Sciences : Voiture : la révolution hydrogène
Vue d’Europe, la voiture à Hydrogène ne serait qu’un gadget. Un coup de pub des constructeurs ! Mais pendant que les Européens ricanent, ce type de voiture sera bientôt sur les routes de Californie. Les Etats-Unis risquent bien de prendre, encore une fois, une belle longueur d’avance.
Avant de partir aux USA, l’ambiance était un peu goguenarde au bureau. « Mais qu’est-ce qu’ils nous racontent encore nos amis Américains, avec cette voiture zéro émission… Une voiture qui rejette de l’eau ? » : C’est une blague ! Dix jours plus tard, de retour à Genève, le sentiment a changé. Avec cette première évidence : ces voitures roulent. Et plutôt bien. Avec leur moteur électrique qui offre un maximum de couple au démarrage, elles laissent sur place la plupart des moteurs à essence. En 2004, la prise en main d’une voiture à hydrogène demande exactement… 2 minutes. A l’intérieur comme à l’extérieur, ces prototypes ressemblent à leurs cousines à essence. Une fois au volant : une accélération, un freinage. Et c’est tout : la révolution est assimilée. Ces « protos » sont juste un peu lourds mais c’est normal. Pour l’instant, les ingénieurs se sont contentés de greffer cette nouvelle technologie sur une plate-forme classique. Un peu comme les premiers moteurs à vapeur installés sur des châssis de diligence. Tout cela sera bientôt réglé. Ce n’est qu’une question de temps et de moyens. En Californie, huit constructeurs : Ford, GM, VW, Daimler-Chrysler, Hyunday, Toyota, Honda et Nissan ont décidé d’allier leurs forces pour développer leurs véhicules. Ensemble, ils sont en train de d’établir la future norme d’un système complet. Du stockage du carburant hydrogène à l’épaisseur des tuyaux, en passant par les station-services.
C’est la deuxième grande surprise de ce reportage. Techniquement, la voiture à hydrogène est quasiment au point. Bien entendu, il reste encore des problèmes. Comme l’autonomie, la résistance au froid ou la longévité de la pile à combustible chargée de transformer la réaction entre l’hydrogène du réservoir et l’oxygène de l’air ambiant en électricité. Rien d’insurmontable pour les ingénieurs du 21ème siècle.
Aujourd’hui, les constructeurs japonais sont en pointe. Toyota surtout, qui emploie mille personnes sur son projet hydrogène. Bientôt, tant d’argent aura été investi dans la recherche qu’il faudra rentabiliser cet investissement. Objectif des fabricants nippons : être prêts à investir le marché dans 10 ans.
Dans dix ans justement, les principales sociétés développées, les Etats-Unis, l’Europe, l’Asie, devront faire des choix fondamentaux en matière d’énergie. Avec l’explosion de la demande de marchés comme l’Inde ou la Chine, il n’est pas envisageable de continuer à tout miser sur les énergies fossiles. L’Hydrogène pourrait offrir une alternative intéressante. Mais dans dix ans, ses concurrents auront affiné leur stratégie.
Il paraît clair, désormais, que le choix des énergies du futur ne sera pas technologique, mais politique. Une bataille féroce pour le contrôle des transports est déjà engagée en sous-main. En Europe, les lobbies du diesel filtré ou des bio-carburants dénigrent le projet hydrogène. Chacun se positionne pour imposer sa technologie dans un proche avenir. Dans quel domaine seront investis les milliards de francs de la recherche ? Dans l’hydrogène, dans d’autres énergies renouvelables ou dans le nucléaire et l’optimisation des énergies fossiles ? Les acteurs actuels de l’économie mondiale, les plus puissants groupes pétroliers ou les fabricants d’automobiles, sont les seuls à posséder les ressources financières nécessaires. Par les règles qu’ils peuvent imposer aux marchés, les responsables politiques, leurs administrations, peuvent peser sur ces choix. En Californie, quoi qu’on puisse en penser, un nouvelle direction a été tracée. Bientôt, là-bas, la route ne sera plus la même. Et en Europe ? En Suisse, comme dans les pays de l’Union, on hésite. Du temps perdu qui risque d’être difficile à rattraper.
