Culture : Cameroun : Les Camerounais manifestent de plus en plus d'intérêt pour la langue chinoise
"Nous accueillons de plus en plus d'élèves, issus de milieux divers", a déclaré à Xinhua Mme Zhang Xiaozhen, directrice adjointe de l'Institut Confucius à Yaoundé.Le dernier témoignage : le "Concours de la langue chinoise pour étudiants étrangers", organisé mercredi dans la capitale camerounaise, a suscité beaucoup d'intérêt parmi les Camerounais.
Les enseignements du chinois ont commencé en 1996 à Yaoundé, avec l'ouverture du Centre d'apprentissage de la langue et de la civilisation chinoise à l'Institut des relations internationales du Cameroun (IRIC), au sein de l'Université de Yaoundé II.
Au départ, les cours se limitaient aux étudiants de l'institution. L'ouverture au public a eu lieu cinq ans plus tard, et les premiers effectifs apparaissaient faibles.
"Les effectifs étaient négligeables. Pour l'essentiel, c'était des enfants âgés de cinq à sept ans, et quelques hommes d'affaires", se rappelle l'enseignante Pauline Zang Atangana épouse Abena.
Mme Abena est le premier professeur camerounais de langue et de civilisation chinoise. Elle tient ce rôle depuis 2000, après une formation de deux ans en Chine.
L'Institut Confucius, une institution spécialisée dans la promotion de la langue et de la culture chinoises hors du territoire chinois, a installé une branche en novembre 2007 à Yaoundé, en remplacement du Centre d'apprentissage de la langue et de la civilisation chinoise. Cette démarche découle d'une coopération entre l'Université de Yaoundé II et l'Université normale de Zhejiang de Chine.
Selon Mme Zhang, l'Institut Confucius à Yaoundé est aujourd'hui doté de cinq professeurs chinois, dont deux titulaires, deux volontaires et une vacataire. S'y ajoutent trois Camerounais, dont deux titulaires et un vacataire.
Cette équipe est chargé de dispenser quatre types d'enseignements : des cours ordinaires programmés trois fois par semaine, des cours intensifs prévus cinq fois par semaine, des cours de vacances d'une durée de huit semaines et des cours intensifs en Chine pour la même durée.
"Nous sommes submergés, les effectifs d'élèves ne cessent d'augmenter. Nous encadrons actuellement 40 étudiants à l'Institut. En plus, nous avons 150 étudiants de l'IRIC en cycle master à former, puis plus 100 autres de l'Université de Yaoundé II", a précisé Mme Zhang.
Mercredi, un groupe de 14 étudiants de l'Université de Maroua, nouvellement créée dans la région de l'Extrême-Nord du pays, a signalé sa présence. En 2008, 100 élèves professeurs de l'Ecole normale supérieure (ENS) de l'Université de Yaoundé I y ont été reçus.
"L'Institut accueille aussi des hommes d'affaires, des cadres de l'administration camerounaise et d'autres professionnels du secteur privé", a ajouté Mme Zhang.
A l'initiative d'un promoteur d'établissement privé, l'Institut Confucius a ouvert, fin mars, une antenne à Douala, la métropole économique camerounaise. Une dizaine d'inscriptions est comptée, en majorité des fonctionnaires de la douane.
"Je suis opérateur économique et je travaille avec des partenaires chinois depuis une dizaine d'années. En 2005, j'avais ramené de la Chine des manuels scolaires pour les élèves de mon établissement. Je les faisais encadrer de manière informelle par des amis chinois", a affirmé à Xinhua Bertin Patégou.
Ces dernières années, les Camerounais sont attirés par l'expansion économique de la Chine, pays devenu pour certains d'entre eux une destination privilégiée pour leurs études universitaires et pour d'autres, un pôle d'attraction pour les relations d'affaires.
Artiste plasticien, le professeur Kouam Tawadje se présente comme le premier Africain à soutenir un master en arts en Chine et le premier étranger à le soutenir entièrement dans la langue chinoise. Interprète également de cette langue, il est diplômé de l'Académie des arts dramatique et de l'Académie des beaux-arts de Chine.
"J'aime cette langue-là. Elle présente beaucoup de similitudes avec les langues africaines", a confié Léopold Nzeusseu, inscrit depuis janvier aux cours ordinaires de l'Institut Confucius.
"Dans mon métier d'informaticien et d'électronicien, le pôle de développement est incontournable. Je voudrais comprendre les mécanismes que les Chinois ont utilisés pour leur développement, tout en préservant leur identité culturelle", a expliqué Nzeusseu.
"Au-delà des cultures qui se sont installées ici, la Chine nous offre d'autres perspectives de partenariats", souligne pour sa part Serge Edjoa, bénévole à l'Institut.
Par Raphaël MVOGO
Partager cette article sur Facebook
Les articles publiés sur le webzine Casafree.com sont sous copyright Casafree.com et nos agences de presse partenaires Panapress, PRN, et Xinhua sauf mention contraire. Toute reproduction même partielle des articles sans leur accord écrit est strictement interdite.
Article précédent: La création des FAR, une étape phare de l'édification du Maroc moderne
Article suivant: L'adhésion du Maroc au centre Nord-Sud du Conseil de l'Europe , une volonté de renforcer l'entente entre les peuples
Les commentaires appartiennent à leurs auteurs. Nous ne sommes pas responsables de leur contenu.
| Auteur | Conversation |
|---|






