équipements médicaux aux noms de casaque et de bavette. Ces équipements sont le matériel du bloc opératoire que le médecin enfile aux cours des opérations chirurgicales, mais que le patient ne doit pas acheter puisqu'ils sont délivrés par le ministère de tutelle.

Autres éléments troublants, la découverte de plusieurs documents signés qui témoignent que la même personne oriente systématiquement les femmes enceintes à faire des écographies chez son épouse.

Contacté à ce sujet, l'intéressé se défend de toutes ces accusations. Il dénonce une campagne calomnieuse à son encontre. Il avance qu'il s'agit d'un conflit personnel en raison de sa lutte anti-corruption au sein du service. Il soutient, par ailleurs, que son action vise à encourager l'accouchement dans la maternité en raison du nombre important d'enfants qui meurent lors des accouchements à domicile.

Pour les mort-nés du mois de juillet, il affirme que sur le plan médical , il existe des cas difficiles à sauver puisqu'ils naissent prématurément ( environ 6 à 7 mois avec seulement 1 kg). Ces enfants, dit-il, meurent malgré les efforts déployés pour les sauver. D'autres, dit-il, arrivent morts à l'hôpital. En parallèle, il assure que son service fournit des prestations de bonne qualité en dépit de la campagne de dénigrement dont il fait l'objet.

Entre les dires des uns et des autres, la vérité est noyée. Seule une enquête indépendante pourrait mettre la lumière sur cette affaire afin de redonner confiance aux femmes enceintes qui ont de plus en plus peur à y aller dans cet hôpital qui traîne une mauvaise réputation.

Il est à signaler, que plusieurs rapports, dénonçant le responsable de ce service, ont été envoyés par le personnel du service au délégué du ministère de la Santé publique et au directeur de l'hôpital, mais apparemment sans résultat.

(LE MATIN)

Casafree.com le 22/9/2004 0:22:58
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