Actualité Mondiale : Mexique : Les Mexicains dimanche aux urnes pour élire une nouvelle chambre des députés
Les Mexicains se rendent au urnes, dimanche prochain, pour renouveler la chambre des députés et élire les gouverneurs de six Etats sur fond de pronostics favorables pour le vieux Parti révolutionnaire institutionnel (PRI).Plus de 77 millions d'électeurs sont appelés à voter pour renouveler les 500 membres de la chambre des députés, la loi mexicaine interdisant la réélection des législateurs. De ce total, 300 députés seront élus par vote direct et les 200 restants via la représentation proportionnelle, très critiquée par la presse.
De même, les électeurs de six Etats fédérés vont choisir leurs nouveaux gouverneurs pour les six prochaines années. Seront également élus dimanche plus de 500 nouveaux maires et 12 Parlements régionaux, dont l'Assemblée législative de la capitale qui a un statut particulier dans le système politique décentralisé du Mexique.
La campagne électorale a cédé le pas, mercredi dernier, à "trois jours de réflexion'' avant le jour J, au cours desquels les candidats sont interdits de faire campagne et la diffusion des sondages est totalement proscrite.
Les derniers sondages donnent une longueur d'avance au PRI, qui a une large assise dans les provinces, dépositaires d'un immense pouvoir local et où il règne sans difficultés depuis les années 30 du siècle dernier.
Le PRI a gouverné le Mexique sans discontinuer jusqu'à l'an 2000, lorsqu'il a été battu par l'ancien président, Vicente Fox, du Parti Action Nationale (PAN-droite). En dépit de sa défaite au niveau fédéral, le PRI a gardé intacte son hégémonie dans les Etats fédérés, dont il contrôle 18 sur les 32 que compte le Mexique.
Si les pronostics des sondeurs se révèlent véridiques, le PAN, dont est issu l'actuel chef de l'Etat Felipe Calderon, ne serait plus la première force politique dans la prochaine chambre basse et serait très probablement remplacé par le PRI, accrédité de 35 à 42 PC des sièges.
Dans la chambre sortante, le PAN dispose d'un groupe de 206 législateurs, suivi du Parti de la révolution démocratique (PRD-gauche) avec 126 députés et en troisième position du PRI, avec seulement 106 sièges.
Le PRD, affaibli et divisé à cause de disputes internes, fait figure d'outsider et pourrait difficilement, selon les analystes, obtenir autant de sièges que lors des élections de 2006 et arrivera à coup sûr en troisième position.
Outre un début timide de la campagne électorale, à cause de la grippe A/H1N1 et l'interdiction faite par les autorités sanitaires de tenir des meetings électoraux, un invité inattendu a fait une irruption fracassante sur la scène politique:l'appel au "vote nul » lancé par des associations de la société civile.
Cet appel, qui a focalisé la campagne électorale au delà des programmes et des propositions faites par les différentes forces politiques, a été perçu comme un "rejet en bloc de tous les partis politiques et de la manière de faire la politique au Mexique''.
Sans aucun accès aux moyens traditionnels pour faire campagne à cause d'une loi verrouillée au départ par les partis en lice, les initiateurs du "vote nul » avaient inondé la toile de leur appel, en expliquant pourquoi les Mexicains devront se rendre aux urnes, "annuler leur vote » et ne l'octroyer à aucun parti.
Cet appel sans précédent dans l'histoire électorale au Mexique a pour but de signifier aux politiciens le "profond malaise'' des citoyens vis-à-vis du système de "partidocratie'' et de la manière avec laquelle sont conduites les affaires publiques.
L'ampleur de ce mouvement que les trois grands partis politiques tentent de minimiser, sera l'une des grandes inconnues du scrutin de dimanche.
Une autre nouveauté de cette campagne est venue, une fois encore, de la société civile, qui a exigé que les candidats fassent des engagements écrits devant un notaire pour obtenir le vote tant désiré.
L'association ''SOS Mexico'', qui milite contre les enlèvements de citoyens par des bandes du crime organisé, a recueilli et avalisé les déclarations notariales de centaines de candidats qui, en cas de victoire, se sont engagés à faire de la sécurité la priorité absolue de leurs mandats.
Par Rachid Mamouni
MAP
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