Culture : Maroc : Assilah devient le temps d'un Festival capitale de la culture et de la pensée
Petit port atlantique envahi par les Portugais au 15ème siècle, ville presque oubliée jusqu'aux années 70, Zelis a su se construire, depuis, une nouvelle image, une nouvelle identité et un nouveau nom, celui d'Assilah, capitale de la culture et de la pensée.Grâce à son Moussem, cette manifestation culturelle internationale qui a lieu chaque été à Assilah et qui a éteint cette année sa 31ème bougie, La ville est devenue un rendez-vous incontournable pour des hommes de Lettres.
Intellectuels et responsables politiques de divers horizons, qui viennent chaque année partager leurs pensées, leurs ambitions, mais aussi leurs angoisses et leurs préoccupations.
Peu de villes peuvent se vanter de réunir des écrivains et des intellectuels de la trempe de Tayeb Saleh, Henri Lopes, Tchicaya U Tams'i, Mohamed Choukri ou Adonis. Mais Assilah a su gagner ce pari.
Au fil des éditions, des penseurs, écrivains, peintres et sculpteurs de différents pays viennent prendre part à ce Moussem, qui offre un bel exemple de dialogue entre les cultures et de communication entre les sociétés du monde.
Dans un temps où la violence et le fanatisme font légion un peu partout, Assilah donne chaque année l'exemple vivant de la possibilité de consacrer des valeurs nobles comme la tolérance et le respect de l'autre et de faire revivre la libre pensée, dans un monde devenu de plus en plus matérialiste et individualiste.
Son charme, son coucher de soleil, ses petites maisons aux fenêtres bleuâtres parsemées un peu partout, épousant parfaitement la couleur de l'océan, le sourire de ses habitants et ses mille et une fresques murales, sont autant de facteurs qui jouent un rôle important dans la promotion du tourisme dans cette ville, à tel point qu'Assilah est considérée actuellement comme l'une des destinations touristiques les plus prisées en été au niveau national.
Le 31-ème Moussem de la ville, qui a pris fin mardi soir, a tenu toutes ses promesses, avec des colloques discutant de thèmes d'actualité comme la coopération entre les pays des cinq continents, les perspectives de la coopération Sud-Sud, ou encore l'impact de la crise économique mondiale sur l'aide aux pays africains.
Côté art et culture, cette 31ème édition a rendu hommage à deux grands noms de la poésie et de la littérature, en l'occurrence Mahmoud Darwich et Tayeb Saleh. Et c'est dans l'ordre des choses, que deux jardins de la ville ont été baptisés aux noms des deux hommes de Lettres disparus, pour immortaliser leurs noms auprès des futures générations de la ville.
Alors que le rideau est tombé mardi soir sur le Moussem, la population d'Assilah commence déjà à donner ses pronostics quant aux invités et au programme de la prochaine édition.
Pour les organisateurs, le Moussem est arrivé maintenant à maturité et il est hors de question de faire les choses à moitié. Le Moussem a dorénavant une réputation à défendre.
Par Jihad Benchekroun
MAP
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