Actualité Maroc : Royaume-Uni : Longtemps épargné, le pays rattrapé par la violence islamiste
Confronté à l'IRA mais épargné pendant des années par les djihadistes, le Royaume-Uni a été rattrapé par la violence islamiste, essentiellement à cause de son engagement aux côtés des Etats-Unis en Irak, estiment des experts.
"Pendant des années, la Grande-Bretagne a été un lieu de recrutement pour les djihadistes", souligne Magnus Ranstorp, directeur-adjoint du Centre d'études du terrorisme et de la violence politique à l'université de St Andrews, en Ecosse.
"Mais, dit-il, la situation est plus difficile pour eux maintenant: la police dans ce pays a été très efficace, avec plus de 700 suspects arrêtés depuis le 11 septembre 2001". Pour Alain Bauer, criminologue et co-auteur du récent ouvrage "L'énigme Al-Qaïda", "nous avons assisté jeudi à la fin officielle du +Londonistan+, qui consistait à leur dire 'Faites ailleurs ce que vous voulez, mais pas chez nous'. C'est la fin du sanctuaire anglais".
A l'étranger, en particulier en France et aux Etats-Unis, la tolérance apparente envers les mouvements islamistes radicaux et leurs représentants sur le sol anglais était mal perçue. "Il y avait un modus vivendi qui a duré longtemps, trop longtemps à notre goût à nous Français", assure Alain Chouet, un ancien cadre de la Direction générale de la sécurité extérieure (DGSE, services de renseignement français).
"Les Anglais avaient sanctuarisé leur territoire en disant: 'vous faites ce que vous voulez chez nous à condition que ce ne soit pas contre nous'. Cela a commencé à s'arrêter après le 11 septembre, et encore plus après Madrid". Mais Jean-Luc Marret, chercheur à la Fondation pour la recherche stratégique, estime que "le 'Londonistan' était tout sauf du laxisme: dans la bonne tradition du renseignement britannique, ils toléraient deux ou trois abcès de fixation, comme la fameuse mosquée de Finsbury Park (dans le nord de Londres), mais c'était le moyen de mieux surveiller ce qui se passait".
"Avec le durcissement de la législation, les arrestations, les fermetures de lieux de culte, tout un tas de types sont partis dans la nature, passés dans la clandestinité". Les attentats aux Etats-Unis en 2001, puis à Madrid en 2004, mais surtout le ferme engagement de Tony Blair aux côtés de George Bush ont sonné le glas de cette politique.
"Nous assistons à une répercussion directe de l'Irak, assure Magnus Ranstorp. Nous payons le soutien aux Etats-Unis, l'envoi des troupes britanniques en Irak. Tout cela a fait monter la Grande-Bretagne en tête de liste des cibles djihadistes". Pour Alain Chouet, les pays impliqués sur le terrain en Irak sont dans le "collimateur. L'Irak a donné dans le monde arabe et musulman une légitimité à la lutte".
"La Grande-Bretagne a accumulé les handicaps: la participation à l'affaire irakienne, la tenue du G8 en Ecosse, qui assure un retentissement médiatique maximum, le début du procès (de l'imam radical britannique) Abou Hamza, l'incarcération des types à la prison de Belmarsh, qu'ils appellent 'le Guantanamo britannique'. Tout cela a créé un climat où il était possible de mobiliser un certain nombre de gens pour faire ce qui a été fait".
Jean-Luc Marret ajoute que "depuis quelques semaines, des infos remontaient d'Irak, qui disaient: 'la prochaine cible doit être Londres'. C'est un message à la mouvance djihadiste qui leur disait: 'allez-y quand vous pouvez'". Au cours des derniers mois, des réseaux de plus en plus sérieux avaient été démantelés dans le pays. Ainsi en mars 2004, neuf personnes avaient été arrêtées dans l'ouest de Londres et 600 kg d'engrais chimique à base de nitrate d'amonium, substance pouvant être transformée en un puissant explosif, avaient été saisis.
