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Actualité Maroc :  Moulay Hicham, le come-back ?
Banni du Palais depuis plusieurs années, le prince fait une apparition remarquée lors des cérémonies du cinquantenaire.

C'est la surprise du chef. C'était bien lui assis aux côtés des membres de la famille royale lors des cérémonies commémorant le 50ème anniversaire du retour de Mohammed V de son exil. Moulay Hicham, Hicham Ben Abdallah El Alaoui, le « prince rouge » ou encore le « putschiste », c'est selon, était bien présent au milieu du gratin politique du pays. Tel patron sécuritaire aurait blêmi en le voyant, d'autres, ministres ou hauts fonctionnaires, ont eu du mal à dissimuler leur surprise. Car s'il y avait bien une constante de cette monarchie, c'est bien la mise à l'écart du cousin terrible. La mise à l'écart a même pris par moments, des allures de curée.

Les journaux proches du couple El Himma-Laânigri n'y avaient pas été de main morte. « Jeune Afrique l'Intelligent » dont les liens d'argent avec le pouvoir marocain sont aujourd'hui documentés et de notoriété publique, avait orchestré un assassinat médiatique en règle.

Certains journaux locaux, dûment soutenus par l'Intérieur, n'hésiteront pas à accuser le cousin honni de fomenter un putsch. Des plumes émargeant à des établissements publics grâce à la sollicitude de Fouad Ali El Himma, toujours lui, n'écrivent pratiquement plus que pour asticoter l'impétrant.

La multiplication de ces initiatives venant surtout d'un des plus proches collaborateurs du roi ne laissait pas de doute : c'est le souverain lui-même qui orchestrait l'offensive. Et puis il eut l'absence du fils de Moulay Abdallah de la fameuse photo de famille publiée à grands renforts de millions d'euros dans le numéro spécial de Paris Match. La disgrâce était on ne peut plus officielle. Voir donc le prince Moulay Hicham présent à la fameuse cérémonie ne pouvait que surprendre.

Présent, donc invité par le roi. Serait-ce donc une normalisation des relations entre les deux cousins ? C'est la question qui taraude aujourd'hui bien des esprits. Une question pour l'instant sans réponse, tant le secret est bien gardé sur les tenants et les aboutissants du coup de théâtre de ce mercredi 16 novembre 2005. Les spéculations vont bon train. On se rappelle que dans une sortie médiatique très remarquée car unique, Fouad Ali El Himma avait emphatiquement déclaré que l'Etat n'avait aucune mauvaise intention à l'égard du prince. Quelques semaines plus tard, Moulay Hicham rend la politesse.

Dans une longue tribune publiée par « le Monde Diplomatique » et « Le Journal Hebdomadaire », il loue le courage de son cousin dans le traitement du dossier de la femme. Pour nombre d'observateurs, le message est clair : El Himma n'a parlé que sur instructions du roi, Moulay Hicham le sait, d'où le retour de politesse. D'autres évoquent l'échec cuisant d'El Himma-Laânigri, notamment sur l'affaire du Sahara. Ils ont eu 6 années pour mettre en branle une stratégie de reconquête des cœurs et des esprits des habitants des provinces du Sud.

On en voit aujourd'hui le résultat : fiasco indescriptible. C'est l'affaiblissement de la position du ministre délégué à l'Intérieur qui aurait donc, a contrario, ouvert la porte à une pacification des relations entre les deux cousins. Certains évoquent les amitiés solides du prince auprès du gratin politique de la communauté internationale. Son séjour prolongé à Abou Dhabi lui a permis de nouer une solide relation avec un Abdelaziz Bouteflika en réserve de la république au même moment. Il est en contact régulier avec Kofi Annan et est chez lui dans la plupart des monarchies du Golfe. Alors, Moulay Hicham à la rescousse du Sahara ? Peut-être, mais rien n'est moins sûr. Il semblerait que l'élément affectif ait joué un rôle essentiel dans cette éclaircie.

Les proches chargés de canarder médiatiquement le cousin réfractaire auraient été trop loin. Les attaques contre la personne d'un Moulay Abdallah dans le fameux dossier de « Jeune Afrique L'Intelligent » a laissé des traces profondes et indignés les membres de la famille royale. L'homme était aimé par les siens et surtout par son neveu aujourd'hui roi. Les histoires abondent sur cet oncle qui nourrissait pour le prince héritier une affection particulière. Une affection allant jusqu'à l'affrontement avec son frère de roi au sujet de l'éducation du futur Mohammed VI. Le choc des insultes à l'égard d'un proche défunt et aimé a sérieusement ébranlé les esprits au sein de la famille.

La mention appuyée à Moulay Abdallah dans l'allocution du souverain a eu une résonance particulière. Lorsque « le Journal » a demandé au prince sa lecture de l'événement, il a fait preuve d'un minimalisme énigmatique pour un homme que l'analyse ne rebute guère. « Sa Majesté le roi a bien voulu m'inviter à venir célébrer avec l'ensemble de la famille royale la grande victoire du peuple marocain sur le colonialisme…L'invitation m'a été transmise par la voie normale. En répondant à ce geste attentif, il s'agissait pour moi d'honorer des valeurs nationales et d'exprimer mon affection naturelle pour tous les membres de ma famille ». Notez-le : « Tous les membres de ma famille ». Quelles que soient les raisons de la présence du fils de Moulay Abdallah à la cérémonie de ce mercredi 16 novembre, les spéculations vont bon train sur l'avenir des relations entre le roi et son cousin.

Le Journal Hebdo

Casafree.com le 24/11/2005 19:20:00
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