Actualité Maroc : Le site de la palmeraie, un patrimoine en péril
Chaire Unesco en Paysage et Environnement : le site de la palmeraie, un patrimoine en péril
La question du paysage a longtemps été tenue, dans notre pays, pour quantité négligeable et si elle s'impose désormais, c'est que les mutations brutales que nous vivons, dans notre cadre de vie nous l'imposent.
L'organisation par la Faculté des Lettres et des Sciences Humaines du premier workshop de la Chaire Unesco en Paysage et Environnement autour de la palmeraie, du 25 novembre au 4 décembre 2004, en partenariat avec deux institutions marocaines (l'Ecole Nationale d'Architecture et l'Institut Agronomique et vétérinaire Hassan II) et l'Université de Montréal (lieu de domiciliation de la Chaire) avec le concours de 5 autres institutions à travers le monde (Université libanaise de Beyrouth, Université de Rome La Sapienza, Université Méditerranéenne de Reggio Calabria, Université Polytechnique de Catalunya, Barcelone, Université Technique de Vienne), en témoigne largement.
Face à la situation pour le moins dramatique que vit la palmeraie, une mobilisation internationale de chercheurs pluridisciplinaires était nécessaire. En effet, des transformations parfois irréversibles affectent, chaque jour, ce site pourtant classé et protégé depuis de très longues décennies.
Consubstantielle à l'histoire de la ville, la palmeraie subit, en effet, de plus en plus, un processus d'urbanisation effréné qui ne fait que s'amplifier, en dépit du bon sens, car ce site est non seulement fondateur de la ville mais il en est emblématique. Peut-on, en effet, concevoir Marrakech, sa palmeraie ?
Aujourd'hui que par négligence, des bâtisses opulentes et un tourisme haut de gamme grignotent chaque jour de son espace vital (en soixante dix ans, elle a perdu neuf mille hectares soit 60% de sa superficie dite classée et protégée), ce workshop tente de réfléchir à son devenir, sachant qu'il s'agit de la seule oasis occupant la partie nord du Haut Atlas et qu'elle est donc le jardin par excellence de la cité de Marrakech.
En fait, un site comme la palmeraie nous ramène aux valeurs fondamentales de notre société, aux usages de ceux qui l'ont façonné depuis des siècles. Loin de toute approche technicienne, il doit donc être appréhendé à travers les rêves, les désirs, les aspirations de ceux qui l'ont modelé chaque jour par leur regard et leur vécu.
C'est pourquoi, toute intervention sur un tel site doit nécessairement prendre en compte cette dimension anthropologique, avant toute dimension économique, car l'une prime sur l'autre.
La palmeraie est donc avant tout un enjeu patrimonial de premier plan. Pourtant malgré les mesures de protection existantes, celle-ci reste plus menacée que jamais car pour nombre de responsables, les impératifs de développement et d'urbanisation priment sur le reste.
Certes, il ne s'agit pas de la muséifier, tout paysage est par définition évolutif et on ne peut le figer sans risquer de le dénaturer. Notre objectif ne vise pas à réduire la palmeraie à l'état de fossile, nous reliant à la mémoire d'un monde révolu, mais à travers ce workshop, de réfléchir à une autre regard, une autre approche du site, qui intègre harmonieusement, toutes ses dimensions historique et patrimoniale, économique et environnementale…
Seul un dialogue ininterrompu et une véritable pratique de l'interdisciplinarité permettront d'identifier et de poser justement les problèmes, d'élaborer ensemble de possibles alternatives à la situation dramatique que vit actuellement cette palmeraie.
Grâce au réseau constitué par la Chaire Unesco en paysage et Environnement, la Faculté des Lettres et Sciences Humaines de Marrakech, entend poursuivre, dans les jours à venir, en compagnie de tous les institutions partenaires engagées, une réflexion élargie qui pourrait permettre d'enrayer la dégradation actuelle du site et de préserver ce qui peut encore l'être de cette fameuse palmeraie, notamment son marais, qui aux yeux de beaucoup de chercheurs éminents (en particulier ceux du Muséum d'Histoire naturelle de Marrakech), constitue, un site d'intérêt biologique et écologique de premier plan.
