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Les jeunes et la politique: Les raisons du désamour - Actualité Maroc - Webzine

Actualité Maroc : Les jeunes et la politique: Les raisons du désamour
Election MarocIl aurait bien fallu que l'Association marocaine des lauréats du programme Fulbright organise sa cinquième conférence sur «Les jeunes et la politique au Maroc» pour répondre à une problématique bien de chez nous.

Pourquoi les jeunes boudent-ils de plus en plus les urnes ? Tel était le motif de la rencontre récemment tenue à Casablanca. Laquelle rencontre a recueilli des politologues chercheurs, professeurs universitaires en plus de quelques jeunes étudiants venus de toute part pour analyser les causes sociales qui étaient derrière l'abstention des jeunes à voter lors des dernières législatives de 2007.


«Comment voudriez-vous qu'un jeune universitaire de 18 ans réagisse en lisant le programme d'un parti politique mené par un dirigeant de la vieille génération? Sinon, pourquoi voterait-on pour un programme totalement copié par une trentaine de partis marocains? N'est-ce pas d'un ridicule sans nom ?», s'interroge Faouzi Chaâbi, un député parlementaire de la Chambre des représentants.
En effet, un grand nombre de jeunes Marocains disent bouder les élections législatives justement parce que la majorité des partis sont sous la houlette de vieux dirigeants, ce qui explique qu'il y a, en quelque sorte, un dysfonctionnement entre les exigences de la jeune génération et les revendications des partis politiques marocains. De plus, les promesses de ces partis sont souvent sans lendemain, selon les dires de beaucoup de jeunes ayant assisté au colloque.

Les raisons qui poussent les jeunes à ne pas voter sont, certes, fourmillantes. Pour Lahcen Haddad, notre jeunesse semble être déçue par plusieurs mauvaises attitudes malencontreusement adoptées par la quasi-totalité des dirigeants de partis politiques. Parmi ces raisons-là, le professeur universitaire cite une pratique très courante dans notre pays, à savoir la disparition des dirigeants politiques en dehors des campagnes législatives: «Malheureusement, une grande inertie s'empare des leaders politiques dès que la campagne législative s'arrête. Cela en dit long sur l'indifférence de ses dirigeants et leur comportement, ô combien hostile à un pays assoiffé de démocratie et de bonnes initiatives».

Et d'ajouter «Si les moins jeunes boudent les urnes à cause de ce mauvais climat politique, il est bien logique que leurs cadets leur emboîtent le pas. Et c'est ce qui arrive dans notre société…» Ces raisons citées ont l'air de composer un puzzle que d'autres voient incomplet… Féministe jusqu'au bout des croyances, Milouda Hazeb, qui n'est autre que la conseillère du groupe parlementaire Rassemblement et Modernité, lie directement ce climat d'insouciance dont les jeunes sont l'objet, au faible taux de participation de la femme aux élections législatives et aux activités parlementaires: «La participation féminine apporte un nouveau souffle au développement politique au sein de la société marocaine. C'est bien pour cela qu'il faut lutter à tout prix contre la discrimination à l'égard de la femme. En plus, il faut institutionnaliser, le plus tôt possible, l'égalité des sexes au sein des partis. Sans cela, il n'y aura pas d'augmentation de taux de vote chez les jeunes. Parce qu'un monde politique sans femmes, c'est un monde politique sans dynamisme», entrevoit la parlementaire.

Décidément, la fidèle participation des jeunes aux urnes ne se fera absolument pas en un claquement de doigts. Car cette tâche est loin d'être aisée et incombe en grande partie aux dirigeants politiques puisque la balle est dans leur camp. De plus, encourager les jeunes universitaires à intégrer, et par la suite, diriger les partis politiques c'est déjà un grand pas vers le rajeunissement du champ politique marocain. Quant aux promesses chimériques des dirigeants, elles ont intérêt à disparaître car les nouveaux jeunes ne sont pas des crédules.


La politique dans le biberon…
Née en Iran, Sarah Zaki est une Marocaine pas comme les autres. Depuis sa tendre enfance, elle ne jure que par la politique. Aujourd'hui, elle vient d'intégrer l'université Hassan II de Mohammedia pour préparer sa licence en droit public.

Son amour pour le champ politique, elle l'a hérité de ses parents et de ses amis, quasiment tous, fils de diplomates. Son rêve le plus fou : devenir, elle aussi, une politicienne de renom pour circuler les messages qui lui tiennent à cœur ainsi que pour défendre les causes des plus démunis. De même, si elle a participé au cinquième plan d'action de l'Association marocaine des lauréats de Fulbright, cela en dit long sur son engouement.

Selon ses dires, la politique ne doit aucunement «faire peur» aux jeunes et que ces derniers doivent faire partie du «jeu politique» car il n'y aura pas de démocratie sans eux, surtout si l'on sait qu'ils forment la majorité de la société marocaine. Voilà donc des propos pleins de sagesse et vides de «langue de bois», comme quoi il faudra se résoudre à céder la parole à la jeunesse. Car celle-ci a énormément de choses à dire et de causes à défendre.


Par Houda Belabd
Source: Le Matin


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Casafree.com le 16/2/2009 19:37:22
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