Actualité Mondiale : Sommet de la Francophonie: Clôture de la 12ème session après trois jours de travaux dans la ville de Québec
Les défenseurs de la francophonie comptaient sur le Sommet de Québec pour assurer une tribune promotionnelle à la langue de Molière, mais le spectre de la crise financière internationale a pesé lourdement sur les travaux de cette grand-messe, qui a baissé dimanche le rideau après trois jours de conclave.Alors que les francophones ont exprimé, avant et pendant le Sommet, leur inquiétude de "la menace du monolinguisme", en allusion feutrée à la domination de l’anglais, le Sommet ne s’est pas vraisemblablement élevé à la hauteur de leur espérance, ne dissipant que partiellement leurs craintes quant au devenir du français dans le monde.
Dans le communiqué final du Sommet baptisé "Déclaration de Québec", les pays membres recommandent à l’Organisation internationale de la francophonie (OIF) et aux différents intervenants "de se donner une véritable politique de promotion du français qui intègre et met en synergie les actions de l’OIF et tous les acteurs concernés de la société civile".
Cette volonté bute, néanmoins, sur des contraintes objectives, à leur tête le manque de moyens dont souffre l’OIF et l’absence d’une vision claire sur la mission de cette organisation et la définition du concept de francophonie, comme l’ont soulevé des experts de la question présents à Québec dont le centre-ville a été quadrillé pour l’occasion, au grand dam de certains habitants qui ont vu leur liberté de mouvement réduite.
Emboîtant le pas au secrétaire général de l’OIF, le Sénégalais Abdou Diouf, qui a déclaré que le français "est en danger", le Premier ministre du Québec, Jean Charest, a reconnu, dès l’ouverture, que "la voix du français s’est affaiblie sur la scène mondiale".
Pour lui, la promotion du français est "une bataille qu’il faut mener" et l’ensemble des pays francophones sont appelés à joindre le Québec dans le combat pour la défense du fait français à travers le monde.
L’élan volontariste du leader québécois et de nombreux partisans de la francophonie a trouvé un écho favorable chez le président français Nicolas Sarkozy qui a fait part de l’engagement solennel de son pays à placer la question linguistique au centre de ses intérêts. "La francophonie, ce n’est pas simplement l’attachement à une culture. Nous devons vivre la francophonie comme un engagement politique", avait lancé le chef d’Etat français.
Seulement, M. Sarkozy a dû écourter sa participation au Sommet de Québec pour se rendre à Camp David, aux Etats-Unis, où il a examiné la tourmente des marchés financiers avec son homologue américain George Bush. Un sujet qui s’est invité, à la dernière minute, aux débats de la famille francophone, volant même la vedette aux quatre enjeux fixés pour ce forum, à savoir démocratie et Etat de droit, gouvernance et solidarité économique, environnement et langue française.
Dans les couloirs du Centre des congrès de Québec, on parlait plus des risques de récession économique que du devenir du français.
D’ailleurs, la crise financière a occupé une bonne place dans le communiqué final. Les chefs d’Etat et de gouvernement ayant pris part au Sommet ont apporté leur soutien à la tenue d’un sommet international sur la crise financière, tout en se déclarant convaincus que "la transparence et une régulation efficace demeurent des bases fondamentales pour le bon fonctionnement des marchés financiers".
La crise internationale n’est pas le seul événement ayant fait de l’ombre à cette douzième session qu’on a voulu une grande fête pour le 400ème anniversaire de la Ville de Québec, berceau de la Francophonie en Amérique du Nord. Il y avait également la tenue des élections fédérales canadiennes, mardi dernier, et le premier sommet Canada-UE, à quelques heures de la cérémonie officielle d’ouverture, ce qui a mis les organisateurs dans une situation inconfortable.
L’impressionnant dispositif de sécurité mis en place pour assurer la sécurité du Sommet a handicapé sérieusement le travail des 770 journalistes accrédités qui sont restés confinés durant toute la journée dans l’immense salle de presse du Centre des congrès, surtout que toutes les discussions ont eu lieu à huis clos.
"Tous (les journalistes) guettaient les rares passages des responsables pour leur arracher des mots", écrit dimanche "Le journal de Québec", qui rapporte les témoignages de journalistes se plaignant des restrictions imposées à leurs mouvements.
D’ici deux ans, le Sommet de la Francophonie se tiendra à Madagascar, en Afrique, avec l’espoir que la traversée de l’Atlantique aura apporté une cure de jouvence à la langue française.
MAP
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