Economie : Sommet du G20 : Les dirigeants des principales puissances économiques en conclave à Pittsburgh pour trouver une réponse commune à la crise financière
Les dirigeants des principales puissances économiques mondiales, composant le groupe des 20 (G20), se réuniront, jeudi et vendredi à Pittsburgh à l'est des Etats-Unis, pour tenter de trouver une stratégie commune de sortie de la crise financière, qui continue d'asphyxier l'économie internationale, malgré quelques signes de reprise.Cette réunion du G20, la troisième en moins d'un an après celles de Londres en avril et Washington en novembre derniers, va se pencher sur la situation actuelle de l'économie mondiale.
Et évaluer les effets des plans de relance entrepris aux niveaux national et international, quitte à décider de nouvelles mesures en vue de stimuler le développement économique, réduit comme une peau de chagrin, un an après la débâcle des marchés financiers internationaux.
Le président américain Barack Obama, qui présidera sa première rencontre internationale majeure depuis son élection, entend faire adopter à Pittsburgh de nouvelles règles financières pour éviter les erreurs ayant conduit aux dysfonctionnements du passé et un remake de la crise.
Obama veut inciter le G20, qui réunit les huit principaux pays industrialisés du G8 et onze pays émergents en plus de l'Union européenne, à jeter les bases d'une économie mondiale plus équilibrée, en incitant certains pays émergents, en particulier la Chine, à devenir les nouveaux centres de la croissance économique mondiale à travers l'encourageant de leurs populations à dépenser plus en vue de contrebalancer la récession actuelle du marché américain.
L'autre question épineuse que le sommet de Pittsburgh devra aborder est celle des bonus des banquiers, aperçus parfois comme une cause des excès qui ont provoqué la crise financière mondiale.
Les ministres des Finances et banquiers centraux des pays du G20, réunis en début du mois à Londres pour préparer le sommet de Pittsburgh, avaient en effet appelé le Conseil de stabilité financière (CSF) à présenter des propositions spécifiques et détaillées sur la question des bonus des banquiers et explorer "les approches possibles pour limiter le montant total des rémunérations variables, en lien avec le risque et la performance de long terme".
Le président Obama a aussi affirmé qu'il ne tolérerait pas un retour aux "comportements inconsidérés" et aux "excès incontrôlés" à l'origine de la crise actuelle.
Mais, contrairement aux Européens, notamment la France et l'Allemagne, les Américains restent réticents, sous la pression de Wall Street, quant à un plafonnement des primes des banquiers, qui serait aperçu comme une atteinte au principe sacro-saint du libéralisme économique anglo-saxon du "laissez faire, laissez passer".
Ce point risque, en effet, de représenter la pomme de discorde de ce sommet, les Européens étant décidés à aboutir, coûte que coûte, à une limitation des bonus des banquiers qu'ils jugent "scandaleux".
Dans un entretien au "Journal du Dimanche", la ministre française de l'Economie, Christine Lagarde, a affirmé que l'Europe va proposer au sommet de Pittsburgh une limitation des bonus en pourcentage de l'activité des traders, alors que le président de la Commission européenne, José Manuel Barroso, a déclaré, de son côté, que l'Europe devrait agir seule sur le plafonnement des bonus si les Etats-Unis ne suivaient pas.
La question importante de l'accélération de la réforme des Institutions financières internationales, notamment le Fonds monétaire international et la Banque Mondiale, sera également abordée lors de la réunion du G20.
La représentativité des pays émergents et en développement au sein des institutions de Bretton-Woods, et notamment la décision d'augmenter leurs quotes-parts au sein du FMI, devraient être entérinées lors de la réunion du G20.
L'environnement va aussi s'inviter à Pittsburgh à travers la question du financement de la réduction des émissions de CO2.
Les pays émergents et en développement, notamment l'Inde et la Chine, réclament en effet un soutien financier des pays du Nord, considérés, historiquement, comme les responsables des maux climatiques que vit la planète actuellement.
Créé formellement en 1999 pour discuter les principales contraintes de l'économie mondiale, le G20 regroupe l'Argentine, l'Australie, le Brésil, le Canada, la Chine, la France, l'Allemagne, l'Inde, l'Indonésie, l'Italie, le Japon, le Mexique, la Russie, l'Arabie Saoudite, l'Afrique du Sud, la Corée du sud, la Turquie, la Grande Bretagne, et les Etats-Unis, en plus de l'Union européenne, représentée par la présidence tournante du Conseil de l'UE et de la Banque centrale européenne.
Par Naoufal Enhari
MAP
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