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Actualité Mondiale : Une Turquie au sein de L'Union Européenne ?
L'Union européenne s'apprête à dire oui à des négociations d'adhésion avec la Turquie au sommet de Bruxelles qui s'ouvre jeudi soir, mais la route sera tortueuse d'ici à une entrée d'Ankara loin d'être garantie et qui n'interviendra pas avant dix ou quinze ans.




La rencontre devrait aussi fixer au printemps prochain l'ouverture de discussions similaires avec la Croatie et la signature du traité d'adhésion de la Roumanie et la Bulgarie, attendues toutes deux dans l'UE dès 2007.

Mercredi, les eurodéputés devraient voter à une nette majorité en faveur de l'ouverture de négociations d'adhésion avec la Turquie, même si un débat, organiséle 13 décembre, a confirmé des clivages nationaux que l'on retrouve dans la population européenne. Le Parlement se prononcera mercredi sur le rapport du député conservateur néerlandais Camiel Eurlings et ses quelque 80 amendements, un avis cependant consultatif car la décision finale appartient aux chefs d'Etat et de gouvernement qui se réuniront jeudi et vendredi à Bruxelles.

Suivant une ligne semblable à celle arrêtée par la Commission européenne, le rapport préconise l'ouverture "sans délai inutile" des négociations avec Ankara, tout en énumérant les conditions restant à remplir, notamment la reconnaissance de Chypre et "une tolérance zéro" contre la torture. Soulignant que les négociations sont "un processus ouvert et qui ne conduit pas automatiquement à l'adhésion", le texte n'envisage pas, dès à présent, d'alternative à l'adhésion, comme le "partenariat privilégié" réclamé par les droites française et allemande.

Selon des diplomates, les pourparlers avec la Turquie ont toutes les chances de démarrer à l'automne 2005, à des conditions cependant très strictes. Ils pourront notamment être suspendus en cours de route cas de violation des principes fondamentaux de l'UE. Les chefs d'Etat et de gouvernement devraient souligner que les discussions seront longues et reprendre à leur compte la recommandation de la Commission européenne en faveur d'un "processus ouvert dont le résultat ne peut être garanti avant terme".

Sauf rebondissement, ils ne s'avanceront pas en revanche sur une alternative à l'intégration en cas d'échec et se contenteront d'affirmer le "lien" que l'UE veut conserver "quoi qu'il arrive" avec Ankara, selon les mêmes sources.

Le Premier ministre turc Recep Tayyip Erdogan a réaffirmé mardi que son pays n'accepterait "aucune autre perspective qu'une adhésion pleine". La Turquie aspire à s'arrimer à l'Europe depuis plus de 40 ans. Elle dispose du statut officiel de candidat à l'UE depuis 1999 et une large majorité des dirigeants européens voit dans la perspective de son intégration le moyen de jeter un pont entre l'Occident et le monde musulman.

Mais les opinions en appréhendent souvent l'impact. Ainsi, 67% des Français s'y disent opposés. En Autriche, la proportion grimpe à plus de 75%. Les consultations entre Etats membres des dernières semaines ont déminé les questions les plus sensibles laissées au verdict des dirigeants. La France, qui craint que le débat sur la Turquie n'interfère avec le référendum attendu au printemps pour la ratification de la Constitution européenne, devrait avoir gain de cause sur sa revendication d'ouvrir les négociations d'adhésion "au plus tôt au 2ème semestre" de l'an prochain.

M. Erdogan réclamait le début 2005, mais le scénario de Paris tient la corde. Septembre ou octobre sont les mois les plus évoqués en coulisses. L'hypothèse convient au Royaume Uni, qui présidera alors l'UE et est l'un des principaux partisans d'Ankara avec l'Espagne, l'Allemagne et la Belgique. Berlin a obtenu de sécuriser les futurs pourparlers, en réintégrant au projet de conclusions du sommet qu'une interruption éventuelle devra être demandée par au moins un tiers des Etats membres pour être étudiée.

Britanniques, Allemands, Espagnols et Belges restent réticents sur les "clauses de sauvegarde" envisagées pour limiter les migrations de travailleurs turcs dans le reste de l'Union en cas d'adhésion, mais sans vélléité d'en faire un casus belli. La présidence néerlandaise ambitionne un sommet court. "Le plan A, c'est qu'on se met d'accord jeudi soir. Vendredi, on finalise les conclusions et on se réunit à 25 plus 4 (Ndlr, Turquie, Croatie, Roumanie, Bulgarie) avec le champagne", résume un diplomate européen.

"Reste à savoir comment on va gérer Chypre", tempère-t-il toutefois, en référence à la question toujours entière de l'île divisée depuis 1974, dont seule la partie grecque est entrée dans l'UE le 1er mai. Le chef de la diplomatie de Nicosie, George Iacovou, a réclamé lundi que la Turquie fasse d'ici mars des pas en direction d'une "normalisation" avec la République de Chypre, qu'Ankara refuse de reconnaître.

De son côté, la France souhaite que pendant le processus de négociations, la Turquie reconnaisse le génocide arménien de 1915.

SOURCE : AFP


Votre avis sur la question ? Pensez vous que la Turquie sera capable de s'intégrer au milieu de l'union Européenne ? La Turquie peut elle selon vous être considérée comme pays européen ? Pourquoi ? La religion ne risque pas de poser de problèmes ?

Casafree.com le 15/12/2004 13:47:32
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