"La police anglaise est parvenue à déjouer officiellement trois tentatives sérieuses, précise M. Marret. Cela veut dire qu'il y en a eu peut-être davantage dont nous n'avons jamais entendu parler".
Source : AFP
"Pendant des années, la Grande-Bretagne a été un lieu de recrutement pour les djihadistes", souligne Magnus Ranstorp, directeur-adjoint du Centre d'études du terrorisme et de la violence politique à l'université de St Andrews, en Ecosse.
"Mais, dit-il, la situation est plus difficile pour eux maintenant: la police dans ce pays a été très efficace, avec plus de 700 suspects arrêtés depuis le 11 septembre 2001". Pour Alain Bauer, criminologue et co-auteur du récent ouvrage "L'énigme Al-Qaïda", "nous avons assisté jeudi à la fin officielle du +Londonistan+, qui consistait à leur dire 'Faites ailleurs ce que vous voulez, mais pas chez nous'. C'est la fin du sanctuaire anglais".
A l'étranger, en particulier en France et aux Etats-Unis, la tolérance apparente envers les mouvements islamistes radicaux et leurs représentants sur le sol anglais était mal perçue. "Il y avait un modus vivendi qui a duré longtemps, trop longtemps à notre goût à nous Français", assure Alain Chouet, un ancien cadre de la Direction générale de la sécurité extérieure (DGSE, services de renseignement français).
"Les Anglais avaient sanctuarisé leur territoire en disant: 'vous faites ce que vous voulez chez nous à condition que ce ne soit pas contre nous'. Cela a commencé à s'arrêter après le 11 septembre, et encore plus après Madrid". Mais Jean-Luc Marret, chercheur à la Fondation pour la recherche stratégique, estime que "le 'Londonistan' était tout sauf du laxisme: dans la bonne tradition du renseignement britannique, ils toléraient deux ou trois abcès de fixation, comme la fameuse mosquée de Finsbury Park (dans le nord de Londres), mais c'était le moyen de mieux surveiller ce qui se passait".
"Avec le durcissement de la législation, les arrestations, les fermetures de lieux de culte, tout un tas de types sont partis dans la nature, passés dans la clandestinité". Les attentats aux Etats-Unis en 2001, puis à Madrid en 2004, mais surtout le ferme engagement de Tony Blair aux côtés de George Bush ont sonné le glas de cette politique.
"Nous assistons à une répercussion directe de l'Irak, assure Magnus Ranstorp. Nous payons le soutien aux Etats-Unis, l'envoi des troupes britanniques en Irak. Tout cela a fait monter la Grande-Bretagne en tête de liste des cibles djihadistes". Pour Alain Chouet, les pays impliqués sur le terrain en Irak sont dans le "collimateur. L'Irak a donné dans le monde arabe et musulman une légitimité à la lutte".
"La Grande-Bretagne a accumulé les handicaps: la participation à l'affaire irakienne, la tenue du G8 en Ecosse, qui assure un retentissement médiatique maximum, le début du procès (de l'imam radical britannique) Abou Hamza, l'incarcération des types à la prison de Belmarsh, qu'ils appellent 'le Guantanamo britannique'. Tout cela a créé un climat où il était possible de mobiliser un certain nombre de gens pour faire ce qui a été fait".
Jean-Luc Marret ajoute que "depuis quelques semaines, des infos remontaient d'Irak, qui disaient: 'la prochaine cible doit être Londres'. C'est un message à la mouvance djihadiste qui leur disait: 'allez-y quand vous pouvez'". Au cours des derniers mois, des réseaux de plus en plus sérieux avaient été démantelés dans le pays. Ainsi en mars 2004, neuf personnes avaient été arrêtées dans l'ouest de Londres et 600 kg d'engrais chimique à base de nitrate d'amonium, substance pouvant être transformée en un puissant explosif, avaient été saisis.
"La police anglaise est parvenue à déjouer officiellement trois tentatives sérieuses, précise M. Marret. Cela veut dire qu'il y en a eu peut-être davantage dont nous n'avons jamais entendu parler".
Source : AFP
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