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RD Congo : Le FMI a le regard tourné sur la révision du contrat chinois - Economie - Webzine

Economie : RD Congo : Le FMI a le regard tourné sur la révision du contrat chinois
fmiUne mission du Fonds monétaire international (FMI) dirigé par Brian Ames vient de séjourner en République démocratique du Congo (RDC) du 10 au 18 août pour conclure les entretiens sur un nouvel accord triennal au titre de la facilité pour la réduction de la pauvreté et pour la croissance (FPRC) du FMI, a indiqué la Banque centrale du Congo (BCC) dans un communiqué.

Au cours de leur séjour en RDC, la délégation du FMI s'est entretenue avec plusieurs autorités congolaises parmi lesquelles le Premier ministre Adolphe Muzito.


Le ministre des Finances Athanase Matenda, le ministre du Budjet Michel Lokola, le ministre du Plan Olivier Kamitatu, le gouverneur de la BCC Jean-Claude Masangu ainsi que d'autres responsables du gouvernement.

Selon des responsables du ministère congolais des Finances, la mission du FMI est parvenue à un accord sur les politiques économiques et financières pour la reste de 2009 et 2010 compatibles avec les objectifs des autorités visant la promotion de la croissance, la réduction de l'inflation et la reconstitution des réserves de change fragilisées par la crise financière internationale.

Les membres de la délégation du FMI ont également indiqué que leurs partenaires congolais ont accepté les amendements concernant le projet d'accord de coopération sino-congolaise y compris le retrait de la garantie du gouvernement sur le projet minier.

"Lorsque les services du FMI confirmeront que l'accord révisé est compatible avec la viabilité de la dette, les autorités congolaises seront en mesure de solliciter les assurances financières pour leur programme auprès des créanciers du Club de Paris. Le Conseil d'administration du FMI pourra alors rapidement examiner la demande d'un nouvel accord triennal de la FRPC", souligne le communiqué du FMI rendu public à Kinshasa.


La pomme de discorde

Il est important de souligner que depuis la signature de contrat entre la RDC et un groupe d'entreprises d'Etat chinois, en septembre 2007, la RDC n'a plus été en bon terme avec les institutions financières internationales, en l'occurrence le FMI et la Banque mondiale (BM).

Ces dernières ont toujours rapproché les dirigeants congolais d'avoir hypothéqué le pays en alourdissant sa dette extérieure. Les bailleurs des fonds traditionnels de la RDC ont toujours plaidé pour la révision du contrat chinois qui, selon eux, est poids de plus dans la lourde dette extérieure du pays.

Les différentes missions du FMI et de la BM qui se sont succédées ces derniers temps à Kinshasa ne jurent que par la révision du contrat chinois pour soutenir la RDC, en septembre prochain au Club de paris, afin de lui permettre de s'engager sur la voie vers le point d'achèvement PPTE (pays pauvres très endettés).


Un coup dur

Pour un grand nombre d'observateurs, la révision du contrat chinois paraît comme un coup dur dans le processus de reconstruction de la RDC. Car il est vrai que la réalisation des cinq chantiers et la reconstruction de la RDC dépendent en partie de l'application du contrat chinois.

C'est d'ailleurs la raison pour laquelle le jeudi dernier, Gouverneur de la BCC, Jean-Claude Masangu a reconnu que la partie congolaise a beaucoup négocié avec la délégation du FMI et les chinois.

Après échange d'informations avec les uns et les autres, la dette relative au contrat chinois a été jugée d'abord non soutenable et non concessionnelle. En effet, de neuf milliards de dollars américains au départ, un chiffre estimé par la presse occidentale, 3 milliards de dollars américains pour les Mines, 3 milliards de dollars américains pour les infrastructures première phase et 3 milliards de dollars pour les infrastructures deuxième phase, le contrat chinois est ramené à six milliards de dollars américains, a rapporté la presse congolaise.

La deuxième phase infrastructure est carrément supprimée. De même la garantie de l'Etat est supprimée. De ce fait donc, le contrat devient commercial. Quant à la dette, elle devient soutenable et concessionnelle. Enfin, il est possible que dans les jours à venir, l'on arrive à établir un avenant au contrat entre la Gecamines (Générale des carrières et des mines) et le groupement des entreprises chinoises.

C'est en tous cas le prix à payer pour entrer en programme avec le FMI et envisager l'accession du pays au point d'achèvement synonyme de l'allègement de la dette de la RDC, soit 11 milliards de dollars américains.

Cependant, à la lumière de cette nouvelle donne, il est à craindre qu'avec la révision du contrat chinois, beaucoup de chantiers ouverts à travers la RDC ne puissent s'arrêter par manque de financement ou simplement par un certain découragement de la part des investisseurs chinois.

Lorsqu'on sait que le gouvernement congolais ne jure que par le contrat chinois pour réaliser la politique des cinq chantiers lancée par le président Joseph Kabila afin de se présenter aux prochaines élections avec un argument de taille, il est possible qu'on assiste à une sorte de résistance.

C'est ainsi que certains leaders congolais manifestent déjà leur opposition aux exigences du FMI. Tout compte fait, la population congolaise qui est en train de voir chaque jour des transformations réalisées par les chinois à Kinshasa et dans la plupart de villes du pays, n'acceptera certainement pas que ce nouvel élan soit sacrifié sur l'autel de la révision du contrat. Car, chaque partenaire de la RDC a le devoir d'apporter sa pierre à la reconstruction économique, sociale et culturelle du pays. En d'autres termes il y a de la place pour tout le monde en RDC.

Par Luc Roger Mbala et SHU Shi
Xinhua


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Casafree.com le 22/8/2009 10:03:09
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