Economie : USA : Le sommet du G20 doit aborder la question de l'intervention étatique
Le prochain sommet du G20 doit évoquer la politique du "trop gros pour s'effondrer" du système bancaire, montrée du doigt pour alimenter la tourmente financière d'aujourd'hui, afin que la crise ne se reproduise plus, a indiqué un économiste américain dans une interview accordée à Xinhua."Le plus important changement pour les Etats-Unis et beaucoup d'autres pays consiste à éliminer le 'trop gros pour s'effondrer' dans le système bancaire", a dit Allan Meltzer, professeur en économie politique de l'Université Carnegie Mellon.
L'expression "trop gros pour s'effondrer (too-big-to-fail)", utilisée généralement aux Etats-Unis, désigne une politique d'intervention étatique qui signifie que certaines entreprises, en particulier dans le domaine bancaire, sont jugées par l'Etat trop grosses pour les laisser faire faillite.
Cette politique a de puissants effets pervers. Elle permet à l'Etat fédéral américain d'aider une banque en difficulté par des prêts ou le rachat d'actifs, ce qui incite les banques à prendre des risques démesurés. La faillite de Lehman Brothers en est un exemple.
Si ce problème n'est pas abordé de manière appropriée, il sera difficile d'éviter une répétition de l'actuelle crise financière dans le futur, a averti le professeur.
D'après lui, dans l'actuel système financier, ce sont les banquiers qui font fortune, et c'est le public qui essuite les pertes. Compte tenu de l'énormité excessive du système financier, les fonds ne suffisent pas à compenser les pertes en cas de dysfonctionnement.
M. Meltzer a estimé que les participants au G20 pourraient parvenir à une sorte de consensus sur la réforme du secteur financier, dossier qui figurera en tête du calendrier de deux jours de discussions du G20 à Pittsburgh, de même que la reprise économique et le changement climatique planétaire.
Le professeur a prévu qu'une reprise économique est attendue lors du trimestre, mais à une vitesse très douce en-dessous de la moyenne des 30 ou 40 dernières années. De surcroît, on devrait assister à une période de grandes fluctuations, a-t-il poursuivi.
"On attend une amélioration au troisième trimestre, peut-être pas aussi significative que le quatrième trimestre. Il y aura des hauts et des bas, avec un rythme de croissance très bas", a souligné M. Meltzer.
Les dirigeants des 20 plus grandes économies du monde se réuniront jeudi et vendredi prochains à Pittsburgh, l'ancienne capitale sidérurgique des Etats-Unis, avec pour objectif de débattre du chemin à suivre afin d'assurer une sortie de crise, au moment où se multiplient les signes de reprise économique.
Par LIU Hong
Xinhua
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