Environnement : Changement Climatique : Les pays insulaires plaident pour leur survie à la tribune de l'ONU
L'Alliance des petits Etats insulaires (AOSIS) a adopté lundi une déclaration appelant à un nouveau pacte sur le climat pour s'assurer que le réchauffement climatique soit maintenu en dessous de 1,5 degré Celsius.La "déclaration de l'AOSIS sur le changement climatique" a été adoptée un jour avant le sommet des dirigeants mondiaux prévu mardi au siège de l'ONU à New York, ce sommet vise à mobiliser les volontés politiques pour parvenir en décembre à Copenhague à un accord faisant suite à celui de Kyoto.
"Il est maintenant temps d'agir", a déclaré le Premier ministre de Grenade et président de l'AOSIS, Tilman Thomas. "Il ne reste plus de temps pour l'inaction car notre survie dépend de 1,5 degrés Celsius."
L'alliance a appelé à un accord sur le climat lors du sommet de Copenhague qui fixe à 1,5 degrés Celsius la limite du réchauffement climatique et demande à ce que les concentrations de CO2 dans l'atmosphère soient limitées à 350 parties par million (PPM).
Une récente recherche scientifique indique qu'un réchauffement de 3 degrés Celsius se traduirait par la perte d'une grande la partie du Groenland et des calottes glaciaires de l'Antarctique de l'ouest, entraînant une élévation du niveau des eaux de un à deux mètres d'ici la fin du siècle.
Les dirigeants des pays industrialisés ont déclaré que la limite de deux degrés Celsius est considérée comme "économiquement acceptable", mais l'AOSIS estime que cet objectif n'est pas assez ambitieux. On prévoit déjà que l'archipel de Tuvalu, dans l'ouest du Pacifique, sera inhabitable d'ici 2050.
Yves de Boer, secrétaire exécutif de la Convention cadre de l'ONU sur le changement climatique (CCNUCC), a indiqué lors de la conférence de l'AOSIS que le sommet de Copenhague sera considéré comme un succès si elle répond aux principaux objectifs, dont ceux sur la limite des émissions de gaz à effet de serre d'ici 2020.
Selon l'AOSIS, les objectifs actuels correspondent environ à un tiers des 45% de réduction exigés d'ici 2020, par rapport au niveau de 1990, pour contenir le réchauffement climatique ainsi que les pertes et dégâts connexes déjà estimés à 125 milliards de dollars chaque année.
La semaine dernière, le secrétaire américain à l'Energie Steven Chu a indiqué à la presse à Vienne que la réduction de 40 ou 30% "pourrait être trop dure à réaliser d'ici 2020 pour les Etats-Unis". Les Etats-Unis sont le plus gros pollueur du monde et consomment plus de 20% de l'énergie mondiale.
Cependant, les membres de l'UE se sont déjà engagés à réduire de 20% les émissions de CO2 d'ici 2020 par rapport au niveau de 1990.
Mais aucun de ces objectifs n'est suffisant pour préserver les îles de faible altitude de la hausse du niveau des eaux, de l'érosion des côtes, des inondations et de la disparition des récifs coralliens, a précisé l'AOSIS.
Les négociations sur le changement climatique sont tombées dans l'impasse pour plusieurs raisons, dont la division entre pays riches et pays en voie de développement sur les résultats escomptés et le total des financements que les pays les plus industrialisés devront débourser.
L'AOSIS appelle les dirigeants mondiaux des pays industrialisés à donner aux pays insulaires en voie de développement les ressources financières, la technologie et la capacité humaine adéquates pour limiter les phénomènes météorologiques extrêmes et s'adapter à eux.
La déclaration appelle aussi à un accord visant à protéger les petits pays insulaires et les pays en voie de développement en ne les obligeant pas à prendre des engagements qui entraveraient leur développement.
Lors de la conférence sur le changement climatique, le secrétaire général de l'ONU Ban Ki-moon s'est dit confiant sur les probabilités de voir émerger un accord sur le changement climatique offrant de nouvelles opportunités aux pays en voie de développement.
"Je compte sur vous pour poursuivre votre direction dynamique continue", a-t-il noté. Le succès de ce sommet sur le changement climatique peut introduire une nouvelle ère de croissance verte et de prospérité".
Xinhua
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