Actualité Afrique : Le Cameroun deuxième pays africain après le Togo à réviser ses accords de défense avec la France
Le Cameroun est devenu jeudi le deuxième pays africain après le Togo, à réviser ses accords de défense vieux de 35 ans avec la France.Au palais présidentiel à Yaoundé en présence du président camerounais Paul Biya et du Premier ministre français François Fillon, le ministre camerounais de la Défense, Remy Ze Meka, et le secrétaire d'Etat français chargé de la Défense et des Anciens combattants, Jean-Marie Bockel, ont signé un nouvel accord de défense qui, selon ses propres termes, se substitue à ceux signés entre les deux pays en 1974.
Cet accord tourne la page de "l'assistance militaire" pour consacrer "le partenariat", selon une note d'information rendue publique par le ministère camerounais des Relations extérieures.
Il s'agit du témoignage d'"une relation de coopération nouvelle ne reposant plus sur une assistance militaire, mais sur un partenariat de défense et de sécurité, et revêtant une dimension à la fois régionale et européenne".
Le nouvel accord "précise dans un esprit de réciprocité les objectifs et les principes du partenariat institué en matière de défense dans un cadre juridique rénové", souligne un communiqué publié par l'ambassade de France à Yaoundé.
"Il couvre plusieurs domaines, le principal étant celui de la coopération militaire technique qui s'ouvre vers la construction de l'architecture de paix et de sécurité dans le cadre du partenariat stratégique entre l'Union européenne (UE) et l'Union africaine (UA) signé à Lisbonne en décembre 2007", selon le texte.
Le partenariat stratégique entre l'UE et l'UA a permis la formation de 15.800 militaires africains par les armées françaises au cours des deux dernières années. 10.200 d'entre eux, issus de 13 pays différents, ont servi dans une opération de maintien de la paix sur le continent. Tandis que les 5.600 autres, représentant 27 pays, ont été formés au profit de la future Force africaine en attente, prévue d'être opérationnelle au premier semestre 2010.
A en croire M. Fillon, la logique concourt à "aider l'Afrique à batir son propre système de sécurité collective". Autrement dit, à l'amener à devenir maître de son destin, en mettant en place une véritable "africanisation" de règlement des conflits.
Le nouvel accord de défense envisage le partage d'informations en vue de la sécurité nationale et régionale, ainsi que la possibilité de conduire des activités bilatérales. Il accorde aux forces françaises engagées sur des théatres d'opérations proches du Cameroun, des facilités en termes de stationnement et de statut du personnel.
Selon M. Fillon, les deux pays peuvent utilement approfondir cette coopération dans le domaine de la sécurité en mer, puisque " le Cameroun est victime d'un pillage illégal de ses ressources halieutiques, de phénomènes de banditisme, de contrebande, de trafics d'armes et de drogues par voie de mer".
Dans une communication à l'Institut des relations internationales du Cameroun (IRIC), M. Fillon a indiqué que "c'est un texte intégralement public" et qu'il sera validé par le Parlement français.
Les détails de l'accord seront communiqués à l'opinion publique, après le vote à l'Assemblée nationale française lors d'une prochaine session, a assuré à Xinhua une source diplomatique de l'ambassade de France.
Dans un discours le 28 février 2008 devant le Parlement sud- africain au Cap, le président français Nicolas Sarkozy avait annoncé une vision politique prévoyant la révision des accords de défense passés par la France avec ses ex-colonies africaines au lendemain des indépendances.
Cette politique a été concrétisée pour la première fois en mars à Lomé, au Togo.
Egalement inscrit au registre comme le Sénégal, la Côte d'Ivoire, le Gabon, les Comores, Djibouti, et la République centrafricaine, le Cameroun est cité comme le premier pays de coopération militaire de la France en Afrique, au plan financier et en nombre d'hommes. Bien qu'il n'abrite pas de base militaire française sur son territoire.
Xinhua
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