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Culture : Ouverture du festival de musique des cimes : Imilchil revu et corrigé
Aux confins du Sud-est du Maroc, la province d'Errachidia qui abrite le Tafilalet, berceau de la dynastie Alaouite, s'étend sur une superficie de 60 000 km2 alternant ainsi des espaces immenses et arides, de larges étendues de végétation, des cimes enneigées de l'Atlas et confins dénudés du désert, sur un fond cCréée en 1956, la province d'Errachidia est limitrophe aux provinces de Figuig située à l'Est, Beni Mellal et Azilal à l'Ouest, Khenifra et Boulmane au Nord et les frontières Maroco-Algérienne, au Sud.

La population occupant la province d'Errachidia est estimée à plus de 522 mille habitants, dont plus de 70,11 % vivant dans le monde rural et est marquée par la prédominance de deux confédérations berbères à connaître : les Ait Yeffelmane (constituée des tribus des Ait Morghad, Ait Hdiddou, Ait Iizdeg, Ait khlifa et Arab Sebbah du Ziz ) et les Ait Atta , qui demeure la masse la plus importante et la plus compacte avec les tribus des Ait Ounegbi, Ait yzza, Ait Alouane, Ait Ouhlim, Ait Ouallal et Ait khebbach.

Il est à rappeler notamment que le Tafilalet a connu ses heures de gloire avec la fondation au 8éme siècle de l'ancienne ville de Sijilmassa qui fut capitale commerciale et spirituelle de cette contrée, avant de devenir, à la fin du 16éme siècle, le principal relais caravanier entre l'Afrique noire, l'Europe et l'Orient, un peu, à l' image de ce lac que vient ciseler le Ziz dans ses derniers retranchements au sud-ouest de merzouga, et qui sert de repos aux flamands roses dans leur migration entre l'Europe et l'Afrique sud- saharienne.

De même, la pénétration Arabo-Musulmane a eu lieu dès le 8éme siècle, lorsque Moussa Ibnou Noussair y entreprit son expédition historique.

Ainsi la région, dépositaire d'épopées historiques, est connue universellement pour ses énormes potentialités touristiques à la gloire du tourisme du désert fleurissant dans la région et pour ses manifestations traditionnelles et culturelles à caractère unique dont notamment et surtout : Le Moussem des fiançailles d'Imilchil qui est célébré annuellement par les Aït Hdiddou comme une grande rencontre culturelle, économique et sociale.

Ce moussem qui sombrait, il y'a quelques années, dans le folklorique et dans une conception négative le réduisant à l'image d'un souk de " négoce " de jeunes filles - comme disait Mme Najat Falaq-Aourid directrice du Festival de musique des cimes d'Imilchil dans une interview accordée au MDSM le 23/08/2005 - s'est vu revalorisé par la venue dudit festival initié par le Centre Tarik Bnou Ziad que préside Hassan Aourid aujourd'hui wali de la région de Méknès Tafilalet.

En effet, ce plus apporté par le festival de musique des cimes au moussem des fiançailles d'Imilchil comme le précise sa directrice, réside dans le fait que l'équipe du centre en question “ travaille en étroite collaboration et coopération avec l'ensemble de ses partenaires pour la réalisation de cette manifestation interculturelle citoyenne qui s'inscrit dans le droit fil du projet global de développement humain et durable basé sur la participation effective des populations locales.

De ce fait, le Festival de Musique des Cimes d'Imilchil qui est aujourd'hui à sa 3ème édition sous le thème de : “ Pour un développement humain et durable " est venu à point nommé pour impulser une nouvelle dynamique à ce moussem des fiançailles sans pour autant toucher aux moindres us et traditions ancestrales des fiançailles traditionnelles de la tribu d'Ait Hdiddou.

La preuve s'il en faut, cette 3ème édition s'articule autour de quatre grands évènements avec notamment : L'organisation d'une journée de réflexion sur la micro finance (micro crédit, micro épargne et micro assurance), d'une deuxième journée de réflexion sur le tourisme rural et la gastronomie régionale, d'une exposition artisanale, agricole et photographique et l'organisation de plusieurs activités sportives.

En dépit de son attrait touristique, la région d'Imilchil est restée longtemps extrêmement pauvre ne disposant d'aucune infrastructure de base indispensable à son décollage dans cette région enclavée. Pour rattraper ce retard en matière de développement, Mme Najat Falak-Aourid a tenu de préciser que plusieurs projets socioculturels et économiques ont été lancés cette année dans cette contrée, dont une maison de jeunes filles et un centre de promotion de la femme rurale.

De même, avait-elle ajouté, des réseaux pour le lancement et le financement de projets de petites et de moyennes entreprises verront bientôt le jour et un accord avec l'ONEP sera conclu pour l'alimentation d'eau potable de six douars de la commune rurale de Bouzmou à Imilchil. Il s'agit de Akdim, Tarabdite, Tamsstrite, Tissila, Aït Ali Ouikkou et Tabachttine.

Le Moussem des fiançailles d'Imilchil est l'un des plus beaux rassemblements populaires du Maroc, à près de 2500m d'altitude dans une haute vallée de l'Atlas. Région à la beauté sauvage et tranquille, c'est à quelques kilomètres du village d'Imilchil, un nom qui sonne comme trois notes de musique, où est célébrée chaque année au milieu du mois de septembre – 2ème quinzaine du mois d'août de nos jours - cette grande fête qui rassemble les populations de la province d'Errachidia, et en particulier de la tribu des Ait Hdiddou.
La beauté du paysage où se mêlent les tons beiges et verts de cette fin de saison, l'impression de se trouver au bout du monde dans cette vallée bercée de légendes, le thème même de la manifestation, font de ce moussem un événement original et inégalable.

La fête des fiançailles d'Imilchil témoigne que le Maroc possède une culture populaire intense et vivante qui s'est transmise de génération en génération et qui est une des grandes richesses de la nation. Quoi de plus authentique, en effet que ce moussem, survivance d'une culture plus que millénaire où l'on chante l'amour et la fin de l'été, comme on célébrait une antique fête païenne. Pourtant c'est autour d'un lieu saint, le marabout de sidi Ahmed Oulmaghni que se déroule la grande fête.

La léagende tissée autour des deux lacs Isli et Tislite (Fiancé et Fiancée) et répandue dans toute la région, reste la seule explication pouvant convaincre les curieux. On prétend, qu'autrefois deux jeunes amoureux avaient décidé de se marier mais n'ayant pas pu obtenir le consentement des parents, ils se mirent à pleurer jusqu'à la formation des deux lacs (Isli et Tislite). Émus par ce triste sort, les parents décidèrent alors de laisser à leurs enfants toute liberté quant au choix d'un conjoint.

Ainsi les jeunes fiancés se réunissent le jour du Moussem, pour concrétiser leur union par des actes de mariage et tous les visiteurs des tribus avoisinantes sont bienvenus, chez les Ait Hdiddou qui leur réservent accueil, gîte et hospitalité.hargé d'évocations et d'histoire.


Source: Le matin


Casafree.com le 26/8/2005 18:14:07
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