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Le cinéma au Maroc : Production prolifique et salles de projection en déclin - Culture - Webzine

Culture : Le cinéma au Maroc : Production prolifique et salles de projection en déclin
Le 7ème art marocain vit un paradoxe presque unique en son genre dans le monde. Alors que le cinéma marocain se fraye un chemin à l'international, à travers une forte présence aux grandes manifestations cinématographiques mondiales, les salles de cinéma se font de plus en plus rares.


Les deux dernières décennies ont été ainsi caractérisées par de bonnes productions cinématographiques qui ont réussi à reconquérir un large public et par l'émergence des talents de réalisateurs marocains, jeunes et moins jeunes, qui ont su présenter des films d'une très bonne qualité, qui ont suscité des débats et réflexions.

Chaque fois qu'un long métrage marocain est à l'affiche, les salles de projection, qui résistent encore au spectre de la fermeture, se trouvent prises d'assaut par les cinéphiles.

Et pour perpétuer cet essor et faire durer ce voyage cinématographique national dans l'histoire et la géographie, le directeur général du centre cinématographique marocain (CCM), M. Noureddine Sail, tire, lui-même, la sonnette d'alarme, en appelant à une véritable politique cinématographique nationale pour assurer la continuité des productions nationales et leur projection dans les salles de cinéma.

La continuité de la production nationale est tributaire, selon lui, des sociétés de production, soulignant, à cet effet, que l'Etat veille à apporter tout l'appui nécessaire à " boites " pour développer leurs produits, sur les plans quantitatif et qualitatif.

En dépit de son caractère limité, la politique de soutien du produit cinématographique national remonte aux années 70 et 80 du siècle dernier. Mais, ce n'est qu'à partir des années 90 et du début de ce siècle, qu'elle s'est vue renforcée, à travers l'appui des producteurs par le Fonds d'avance sur recettes, qui se veut un mécanisme simple utilisé dans la plupart des pays européens, notamment en France.

" Toute société bien structurée et disposant d'un projet complet peut bénéficier d'une avance, qu'elle règle sur des tranches ", souligne M. Sail, notant que ce mécanisme a permis de mettre en place une relation contractuelles entre les sociétés de production et l'Etat et de multiplier le nombre de films réalisés chaque année, qui ont passé de 5 ou 6 longs métrage dans le passé à 15 actuellement. L'objectif étant d'atteindre 18 films dans les deux prochaines années et 20 dans cinq ans.

Et d'ajouter que le CCM ambitionne d'atteindre les mêmes objectifs pour les courts métrages, qui ont passé, eux, de 5 par an à près de 100 courts métrages actuellement. Une croissance qui ouvre de vastes horizons devant les jeunes talents marocains.

Le grand essor qu'a connu le Maroc, a-t-il dit, lui a permis de se classer dans la deuxième place des pays Africains, en matière de production cinématographique, grâce à un total de quelque 15 longs métrages. Il se positionne après l'Egypte, qui produit entre 32 et 35 films par an et avant l'Afrique du Sud (entre 13 et 15 films par an).

" Pour que la politique cinématographique nationale soit complète et complémentaire, il convient de trouver des solutions au problème du rétrécissement du marché locale des films nationaux, d'autant plus que les salles de cinéma vivent une hémorragie continue ", a-t-il relevé, notant, à cet effet, que le projet de création de nouveaux espaces de projection, qui viendront s'ajouter aux 74 actuelles, est de nature à constituer une terre fertile de développement du produit national.

La concrétisation de cet objectif passe notamment par la récupération des salles de cinémas des quartiers par les conseils municipaux, la restauration et l'aménagement des grandes salles en les transformant en petites salles confortables et capables de programmer 4 à 5 projections par jour et par la construction de grands complexes cinématographiques, qui disposent de près de 15 écrans et offrent un bouquet varié de films marocains et étrangers, a-t-il expliqué.

La production des films et leur projection dans des salles bien équipées restent, pour lui, les piliers de toute politique cinématographique, susceptible de garantir une véritable renaissance dans la mise à niveau du métier, du financement et de la production et de faire du Maroc une "force cinématographique" dans les mondes arabe et africain.

Le même constat est relaté par d'autres acteurs du champ cinématographique, qui voient que la meilleure preuve de la crise actuelle que connaissent les salles de cinéma est le recul alarmant des ventes de billets, qui n'ont guère dépassé les 253.000 tickets durant le troisième trimestre de cette année, alors qu'ils s'élevaient à des millions dans le passé.

Concernant la part de la production cinématographique marocaine dans les ventes des billets, elle a atteint, selon des statistiques du CCM, 43.514 billets, contre plus de 210.000 pour les oeuvres étrangères.

Les propriétaires des salles de cinémas, eux, attribuent ce recul des recettes au piratage, qui a pris une grande ampleur durant les dernières années.

Ils ont souligné, à cet effet, que la création cinématographique marocaine peut constituer la solution à ce problème, vu les lourdes sanctions qu'encourent les personnes qui tentent de pirater ces productions, appelant, dans ce sens, à accorder davantage d'intérêt aux lieux de spectacles, qui ne dépassent pas les 75 actuellement contre plus de 300 il y a 15 ans, à restaurer les salles restantes, à construire de nouveaux complexes cinématographiques et à lutter contre le piratage.

En attendant de résoudre cette équation, le fossé persiste encore entre l'essor que connaît la production cinématographique nationale et la fermeture croissante des salles obscures dans plusieurs villes du royaume.

Par Hassan Saoudi
MAP


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Casafree.com le 26/11/2009 23:30:24
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