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Société : Enquête au cœur de la cyberpolice marocaine appelée officiellement "Police technique"!
Ils ont entre 24 et 35 ans. Ils sont ingénieurs d'état et ont préféré la police au Canada. Ils disent être aussi bien payés que dans le privé. En plus, ils trouvent cela excitant. Rencontre avec des cyberflics bien de chez nous.

Hakim dévale agilement les quelques marches qui le séparent de l'entrée du personnel au siège de la DGSN, à Rabat. Fin et élancé, il porte un costume cravate clair, des lunettes de soleil plutôt in et une banale mallette noire. à 24 ans, son regard dégage quelque chose d'amusant et de frais. De juvénile presque. En tout cas, quelque chose qui n'a rien à voir avec l'idée (fausse ou réelle ?) qu'on se fait généralement du flic de base. Méfiant, arrogant, moustachu et vicieux. C'est que Hakim n'est pas un flic comme les autres. C'est un cyberflic.

Un titre qu'il assume entièrement et qu'il prend très au sérieux. Récemment, il a participé à l'arrestation de Farid Sebbar (le jeune de 18 ans, soupçonné d'être l'auteur du virus Zotob). Ce sont ses collègues et lui que les communiqués officiels ont présenté comme "les experts" qui ont étroitement collaboré avec le FBI pour pister, traquer et arrêter le jeune cyber délinquant.

Une arrestation facile, si l'on croit les responsables au sein de la DGSN. Farid Sebbar n'a même pas essayé de brouiller ou de cacher son identité. Il a négligemment laissé traîner son adresse IP, ce qui a permis aux autorités américaines de le localiser puis de mettre la police marocaine sur le coup. Cette dernière a monté une planque de deux jours, s'est assuré de l'identité de Farid puis lui a calmement mis la main dessus. L'apport des experts ?

Il interviendra plus tard, lors de l'analyse de l'ordinateur personnel du jeune Farid. "Il fallait fournir les preuves qui allaient permettre de poursuivre l'accusé", explique Hakim. Problème, sentant les choses venir, Farid avait formaté son ordinateur la veille de son arrestation. Théoriquement donc, tous les éléments pouvant être retenus contre lui étaient effacés. Peu importe, "les experts" ont quand même réussi à remonter aux fichiers incriminés. Ils marquent un coup, mais ce n'est pas le plus beau.

Au palmarès, de la cyberpolice marocaine, affirme un commissaire principal, "plusieurs arrestations pour détournements, usage fallacieux de cartes de crédit, accès illicite à un réseau sécurisé, etc".

C'est que "la police technique" (ashourta attiqnia, appellation officielle de la cyberpolice) existe depuis bientôt… 10 ans. "La cybercriminalité existe dans toutes les sociétés ouvertes aux technologies de l'information, c'est un phénomène évolutif et difficile à quantifier. Au Maroc, nous nous sommes très vite dotés des services et des compétences nécessaires pour suivre l'évolution du phénomène.

On ne veut pas que notre pays devienne un paradis numérique", explique Bouchaib Rmyel, directeur national de la sécurité publique, et docteur en cybercriminalité. En fait, le service technique de la police intervient sur tous les dossiers où il y a usage de l'outil informatique à des fins illicites : falsification, contrefaçon, trafic de drogue, proxénétisme, xénophobie, blanchiment d'argent, atteinte aux données et aux systèmes, menace ou chantage par voie électronique, etc. Difficile de se faire une idée sur l'effectif exact de la cyberpolice.

Seul indicateur, le recrutement a commencé au milieu des années 90, "au moment même où le cyber phénomène est devenu mondial", s'enorgueillit un commissaire principal, lauréat d'une école d'ingénieurs en 1984. Les jeunes, dont il est aujourd'hui le parrain, sont affectés dans différents services (PJ, police scientifique, RG, etc.), dans les différentes grandes préfectures du royaume et au siège central de la DGSN.

