Culture : Maroc - Japon : Séances de démonstration à Rabat de la Cha-no-yu, cérémonie traditionnelle japonaise de thé
L'Ambassade du Japon à Rabat abrite jusqu'au 2 juillet des séances de démonstration de la cérémonie japonaise de thé, "Cha-no-yu", dans le cadre de ses activités culturelles visant à faire connaître au public marocain les traditions japonaises.Ces démonstrations, organisées en collaboration avec la Maison de la Culture du Japon de Paris, dont la première séance a eu lieu mardi, sont présentées par Maître Kôrène Inoue, spécialiste de cet art de recevoir japonais.
La cérémonie du Cha-no-yu consiste en la préparation et le service ritualisés du thé, à partir du matcha (thé en poudre).
Cette tradition a d'abord été pratiquée par la noblesse et les chefs guerriers vers le 12ème siècle, avant de voir ses règles petits à petits établies pour arriver, grâce au grand maître Sen-no-Rikyu (1522-1591), à la forme du cérémonial pratiqué de nos jours.
Lors de sa prestation, Maître Kôrène Inoue s'est dite fière de contribuer à travers ces séances de démonstration à faire découvrir les traditions du Japon, notant que la Cha-no-yu illustre quatre principes fondamentaux de la philosophie nippone: harmonie (wa), respect (keï), pureté (seï) et sérénité (jyaka).
Haruko Akaoka, responsable du service culturel à l'ambassade du Japon, a, pour sa part, mis l'accent sur la portée symbolique des cérémonies du thé aussi bien au Maroc qu'au Japon, lesquelles sont étroitement liées à l'hospitalité, valeur que les deux pays ont en partage.
Lors d'une cérémonie japonaise du thé qui, selon la saison, peut se dérouler aussi bien à l'intérieur qu'à l'extérieur de la maison, l'hôte et ses convives sont tous habillés de kimonos.
Les invités prennent place, agenouillés, sur un tatami (partie gauche) après l'admiration de la décoration tandis que le maître des lieux, assis en face, se concentre sur la réalisation du thé, utilisant l'eau chauffée dans une bouilloire en fer sur un feu de charbon de bois.
Une cérémonie de thé protocolaire complète comprend un repas (chakaiseki) et deux services de thé (koicha et usucha) et dure environ quatre heures, pendant lesquelles l'hôte s'engage corps et âme dans la création d'une occasion conçue pour apporter un plaisir esthétique, intellectuel et physique ainsi qu'une tranquillité d'esprit à ses invités.
Pour y parvenir, l'hôte, homme ou femme, peut passer des décennies afin de maîtriser non seulement les procédures mesurées pour servir le thé devant ses invités, mais aussi pour apprendre à apprécier l'art, les objets d'art, la poésie et la calligraphie, à préparer des compositions florales, à cuisiner et à prendre soin du jardin. Il s'agit également pour lui d'un apprentissage en matière de grâce, d'attention et de prévenance aux besoins d'autrui.
MAP
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