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Actualité Maroc : Le Maroc ou l'image africaine intacte
S'il fallait encore une preuve supplémentaire que le Maroc demeure une terre d'accueil pour les peuples africains, qu'il figure en première place dans leur cœur, le sondage publié cette semaine par l'hebdomadaire «Jeune Afrique l'Intelligent» nous la fournit allègrement. Mieux que n'importe quelle déclaration officielle ou proclamation solennelle, plus qu'un plaidoyer pro domo, l'avis exprimé ainsi recueille globalement un pourcentage plus qu'honorable.

Tant pis pour les rhéteurs qui se sont échinés, ces derniers temps, à travestir et à subvertir la réalité de cette relation singulière entre le Maroc et l'Afrique. Peut-être ont-ils espéré un peu trop vite voir écorner l'image de notre pays.

Grand mal leur en prendra, à coup sûr, parce que l'affaire de l'émigration clandestine, marquée par le pénible décès de cinq candidats malheureux alors qu'ils forçaient le mur de sécurité à Sebta, en même temps qu'elle a secoué les consciences, leur a donné du grain à moudre, en vain toutefois, le gouvernement marocain ayant décidé, tout à son honneur, de faire et de rendre public son mea culpa.

Les témoignages ainsi recueillis, s'ils réconfortent notre moral et confortent notre position au sein des peuples d'Afrique, ne doivent cependant pas nous faire perdre de vue l'essentiel dans cette bataille laborieuse de la justice, de la liberté et de la dignité.

On serait tenté de dire que parallèlement à cette louable spontanéité des Africains interrogés dans le cadre du sondage, il eut été souhaitable qu'ils assortissent leur réponse d'une compréhension, d'une adhésion à l'impératif qui s'impose au Maroc, à son corps défendant, de renforcer sa politique de contrôle du flux migratoire.

Celui-ci, enfoui dans une sorte de laxisme, est allé s'aggravant depuis des années, faisant du Maroc aux yeux des candidats subsahariens une plateforme à première vue aisément accessible, véritable passoire que les mafias en tous genres n'ont eu aucun scrupule à transformer en passage juteux.

Il aura fallu les sinistres événements de Sebta, entraînant la mort de cinq jeunes, la colère en premier lieu du Maroc avant les autres Etats, un marathon diplomatique entre Rabat, Madrid et Paris, pour que se dévoile enfin le drame dans sa réelle dimension.

Encore qu'il ne s'agissait jusque-là que de la partie visible de l'iceberg, la concentration des centaines de candidats venus d'Algérie vers Oujda, Nador et Sebta, la longue marche entamée par des centaines d'autres en une procession interminable à partir des frontières du Sud-est, constituant un réservoir humain chaque jour saturé et, à moyen terme, une véritable bombe à retardement.

On se prend à rêver que, à l'instar de l'Express, ceux qui s'évertuent à faire le procès de la vigilance gouvernementale marocaine puissent accompagner d'une certaine mansuétude leur jugement hâtif et péremptoire. Le Maroc n'est pas Treblinka, il n'a pas dressé de miradors et de barbelés.

S'il s'est résigné à hisser digues et barrages, c'est après tout entre autres raisons sur exhortation de l'Union européenne et parce que la fatalité géographique l'a placé au creux de cette immense et impatiente vague humaine dans laquelle l'Europe, à tort ou à raison, voit comme un spectre.

Le gouvernement marocain pourrait tout simplement reprendre à son compte le propos de Nicolas Sarkozy, ministre français de l'Intérieur qui tombe à point nommé et qui se réclame «d'une politique d'immigration ferme et humaine», mais qui prépare l'expulsion imminente, non moins ferme, de quelque 23 000 clandestins de France…, soit 8000 en plus que l'année dernière.

«Ferme et humaine…» dit-on ? C'est à l'évidence un euphémisme trompeur, condescendant dira-t-on. Car les recommandations - «fixées comme des obligations de résultats» - adressées aux préfets français ne souffrent aucune ambiguïté, pas plus qu'elles ne leur laissent le choix. «La Cour européenne des droits de l'Homme, affirme le candidat à la présidence française, n'a jamais reconnu un quelconque droit de chacun à mener sa vie familiale où bon lui semble».

Ne faut-il pas en conclure qu'en matière de «fermeté» le Maroc n'a rien inventé ? En revanche, n'a-t-il pas fait preuve d'humanisme, de solidarité au point de se faire le complice d'une politique laxiste ? Il se trouve face à un dilemme redoutable : laisser faire, fermer les yeux au nom de principes humanistes et s'exposer aux algarades et aux remontrances de l'Union européenne ou bien faire preuve de vigilance, mieux contrôler ses frontières et son immigration à lui, et susciter les critiques fielleuses des cloches merles et autres jocrisses, prompts à lui faire une réputation d'Etat fasciste.

La fermeté n'exclut nullement la souplesse et vice-versa dès lors que la loi, disons la justice, tranche dans le sens de la présomption de l'innocence et ne fait pas de vagues. Or, en dépit des reconductions et des rapatriements, ils sont encore près d'un millier de candidats en provenance de 14 pays africains différents qui attendent que leur sort soit fixé avec l'aide du HCR.

C'est peu dire, en effet, que le sondage cité ci haut n'illustre qu'une partie de la réalité, car les citoyens africains sont nombreux à avoir choisi le Maroc, qui pour y suivre leurs études, qui pour y vivre, qui enfin pour entreprendre des affaires, un commerce ou autre activité.

Ce que le sondage n'a pas dit, et ce n'était pas d'ailleurs son objet, c'est que le Maroc contribue largement à la formation des milliers de cadres africains, ingénieurs, économistes, administrateurs, experts-comptables et financiers, médecins, officiers des armées…

A plusieurs niveaux, il relaye des pays comme la France ou la Belgique et réaffirme pour ainsi sa vocation africaine. Terre d'accueil, d'intégration et de brassages interafricains, le Maroc le restera avec ou sans l'immigration. La perception est d'autant plus inaltérée que nous le devons, pour une large part, à la politique d'ouverture de S.M. le Roi Mohammed VI envers l'Afrique.

Hassan Alaoui

Source : Le Matin


Casafree.com le 27/10/2005 13:40:00
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