Médias : Poursuites et saisie à l'encontre de médias de l'opposition en Tunisie
Les autorités tunisiennes ont engagé des poursuites judiciaires contre la journaliste dissidente Sihem Ben Sédrine pour avoir lancé une radio indépendante baptisée "Kalima" (parole) "sans autorisation légale", a-t-on appris samedi de source officielle à Tunis.Le parquet a ouvert une enquête judiciaire contre Mme Ben Sédrine et "toute autre personne" qui serait impliquée dans "cette affaire", précise la même source, dans un communiqué transmis à la PANA.
Lundi dernier, la journaliste, connue pour ses critiques virulentes contre le régime du président Zine el Abidine Ben Ali, avait entamé la diffusion de sa station installée dans l'appartement qui abrite, au centre de la capitale, la rédaction du magazine en ligne du même nom qu'elle dirige elle-même, mais qui est inaccessible.
"Le juge d'instruction en charge de l'affaire s'est rendu sur les lieux où il a saisi les équipements et les instruments servant à la production et à la diffusion illégale de la radio", ajoute le communiqué.
Selon des sources concordantes, les locaux de la radio sont fermés depuis son lancement par les forces de police. Elles ont fait état de l'interpellation d'un journaliste et de l'agression d'un invité de la radio interdite.
En réaction, le Syndicat tunisien des Radios Libres (non reconnu) a appelé les autorités à lever le blocus autour du siège de Radio Kalima.
Dans un communiqué parvenu à la PANA, il "exige du pouvoir d'arrêter le harcèlement de ses journalistes" et l'"invite à réviser la législation régissant le secteur, conformément aux normes internationales".
De son côté, l'organisation Reporters sans frontières (RSF) a "condamné fermement le blocus des locaux de la jeune radio indépendante", dénonçant ce qu'elle considère comme "une entrave à la liberté de la presse".
Par ailleurs, un hebdomadaire d'un parti de l'opposition légale "Attarik Al- Jadid (La Nouvelle voix) devant paraître samedi, a été saisi par les autorités pour "violation du Code de la presse", a annoncé une source gouvernementale.
Selon la même source, il est reproché au journal, organe du mouvement Attajdid (Le Renouveau), d'avoir "enfreint les articles 63 et 73 du Code de la presse qui interdisent la publication des actes de procédure pénale".
Dans le numéro saisi, l'hebdomadaire publiait l'interrogatoire d'un dirigeant du mouvement de protestation sociale qui a donné lieu l'an dernier à des troubles violents dans le bassin minier de Gafsa, dans le sud-ouest tunisien.
Le prévenu, qui a été condamné en première instance à 10 ans de prison ferme, doit comparaître mardi prochain devant la Cour d'appel, en même temps qu'une trentaine de co-inculpés.
Panapress
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