Actualité Afrique : Guinée Bissau : Les défis qui attendent Malam Bacai Sanha
Le second tour des élections présidentielles bissau-guinéennes qui s'est tenu le 26 juillet dernier vient de consacrer Malam Bacai Sanha président de la République.Ainsi, la majorité des 600 000 électeurs ont porté leur choix sur le candidat du Parti africain pour l'indépendance de la Guinée et du Cap-Vert (PAIGC, au pouvoir)
Contre le candidat du PRS, Kumba Yala, dans une élection qualifiée par la Mission de l'Union africaine de "libre, transparente, régulière et équitable", même si elle a relevé "certains aspects qui mériteraient d'être corrigés pour les scrutins à venir".
Il devient ainsi le 8e chef de l'Etat de l'histoire de ce petit pays d'Afrique de l'Ouest connu pour son instabilité politique chronique.
Cependant, Malam Bacai Sanha n'est pas un novice dans l'exercice présidentiel puisqu'il a eu à occuper la fonction de président de la République de 1999 à 2000, en tant qu'intérimaire. Qu'à cela ne tienne, la tâche ne sera pas aisée pour ce politologue âgé de 62 ans, licencié en Sciences Politiques en Ex- RDA (Allemagne).
Les défis sont nombreux à relever pour le nouveau président bissau-guinéen. Il s'agit, avant tout, d'instaurer un climat de paix, de s'attaquer à l'insécurité et de mettre fin à la vague de violence voire même de coups d'Etat qui coûtaient la vie à des chefs d'Etat démocratiquement élus, à l'exemple de Nino Vieira, tué le 2 mars dernier à son domicile par des militaires. Le corollaire est également la série d'assassinats, de bastonnades, d'exécution sommaires, etc..
En réalité, depuis 1981 (date du premier coup d'Etat), le pays est englué dans une insécurité notamment à partir des années 1990. Le président par intérim, Ramundo Preira l'a déploré lors de sa prestation de serment : "Depuis l'ouverture démocratique en 1994, aucun président démocratiquement élu n'a terminé son mandat", à l'image de Kumba Yala, élu en 2000 et renversé en 2003. Mais ce défi ne peut être relevé que si l'armée, jusque-là principal acteur du jeu politique bissau-guinéen, accepte de rester dans les casernes.
L'autre défi demeure la lutte contre la pauvreté. Pourtant, les potentialités particulièrement touristiques du pays sont énormes. Cette pauvreté a favorisé l'introduction de la drogue par des narcotrafiquants qui n'hésitent plus à utiliser la manière forte pour mettre les dirigeants sous leur coupe.
Cependant, la lutte contre ce fléau ne sera de pas aisée au regard des gros moyens utilisés par les narcotrafiquants. C'est pourquoi la communauté internationale en général, l'Union africaine, la CEDEAO, l'ONU, le CPLP et l'UEMOA en particulier doivent apporter au pays un soutien constant et indéfectible. Il y a aussi de la stabilité de la sous-région où la circulation des armes légères est un fait notable.
Par Aliou Diatta et Chen Shun
Xinhua
Partager cette article sur Facebook
Les articles publiés sur le webzine Casafree.com sont sous copyright Casafree.com et nos agences de presse partenaires Panapress, PRN, et Xinhua sauf mention contraire. Toute reproduction même partielle des articles sans leur accord écrit est strictement interdite.
Article précédent: Guinée Bissau : Malam Bacai Sanha, un pur produit du pouvoir
Article suivant: Inondation au Nigeria : De fortes pluies font un millier de déplacés dans l'Etat de Yobe
Les commentaires appartiennent à leurs auteurs. Nous ne sommes pas responsables de leur contenu.
| Auteur | Conversation |
|---|






