Société : Arrivée du deuxième bébé : Tact et patience s'imposent
On ne parlera jamais assez de ces couples marocains qui hésitent avant de décider de donner naissance à un deuxième bébé. Cependant qui dit plus d'enfants, dit aussi plus d'amour et d'attention à offrir. Si un adulte de 30 ans a toujours besoin de tendresse et d'amour parentaux, qu'en est-il d'un enfant de 5 ans qui vient d'avoir un nouveau concurrent ? Souvent, juste après la naissance du premier bébé, le couple songe déjà au deuxième fruit d'amour. Si certains appréhendent cette décision, d'autres n'hésitent surtout pas à succomber à la tentative, et ce, grâce à l'enrichissement qu'elle engendre sur le plan émotionnel de la famille. Décidément, on ne finira jamais de citer les avantages de la venue d'un deuxième bébé au sein de la famille.
Pédopsychiatre, Bouchaib Karroumi, confirme ce constat : «l'arrivée d'un deuxième enfant nourrit grandement la solidarité au sein de la petite famille. La naissance d'un bébé ne peut qu'être avantageuse, car elle consolide le couple. De plus, elle évite au premier enfant la solitude et surtout l'invivable sentiment d'être un fils ou une fille unique.
Et la liste des avantages reste longue…»
Cependant, le nouveau bébé n'apporte souvent pas que des avantages. Certains parents négligent involontairement le bouleversement psychique du premier-né, et le considère déjà comme «l'aîné», même s'il n'a que quatre ans. Si cette situation reste inconsciente chez le couple, elle est loin de l'être chez l'enfant «détrôné».
«Les parents doivent se méfier de la sensibilité de leur premier bébé. Celui-ci n'est pas censé comprendre la situation et n'est pas obligé non plus de la subir.
Cependant, il faudrait le combler de tendresse et lui expliquer que le tout-petit a besoin de plus de temps, de responsabilité et d'exigences que lui. Aussi, faut-il lui expliquer qu'il s'agit de son petit frère ou de sa petite sœur», éclaire le pédopsychiatre. D'un autre côté, l'atmosphère dans ce genre de foyers n'est pas toujours tendue. Certainement, l'arrivée d'un nouveau bébé est, dans la quasi-totalité des cas, un très heureux événement. L'on atteste probablement à des cas d'enfants qui attendent aussi impatiemment que la mère la venue du nouveau compagnon. Cela s'explique par l'envie d'avoir un frère ou une sœur avec qui jouer, voyager et partager les moments de bonheur. De même, il existe une sensation irremplaçable chez le jeune aîné, c'est justement le bonheur de présenter le deuxième bébé à l'entourage comme étant un nouveau membre de la famille. Autrement dit, cette sensation suffit, à elle seule, pour écarter toute éventuelle relation conflictuelle entre les deux petits.
Néanmoins, il existe une astuce pour chasser la jalousie chez le premier bout de chou. Il est question de le solliciter en tant que grand enfant à aider la mère ou la nourrice à s'occuper du bébé. Cette stratégie sert à créer chez le plus grand, le désir de protéger le petit chérubin.
En outre, beaucoup de mamans garantissent que même en cas d'excessive jalousie, il n'y a absolument rien à craindre. Quelques petits gestes d'attention (bisous, cadeaux,…) font l'affaire. Un autre tuyau tout aussi rentable : voyager ou pique-niquer en famille. Cette ruse permet en quelque sorte de divertir l'aîné et de lui rappeler qu'il fait partie des projets quotidiens des parents aussi bien que le nouveau bébé. Le lui dire directement, c'est encore plus salutaire pour tous.
Nonobstant, il existe quelques exceptions, pas très légitimes. Il s'agit de ces parents qui admettent qu'ils n'aiment pas leurs enfants (peu importe leurs différences d'âge) de la même manière. Il se peut ainsi que les parents se sentent très proches d'un enfant à certaines périodes et moins à d'autres. Quoi qu'il en soit, cela relève de l'incongru de rendre solennelles ces préférences… Et c'est bien pour cela qu'il faut bien réfléchir avant de décider de donner naissance à un nouvel enfant. Finalement, tous les parents doivent se mettre en tête que la naissance d'un nouvel être ne laisse jamais l'aîné indifférent. L'éloigner au moment de l'accouchement, ce n'est peut-être pas une bonne idée. L'emmener chez ses grands-parents pourrait, plus que rien d'autre, le noyer dans une déception profonde, si ces derniers témoignent beaucoup d'amour au nouveau venu. Somme toute, la meilleure des stratégies reste l'égalité. Un peu de tact et beaucoup de patience s'imposent !
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Et le tout petit ?
Entre 1 et 3 ans, les conquêtes du bébé sont nombreuses: marche, langage, premières séparations à la crèche ou à l'école…
Pour y faire face, le petit a plus que jamais besoin d'attention. Il a besoin de ses parents rien que pour lui. De plus, la perspective de devoir partager son statut de «star» avec son aîné ne lui plaît pas du tout ! Cette angoisse est d'autant plus forte qu'elle est partagée par tous les membres de la famille. Du côté des parents, les états d'âmes inexplicables du bébé benjamin renvoient à tout, sauf à la jalousie. Pourtant, beaucoup de pédopsychiatres attestent que ce sentiment est inhérent à tous les bébés du monde puisqu'ils ont tous besoin de tendresse et d'amour.
Les crises de jalousie des moins d'un an sont pour le moins fourmillants : colères ininterprétables, problèmes de sommeil et larme aux yeux à la vue du concurrent. Le diplomate prématuré se met alors à réclamer couches, biberon et câlins prolongés. Hélas, le cas échéant, il ne faudra surtout pas le gronder, cette attitude traduit tout simplement ses appréhensions. Il sera plutôt bénéfique de le rassurer et de profiter de la stratégie de l'aîné protecteur. Mais s'il y avait une règle d'or pour gérer cette situation, elle serait la suivante : aucun des deux enfants ne doit se sentir privilégié ou préféré par rapport à l'autre. Seul le cœur d'une mère pourra réussir cette mission presque impossible.
Houda Belabd
Source: LE MATIN
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