Culture : Nous sommes des barbares!
Sous le nez des R’batis qu’on dit pourtant plus cultivés que la moyenne nationale, ce qui était sans doute le dernier morceau marocain du limes romain s’est perdu dans les mauvaises herbes. Il y a longtemps, une main secourable l’avait entouré d’un petit grillage, maigre protection qui rouilla bien vite.
Exit le limes (prononcer limess). Il s’agissait ni plus ni moins de cet immense mur de protection que les légions romaines avaient construit, il y a plus de 18 siècles, en espérant que les barbares resteraient à l’extérieur. Mais c’est nous, lointains descendants des Romains, qui sommes devenus des barbares, incapables de sauver un petit bout de mur. La paresse continue d’effacer les mémoires.
Le plus rageant c’est que l’époque moderne, avec sa formidable diffusion des sciences et des techniques, ait été encore moins capable que les précédentes de protéger et de valoriser le passé.
Que les autres villes ne pavoisent pas: pas une seule qui soit exempte de tache sur son honneur. Où les Casablancais ont-ils perdu les fouilles archéologiques? Pourquoi le parc de la Source de lion est-il devenu un dépotoir! Et ces Marocains de l’Oriental qui se servent d’une magnifique grotte pour jeter leurs ordures! Pourquoi les Jdidis laissent-ils les enfants (et les nettement moins enfants!) se servir des murailles portugaises comme toilettes publiques?!
Face à ces indignités des citoyens, il n’y a que les pouvoirs publics pour organiser la prise en charge et l’éducation des gens. Que font les municipalités? les provinces? les régions? l’Etat? Il va falloir appeler un chat un chat: elles font de la bureaucratie à gros bouillons, pondant règlements et directives, de préférence contradictoires, de manière à ce que nulle bonne volonté ne puisse relever le défi. Aujourd’hui, les raideurs des bureaucrates sont telles que s’ils attrapaient le poseur de grille autour du limes, ils lui colleraient une amende salée!
Par Nadia SALAH
Pour L'Economiste du 25-08-2005
Exit le limes (prononcer limess). Il s’agissait ni plus ni moins de cet immense mur de protection que les légions romaines avaient construit, il y a plus de 18 siècles, en espérant que les barbares resteraient à l’extérieur. Mais c’est nous, lointains descendants des Romains, qui sommes devenus des barbares, incapables de sauver un petit bout de mur. La paresse continue d’effacer les mémoires.
Le plus rageant c’est que l’époque moderne, avec sa formidable diffusion des sciences et des techniques, ait été encore moins capable que les précédentes de protéger et de valoriser le passé.
Que les autres villes ne pavoisent pas: pas une seule qui soit exempte de tache sur son honneur. Où les Casablancais ont-ils perdu les fouilles archéologiques? Pourquoi le parc de la Source de lion est-il devenu un dépotoir! Et ces Marocains de l’Oriental qui se servent d’une magnifique grotte pour jeter leurs ordures! Pourquoi les Jdidis laissent-ils les enfants (et les nettement moins enfants!) se servir des murailles portugaises comme toilettes publiques?!
Face à ces indignités des citoyens, il n’y a que les pouvoirs publics pour organiser la prise en charge et l’éducation des gens. Que font les municipalités? les provinces? les régions? l’Etat? Il va falloir appeler un chat un chat: elles font de la bureaucratie à gros bouillons, pondant règlements et directives, de préférence contradictoires, de manière à ce que nulle bonne volonté ne puisse relever le défi. Aujourd’hui, les raideurs des bureaucrates sont telles que s’ils attrapaient le poseur de grille autour du limes, ils lui colleraient une amende salée!
Par Nadia SALAH
Pour L'Economiste du 25-08-2005
Casafree.com le 25/8/2005 18:58:38
Les articles publiés sur le webzine Casafree.com sont sous copyright Casafree.com et nos agences de presse partenaires Panapress, PRN, et Xinhua sauf mention contraire. Toute reproduction même partielle des articles sans leur accord écrit est strictement interdite.
Article suivant: Des cochons clonés pour lutter contre le cancer
Les commentaires appartiennent à leurs auteurs. Nous ne sommes pas responsables de leur contenu.
| Auteur | Conversation |
|---|