Bernard Genier
Source : tsr.ch
Avant de partir aux USA, l’ambiance était un peu goguenarde au bureau. « Mais qu’est-ce qu’ils nous racontent encore nos amis Américains, avec cette voiture zéro émission… Une voiture qui rejette de l’eau ? » : C’est une blague ! Dix jours plus tard, de retour à Genève, le sentiment a changé. Avec cette première évidence : ces voitures roulent. Et plutôt bien. Avec leur moteur électrique qui offre un maximum de couple au démarrage, elles laissent sur place la plupart des moteurs à essence. En 2004, la prise en main d’une voiture à hydrogène demande exactement… 2 minutes. A l’intérieur comme à l’extérieur, ces prototypes ressemblent à leurs cousines à essence. Une fois au volant : une accélération, un freinage. Et c’est tout : la révolution est assimilée. Ces « protos » sont juste un peu lourds mais c’est normal. Pour l’instant, les ingénieurs se sont contentés de greffer cette nouvelle technologie sur une plate-forme classique. Un peu comme les premiers moteurs à vapeur installés sur des châssis de diligence. Tout cela sera bientôt réglé. Ce n’est qu’une question de temps et de moyens. En Californie, huit constructeurs : Ford, GM, VW, Daimler-Chrysler, Hyunday, Toyota, Honda et Nissan ont décidé d’allier leurs forces pour développer leurs véhicules. Ensemble, ils sont en train de d’établir la future norme d’un système complet. Du stockage du carburant hydrogène à l’épaisseur des tuyaux, en passant par les station-services.
C’est la deuxième grande surprise de ce reportage. Techniquement, la voiture à hydrogène est quasiment au point. Bien entendu, il reste encore des problèmes. Comme l’autonomie, la résistance au froid ou la longévité de la pile à combustible chargée de transformer la réaction entre l’hydrogène du réservoir et l’oxygène de l’air ambiant en électricité. Rien d’insurmontable pour les ingénieurs du 21ème siècle.
Aujourd’hui, les constructeurs japonais sont en pointe. Toyota surtout, qui emploie mille personnes sur son projet hydrogène. Bientôt, tant d’argent aura été investi dans la recherche qu’il faudra rentabiliser cet investissement. Objectif des fabricants nippons : être prêts à investir le marché dans 10 ans.
Dans dix ans justement, les principales sociétés développées, les Etats-Unis, l’Europe, l’Asie, devront faire des choix fondamentaux en matière d’énergie. Avec l’explosion de la demande de marchés comme l’Inde ou la Chine, il n’est pas envisageable de continuer à tout miser sur les énergies fossiles. L’Hydrogène pourrait offrir une alternative intéressante. Mais dans dix ans, ses concurrents auront affiné leur stratégie.
Il paraît clair, désormais, que le choix des énergies du futur ne sera pas technologique, mais politique. Une bataille féroce pour le contrôle des transports est déjà engagée en sous-main. En Europe, les lobbies du diesel filtré ou des bio-carburants dénigrent le projet hydrogène. Chacun se positionne pour imposer sa technologie dans un proche avenir. Dans quel domaine seront investis les milliards de francs de la recherche ? Dans l’hydrogène, dans d’autres énergies renouvelables ou dans le nucléaire et l’optimisation des énergies fossiles ? Les acteurs actuels de l’économie mondiale, les plus puissants groupes pétroliers ou les fabricants d’automobiles, sont les seuls à posséder les ressources financières nécessaires. Par les règles qu’ils peuvent imposer aux marchés, les responsables politiques, leurs administrations, peuvent peser sur ces choix. En Californie, quoi qu’on puisse en penser, un nouvelle direction a été tracée. Bientôt, là-bas, la route ne sera plus la même. Et en Europe ? En Suisse, comme dans les pays de l’Union, on hésite. Du temps perdu qui risque d’être difficile à rattraper.
Bernard Genier
Source : tsr.ch
Casafree.com le 2/12/2004 5:59:48
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