à l'Ensias (une école d'ingénieurs à Rabat, là même où a étudié Lalla Salma), "la DGSN est une boîte qui a la cote" parmi les étudiants. Ses annonces de recrutement sont un tuyau qu'on se refile, discrètement. Plusieurs lauréats de l'école travaillent déjà chez Laânigri, dont Hakim, notre cyberflic de 24 ans. La police est son premier job. Un an plus tard, il dit ne pas regretter son choix, bien au contraire.

"L'organisation de la police est similaire au privé et les projets informatiques sont menés avec le même professionnalisme et selon les standards techniques reconnus". La police serait-elle devenue plus séduisante que le privé ou que le Canada pour ces jeunes ingénieurs ? Peut être bien, si l'on tend l'oreille à ce commissaire principal chargé du recrutement : "Nous recevons plusieurs candidatures, nous ne retenons que les meilleures. Nos ingénieurs bénéficient de formations spéciales, souvent à l'étranger, travaillent dans de bonnes conditions, sinon, ils seraient partis depuis longtemps ".

Combien sont-ils payés ? La question qui gêne reste sans réponse exacte, mais quelques pistes permettent de se faire une idée. Le commissaire recruteur ironise : "Nous les payons autant que le privé, certaines entreprises commencent même à nous reprocher le fait que tanghlliw souk (on fait monter les enchères)". Hakim rajoute : "Je suis très à l'aise financièrement, comme tous mes collègues qui travaillent ailleurs. Sauf que moi, je fais un travail un cran plus excitant".

Nous n'en saurons pas plus. Au sein de la DGSN, tous ces jeunes ont un statut d'Ingénieur d'état, ce qui laisse supposer qu'ils peuvent être payés au dessus des grilles tarifaires réservés aux hommes en uniforme.

Mais si de nos jours, la cybercriminalité prend, partout dans le monde, des proportions de plus en plus inquiétantes, c'est qu'elle est devenue intimement liée au terrorisme international. L'usage des nouvelles voies numériques n'est plus un secret pour personne, et encore moins aux groupuscules djihadistes implantés dans les quatre coins du globe (ne parlons même pas d'Al Qaida).

Sur ce sujet, les responsables de la DGSN restent plus que discrets. Ils affirment simplement que leurs services combattent "le phénomène de cybercriminalité dans sa généralité". Aujourd'hui, ces mêmes responsables veulent surtout passer un message : "Souvent, la cyber délinquance commence par un petit défi personnel et une envie de reconnaissance.

Beaucoup de jeunes Marocains se disent que, de toutes les manières, rien ne peut leur arriver dans leur petit cyber de quartier, ou que personne ne viendra réquisitionner leurs machines à la maison. Aujourd'hui, ils doivent savoir qu'ils courent de gros risques, que des lois existent, et que des hommes les font appliquer. La sensibilisation est un devoir de tout un chacun", tranche Rmyel.

Et Farid Sebbar ? "Il risque une assez grosse peine. J'espère que les responsables auront l'intelligence de le former et de le recruter plus tard. Voilà un gosse sans formation qui paralyse l'activité dans de grandes multinationales pour le fun. Imaginez ce qu'il peut faire s'il est formé, puis encadré", laisse échapper, anonymement, un cadre de la DGSN. Et si elle changeait vraiment, cette police, finalement ?


Par Driss Bennani
Pour TelQuel

Casafree.com le 23/9/2005 23:00:00
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Auteur Conversation
mehdialami
Posté le: 19/12/2008 0:52  Mis à jour: 19/12/2008 0:52
Débutant
De: casablanca
Envois: 30
 Re: Enquête au cœur de la cyberpolice marocaine appelée o...
Un genre de cybercriminalité reste à decouvrir, il s'agit du crime assisté par ordinateur, tel que celui introduit par raoul yacoubi, et qu'il a caché dans des caves secretes devenues stations subversives israeliennes contre le regime marocain, telle que les délégations hay mohammadi et casa-anfa d'où plusieurs meurtres contre des hommes d'Etat ont été commis à distance par arme scalaire commandée par ordinateur qui constitue une arme de destruction massive servant aux manipulations politico-militaires contre la monarchie.
voir internet : " les grands dossiers du Maroc " et " the great affairs in morocco "

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