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L'Italie appelle l'UE à procéder à un "partage du fardeau" en matière d'immigration clandestine - Actualité Mondiale - Webzine

Actualité Mondiale : L'Italie appelle l'UE à procéder à un "partage du fardeau" en matière d'immigration clandestine
immigrant clandestinSuite à une nouvelle tragédie en rapport avec l'immigration illégale en Méditerranée, qui a tué quelque 73 personnes la semaine dernière, l'Italie est convaincue que l'Union européenne (UE) fait face à un problème de partage du fardeau des réfugiés parmi ses Etats membres.

La semaine dernière, 73 "boat people" érythréens sont morts en mer au cours de leur tentative de traversée risquée de l'Afrique vers l'Europe, suscitant un débat en Europe sur la question de l'immigration illégale.


Le refus du gouvernement maltais d'intervenir ou laisser l'Italie prendre en charge les secours a provoqué une plainte du gouvernement italien et a contraint l'UE à se saisir de la question.

Cinq réfugiés érythréens ayant survécu sont arrivés jeudi dernier en Sicile et le ministère italien de l'Intérieur a lancé une investigation sur cet incident.

Lors d'une interview accordée à la radio d'Etat en début de semaine, le ministre italien des Affaires étrangères Franco Frattini a renouvelé son appel à une action européenne coordonnée, se plaignant que l'Italie se sentait laissée seule pour traiter la question des "boat people" et patrouiller les frontières maritimes méditerranéennes.

L'UE a répondu mardi à la demande de l'Italie, promettant de nouvelles propositions pour modifier sa politique d'immigration et intensifier la coopération parmi les Etats membres. Un projet serait présenté aux ministres des Affaires étrangères de l'UE à la fin du mois d'octobre.

M. Frattini a souligné que "la responsabilité doit être partagée équitablement entre les Etats membres avec un critère proportionnel" étant donné que l'immigration illégale concerne l'ensemble de l'Union européenne.

Le gouvernement de centre-droite du Premier ministre italien Silvio Berlusconi a fait de la lutte contre l'immigration illégale l'une de ses priorités, introduisant des mesures controversées telles que la déportation de migrants interceptés dans les eaux internationales.

L'immigration illégale est une question épineuse qui a divisé l'Europe pendant longtemps. Un nombre croissant de personnes risquent leur vie pour traverser la Méditerranée, exerçant une pression migratoire sur les pays d'Europe du Sud tels que l'Italie, l'Espagne, la Grèce et Malte.

Selon les données du Haut Commissariat des Nations Unies pour les réfugiés, plus de 67.000 personnes ont traversé la Méditerranée en 2008 pour tenter d'entrer en Europe illégalement, et beaucoup d'entre eux en sont morts.

Ce n'est pas la première fois que l'Italie appelle à une coopération plus importante de l'UE. M. Frattini a répété que les membres méditerranéens ne devaient pas supporter seuls le fardeau des arrivées illégales en provenance des côtes de l'Afrique du Nord.

Une fois qu'ils ont mis les pieds sur le territoire italien, les réfugiés seraient libres de se déplacer partout en Europe. L'immigration illégale est devenue également un problème pour d'autres Etats membres, a-t-il affirmé.

Le ministre italien de la Justice Angelino Alfano, qui a dirigé en mai la réunion des ministres de la Justice du G8, a appelé à une collaboration plus importante parmi les pays européens en vue de résoudre ce problème de l'immigration illégale.

"L'Italie est un avant-poste mais l'immigration est un problème européen", a-t-il averti.

Au sommet de l'UE en juin, les leaders européens ont convenu de discuter un plan d'urgence sur l'immigration dans la Méditerranée du Sud.

M. Frattini attend de ce plan qu'il prévoie des patrouilles conjointes de l'UE ainsi qu'un partage des coûts, et qu'il accorde à l'agence de frontière de l'Union européenne Frontex un plus important rôle dans l'organisation de vols de rapatriement et l'identification de réfugiés illégaux.

Selon M. Frattini, le problème du partage du fardeau "ne concerne pas le rapatriement, mais les demandeurs d'asile que nous devons accueillir parce qu'ils fuient la guerre ou des problèmes similaires", ont rapporté les médias locaux.

Il a appelé tous les membres de l'UE à supporter leur part de la pression migratoire. Après la mort de 73 réfugiés érythréens, l'Italie souhaite une nouvelle atmosphère, marquée par une plus importante collaboration de l'UE et une compréhension mutuelle.

Selon les médias italiens, le nouveau projet anti-immigration de l'UE consistera en une politique de relocation basée sur le transfert de réfugiés arrivés sur les côtes méditerranéennes vers d'autres Etats membres de l'UE. Une politique d'asile plus efficace en matière de quotas de réfugiés sera également débattue.

Cependant, l'application de la nouvelle politique par les Etats membres de l'UE se fera sur une base volontaire. Aucune obligation de l'appliquer n'est prévue parce que la politique anti-immigration, comme beaucoup d'autres en UE, est de la compétence des 27 Etats membres. Dans de telles affaires, la Commission européenne a seulement un rôle de coordonnateur.

M. Frattini a indiqué mercredi que l'Italie n'utiliserait pas son veto si aucun partenaire européen ne voulait un partage du fardeau de l'immigration, mais recherchait "une médiation plutôt que l'affrontement", a rapporté l'agence de presse italienne Ansa.

A une chaîne locale de web-TV, M. Frattini a déclaré que c'était un "problème d'opinion publique", et non une question financière qui était à l'origine de la répugnance des membres de l'UE à partager le fardeau de l'immigration jusqu'à présent.

Mais à présent, "l'UE commence à réaliser que le problème ne concerne pas seulement l'Italie, Malte ou l'Espagne, mais les 27 (membres de l'UE)", a-t-il estimé.

C'est un autre aspect du problème des réfugiés. Les traités de coopération signés entre de nombreux pays européens et des pays nord-africains pour prévenir l'immigration illégale ne sont pas toujours fructueux.

L'Italie a signé récemment un accord avec la Libye sur les patrouilles maritimes conjointes et l'asile, alors que la Commission européenne a accordé de nouvelles aides pour le développement en Afrique. Mais beaucoup reste encore à faire.


Par Silvia MARCHETTI
Xinhua


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Casafree.com le 27/8/2009 12:53:54
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