Environnement : Environnement : le Maroc promeut proximité et réconciliation des approches juridique et économique
Conscient des menaces que représente la dégradation de l'environnement et des opportunités qu'offre une gestion durable et responsable des ressources naturelles, le Maroc a opté pour la diversification des axes de sa politique environnementale en réconciliant notamment les approches économique et juridique et en prônant une action de proximité.La sixième session du Conseil national de l'environnement (CNE) se tiendra lundi à Rabat sous le thème "les instruments institutionnels, juridiques et financiers pour une gestion efficiente de l'environnement".
Constitue l'enceinte idoine de coordination, de concertation et de formulation de nouvelles politiques environnementales, au vu de la diversité des partenaires et des acteurs (ministères, ONG, Instituts scientifiques etc.) que regroupe le conseil et en raison de la complexité et la richesse de la problématique environnementale.
Traitement des eaux usées urbaines et industrielles et leur réutilisation, la gestion des déchets ménagers selon les règles de l'art, l'élaboration des normes concernant les émissions et les rejets pour le contrôle en particulier des polluants industriels, la protection efficace des bassins versants contre la pollution et la lutte contre la désertification, sont autant de défis qui pèsent énormément sur l'environnement au Maroc.
Selon des chiffres du département de l'environnement, le coût de dégradation de l'environnement est estimé à 3,7% du PIB, soit 13 milliards dirhams (MMDH), alors que le coût nécessaire pour éviter ladite dégradation est de l'ordre de 1,8% du PIB. La dépense nationale en faveur de l'environnement ne dépasse guère 0,7% du PIB.
Ces chiffres témoignent du grand déficit en ressources financières publiques destinées à assurer le maintien et la restauration de la qualité de l'environnement.
Pour assurer la protection de l'environnement et/ou restaurer sa qualité aux niveaux régional et local, le secrétariat d'Etat chargé de l'Eau et de l'Environnement a opté pour la diversification des axes de sa politique environnementale en réconciliant, notamment, les approches économique et juridique et en mettant en place une nouvelle orientation stratégique basée sur l'action de proximité.
Ainsi, plusieurs programmes d'environnement et de développement durable ont été mis en oeuvre en partenariat avec les acteurs locaux en vue de créer les synergies, d'optimiser les ressources et d'assurer la complémentarité et la cohérence des actions engagées dans une perspective d'un développement harmonieux au niveau de la région.
Il s'agit notamment du programme national d'assainissement liquide, du programme national de gestion des déchets ménagers et assimilés, du programme d'amélioration du cadre de vie des populations et du programme national de protection et de valorisation de la biodiversité.
Jusqu'à présent, les instruments règlementaires et législatifs occupent une place centrale dans la politique environnementale nationale. Néanmoins, cette approche juridique ne peut, à elle seule, faire face à l'ampleur des dommages infligés à l'environnement, et il est nécessaire qu'elle soit couplée à une démarche économique.
Aux côtés de plusieurs instruments d'incitation économique au service de l'environnement qui sont déjà mis en place, tels le Fonds de dépollution industrielle (FODEP) et le Fonds national pour la protection et la mise en valeur de l'environnement (FNE), le département de l'environnement estime que la préservation de l'environnement et l'allègement de la dépense publique environnementale requièrent la mobilisation d'autres instruments économiques, notamment les subventions, les quotas négociables ou transférables et les cautions de bonne fin.
Ces instruments économiques, en plus des mécanismes fiscaux qui visent à modifier le comportement des agents économiques en faveur de la préservation de l'environnement, sont de nature à internaliser les coûts des dommages environnementaux causés par les diverses activités économiques et produiraient une double dividende et ce, en faisant apparaitre un bénéfice environnemental et un gain économique.
Le temps de l'antagonisme entre l'économique et l'environnemental est révolu, l'environnement au 21ème siècle est un marché à investir, un moteur de croissance, une source de prospérité, un secteur que le Maroc a érigé en axe majeur des préoccupations du développement socio-économique et une locomotive dans les domaines de l'innovation et de la création des opportunités d'emploi.
MAP
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