Source : Le Matin
La question du paysage a longtemps été tenue, dans notre pays, pour quantité négligeable et si elle s'impose désormais, c'est que les mutations brutales que nous vivons, dans notre cadre de vie nous l'imposent.
L'organisation par la Faculté des Lettres et des Sciences Humaines du premier workshop de la Chaire Unesco en Paysage et Environnement autour de la palmeraie, du 25 novembre au 4 décembre 2004, en partenariat avec deux institutions marocaines (l'Ecole Nationale d'Architecture et l'Institut Agronomique et vétérinaire Hassan II) et l'Université de Montréal (lieu de domiciliation de la Chaire) avec le concours de 5 autres institutions à travers le monde (Université libanaise de Beyrouth, Université de Rome La Sapienza, Université Méditerranéenne de Reggio Calabria, Université Polytechnique de Catalunya, Barcelone, Université Technique de Vienne), en témoigne largement.
Face à la situation pour le moins dramatique que vit la palmeraie, une mobilisation internationale de chercheurs pluridisciplinaires était nécessaire. En effet, des transformations parfois irréversibles affectent, chaque jour, ce site pourtant classé et protégé depuis de très longues décennies.
Consubstantielle à l'histoire de la ville, la palmeraie subit, en effet, de plus en plus, un processus d'urbanisation effréné qui ne fait que s'amplifier, en dépit du bon sens, car ce site est non seulement fondateur de la ville mais il en est emblématique. Peut-on, en effet, concevoir Marrakech, sa palmeraie ?
Aujourd'hui que par négligence, des bâtisses opulentes et un tourisme haut de gamme grignotent chaque jour de son espace vital (en soixante dix ans, elle a perdu neuf mille hectares soit 60% de sa superficie dite classée et protégée), ce workshop tente de réfléchir à son devenir, sachant qu'il s'agit de la seule oasis occupant la partie nord du Haut Atlas et qu'elle est donc le jardin par excellence de la cité de Marrakech.
En fait, un site comme la palmeraie nous ramène aux valeurs fondamentales de notre société, aux usages de ceux qui l'ont façonné depuis des siècles. Loin de toute approche technicienne, il doit donc être appréhendé à travers les rêves, les désirs, les aspirations de ceux qui l'ont modelé chaque jour par leur regard et leur vécu.
C'est pourquoi, toute intervention sur un tel site doit nécessairement prendre en compte cette dimension anthropologique, avant toute dimension économique, car l'une prime sur l'autre.
La palmeraie est donc avant tout un enjeu patrimonial de premier plan. Pourtant malgré les mesures de protection existantes, celle-ci reste plus menacée que jamais car pour nombre de responsables, les impératifs de développement et d'urbanisation priment sur le reste.
Certes, il ne s'agit pas de la muséifier, tout paysage est par définition évolutif et on ne peut le figer sans risquer de le dénaturer. Notre objectif ne vise pas à réduire la palmeraie à l'état de fossile, nous reliant à la mémoire d'un monde révolu, mais à travers ce workshop, de réfléchir à une autre regard, une autre approche du site, qui intègre harmonieusement, toutes ses dimensions historique et patrimoniale, économique et environnementale…
Seul un dialogue ininterrompu et une véritable pratique de l'interdisciplinarité permettront d'identifier et de poser justement les problèmes, d'élaborer ensemble de possibles alternatives à la situation dramatique que vit actuellement cette palmeraie.
Grâce au réseau constitué par la Chaire Unesco en paysage et Environnement, la Faculté des Lettres et Sciences Humaines de Marrakech, entend poursuivre, dans les jours à venir, en compagnie de tous les institutions partenaires engagées, une réflexion élargie qui pourrait permettre d'enrayer la dégradation actuelle du site et de préserver ce qui peut encore l'être de cette fameuse palmeraie, notamment son marais, qui aux yeux de beaucoup de chercheurs éminents (en particulier ceux du Muséum d'Histoire naturelle de Marrakech), constitue, un site d'intérêt biologique et écologique de premier plan.
Source : Le Matin
Casafree.com le 5/12/2004 4:03:21
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