Médias : Koweit - Médias : La doyenne des journalistes koweïtiennes voue une affection sans bornes au Maroc
Mouna Taleb Daham, célèbre aminatrice d'une émission de la radio koweitienne "baqaya el laïl" (restes de la nuit), qu'elle présente sans discontinuer depuis 1975, voue une affection sans bornes au Maroc. Sentiment qu'elle a réussi à faire partager par ses auditeurs, à force d'évoquer le patrimoine artistique et musical marocain et toutes les réminiscences qui revoient aux cachets traditionnels des villes impériales comme Fès et Marrarech.Sa façon de décrire l'ambiance qui imprègne les médinas de Marrakech et de Fès, le climat méditerranéen de Tanger.
Les caractéristiques de la musique locale, dénote, chez la journaliste -dont le nom est associé à la création de la radio koweïtienne en 1964-, une véritable passion pour le Maroc qu'elle avait visité à plusieurs reprises.
"Le repértoire de Jil Jilala et de Nass El Ghiwane a laissé une grande empreinte dans le patrimoine marocain et a valu aux deux groupes de passer dans le registre des inoubliables", martèle la journaliste, dans un entretien accordé à la MAP, en marge d'une réception offerte par Cheikha Fariha al Ahmad as Sabah, présidente de la commission supérieure du concours de la femme idéale, en l'honneur de la délégation de femmes marocaines en visite actuellement au Koweït.
Elle ne cache pas son admiration pour le patrimoine national de chants et musiques, qui tire son authenticité, sa richesse, et sa singularité de la fibre artistique marocaine, affirme-t-elle.
La journaliste rappelle dans ce cadre que l'empreinte du génie marocain est toujours présente notamment en Andalousie, notant que tout amateur des arts ne peut qu'être impressionné par l'architecture islamique en terre marocaine et ibérique, où l'apport de l'artiste marocain est indéniable (architecture, sculpture, arabesques, mosaïque).
Mouna Taleb Daham, qui a réalisé plusieurs reportages sur le patrimoine marocain, estime qu'en dépit de l'éloignement, il existe entre le Koweït et le Maroc une "proximité spirituelle" que reflètent les influences réciproques et l'interaction de leurs cultures. Cette proximité, dit-elle, est clairement apparente dans les arts, les rythmes, les oeuvres musicales individuelles et collectives et les productions artisanales.
Mouna Taleb Daham, qui se voue aussi à la promotion de la femme arabe dans le domaine médiatique, souligne que les femmes arabes journalistes sont appelées à valoriser l'image de la gent féminine au niveau du monde arabe et à contribuer à la réalisation de ses apsirations.
La journaliste Mouna Taleb Daham avait démarré son parcours professionnel, il y a 33 ans, par l'émission "baqaya el laïl", diffusée quotidiennement sur les ondes de la radio koweïtienne, à partir de minuit jusqu'à 1 heure du matin. L'émission berce l'auditeur dans une ambiance meublée par la poésie arabe aux relents énivrants, avec des séquences musicales tirées du répertoire arabe authentique, agrémentées d'évocations édifiantes.
"L'auditeur a besoin de terminer sa journée sur des notes spirituelles le touchant en profondeur, ce qui l'aide à retrouver sérénité avant le sommeil ... sans recours aux somnifères", relève pertinemment Mme Daham, qui ambitionne, à travers son émission, de perpétuer le cachet authentique de la chanson arabe.
La journaliste rassure, par ailleurs, que le sens de l'esthétique dans le monde arabe "se porte bien", même s'il a, quelque peu, été altéré par des influences "exogènes" sous l'effet de la modernisation et de l'apport de Internet et autres technologies de l'information et de la communication. "Au point que même la radio a perdu de son rayonnement et son attractivité", dit-elle.
La journaliste déplore, à ce propos, que son émission "baqaya el lail", qui bénéficiait d'une large audience dans les pays du Golfe, voit son auditoire se rétrécir. "Elle n'est plus suivie que par des gens en voiture", précise-t-elle, ajoutant que l'engouement pour la radio se fait rare. "L'auditeur a vu son comportement changer sous l'effet d'une ouverture incontrôlée", conclut-elle.
Par Lamiae Daka
MAP
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