Culture : Cinéma : Number One , un long métrage optimiste sur l'avenir de la relation homme-femme au Maroc
"Les hommes changent !" : C'est sur cette note "optimiste" de la relation homme/femme dans la société marocaine que Zakia Tahiri a choisi de signer la dernière scène de son film "Number One", à l'affiche dans les salles françaises, à partir de mercredi.Ce choix, la réalisatrice marocaine l'assume avec force. Car, pour elle, le changement des mentalités masculines relève de "l'évidence" et "devient même indispensable" à l'heure actuelle.
"De toute façon, ça ne peut être autrement ! Les hommes sont mieux lorsqu'ils sont bien avec leurs épouses et leur donnent le respect qu'elles méritent", a-t-elle confié à la MAP à l'occasion de la projection de son film en avant-première, lundi soir sur les écrans du mythique cinéma du Rex, à Paris.
Cette projection, organisée avec l'appui du ministère chargé de la communauté marocaine résidant à l'étranger et le soutien de l'Ambassade du Maroc en France et du Conseil de la communauté marocaine à l'étranger (CCME), sera suivie par d'autres dans la banlieue parisienne et les principales villes de France, dont Lyon, Bordeaux et Toulouse.
L'idée de ce long-métrage a été déclenchée chez la réalisatrice par l'adoption du code de la famille aux "apports salutaires" en termes d'amélioration de la situation de la femme dans le Royaume.
Il illustre, sur un registre comique, ce que l'homme peut "gagner, autant sur le plan affectif que professionnel, s'il traite bien sa femme", a expliqué Mme Tahiri.
"Number One" (1h26 min) raconte une histoire drôle et rocambolesque de Aziz, gérant d'une usine de confection. Autoritaire et sévère, il terrorise ses employées et abaisse sa femme. Jusqu'au jour où son patron lui fait miroiter la promotion tant désirée, à condition qu'il fasse affaire avec une cliente française.
Cette dernière souhaitant rencontrer "Madame" lors d'un dîner, Aziz convie alors bon gré, mal gré son épouse. Ayant goûté à la liberté, elle décide d'en finir avec le comportement écrasant de son mari. Sur les conseils d'une amie, elle décide de jeter un sort. Sa démarche ne tarde pas à porter ses fruits, Aziz devenant incapable du moindre propos désobligeant envers les femmes.
Aziz Saadallah, qui campe le rôle de ce macho, se dit fier d'être associé à cette oeuvre qui rend hommage à la femme marocaine.
"Nous sommes un peuple qui change et c'est essentiel de le montrer", a souligné le "Number One" du film.
Le comédien se félicite de l'intérêt suscité par cette oeuvre auprès du public français avant même sa projection, notamment dans les forums de discussion sur Internet.
Dans ce film, Aziz Saadallah retrouve sa partenaire qui lui donnait la réplique durant tout son parcours artistique, sa compagne Khadija Assad, mais pas en tant qu'épouse cette fois, ce rôle ayant été interprété par l'artiste Nezha Rahil.
"Je n'aurais pas été crédible dans le rôle d'une femme soumise", a assuré Khadija Assad, qui met souvent en avant une forte personnalité lors de ses prestations, notamment son personnage marquant de Lalla Fatima dans la série éponyme, où, là aussi, elle donnait la réplique à son mari Aziz Saadallah.
La réalisatrice du film, Zakia Tahiri, dévoile cependant que c'est Khadija Assad qui a choisi le rôle de la secrétaire, un personnage effacé au départ avant de se muer en leader au fil des événements.
Née en 1963 à Lille (Nord de la France), Zakia Tahiri a passé son enfance à Casablanca avant de revenir en France pour poursuivre ses études à Paris (théâtre et cinéma).
Avant de se mettre derrière la caméra, elle a joué notamment avec Gérard Depardieu dans "Fort Saganne" d'Alain Corneau puis "Une porte sur le ciel" de Farida Belyazid, "Badis" et "A la recherche du mari de ma femme" de Mohamed Abderrahman Tazi, "Krim" de Ahmed Bouchaala.
Par Amal TAZI
MAP
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