Actualité Mondiale : Révolution au Kirghizistan
Après la Géorgie et l'Ukraine, une nouvelle ex-république soviétique fait sa "révolution". Le pouvoir kirghize s'est apparemment effondré en quelques heures jeudi à Bichkek, où des centaines de manifestants se sont emparés du siège de la présidence, avant que l'opposition n'annonce la démission du président Askar Akaïev, qui aurait quitté le pays.
L'un des principaux chefs de l'opposition, Felix Koulov, libéré de prison jeudi après avoir été incarcéré en 2000, a annoncé que le président avait signé sa lettre de démission, selon l'agence russe Itar-Tass. "C'est une révolution faite par le peuple", a lancé cet ancien vice-président et ministre de l'Intérieur: "demain arrive et nous devons décider comment vivre demain".
Si la situation semblait relativement calme, quelques magasins ont toutefois été pillés dans la capitale.
Le parlement d'avant les dernières élections législatives, réuni dans la soirée après l'annulation par la Cour suprême de ce scrutin contesté, a désigné l'ancien député d'opposition Ichenbai Kadirbekov comme président intérimaire. Un peu plus tard, la Chambre basse du Parlement a désigné le dirigeant de l'opposition Kourmanbek Bakïev Premier ministre intérimaire, et a fait savoir que les ministres seraient désignés plus tard, vendredi.
Kourmanbek Bakïev avait annoncé un peu plus tôt, sur les ondes de la télévision d'Etat, passée sous contrôle des manifestants, qu'Askar Akaïev, "ne se trouve plus sur le territoire du Kirghizistan". Et d'ajouter que le Premier ministre Nikolaï Tanaïev avait démissionné, mais que les ministères de la Sécurité, de la Défense et de l'Intérieur travaillaient avec l'opposition.
Difficile pour l'heure de savoir où était réellement passé le président. Sans citer ses sources, l'agence russe Interfax, a d'abord annoncé qu'il s'était envolé pour la Russie, affirmant ensuite qu'il avait changé de trajectoire pour se poser au Kazakhstan. Un peu plus tôt, elle annonçait que la famille du président faisait route vers cette république d'Asie centrale.
La Cour suprême kirghize avait annulé les dernières élections, détonateur final de la crise, son président, Kourmanbek Osmonov, cité par Itar-Tass, annonçant que pour la Cour, le parlement sortant était la législature légitime. Selon Topchoubek Tourgounaliev, militant du Mouvement populaire du Kirghizistan dirigé par Bakïev, des législatives se tiendront à l'automne: "nous voulons préserver l'unité de la nation. Nous avons des discussions avec les responsables de forces de l'ordre pour qu'il y ait coordination".
Contrairement aux révolutions géorgienne et ukrainienne, l'opposition kirghize manque d'un chef emblématique et ses divisions laissent encore planer le doute sur l'avenir.
Tout a basculé en une journée, après des semaines de contestation suite aux législatives des 27 février et 13 mars, contestées par l'opposition: elle accusait Askar Akaïev, au pouvoir depuis 1990 et élu président en 1991 après l'effondrement de l'URSS, d'avoir manipulé le scrutin pour qu'un parlement acquis à sa cause révise la constitution et lui permette de briguer un nouveau mandat en octobre prochain.
Au cours de la semaine écoulée, l'opposition morcelée avait commencé par prendre le contrôle de facto dans des villes du sud. Puis elle a fini par porter le mouvement dans la capitale.
Dans la matinée de jeudi, plus d'un millier de manifestants, certains portant des narcisses jaunes à la boutonnière, a gagné le siège de la présidence. Après des heurts avec les policiers et des partisans d'Akaïev, bandeaux bleus au front et armés de bâtons, les manifestants portant des rubans roses et jaunes, couleurs des deux factions de l'opposition, ont réussi à forcer les cordons de policiers anti-émeutes.
Les manifestants, des jeunes pour la plupart, ont envahi le bâtiment, certains jetant par les fenêtres ordinateurs, ventilateurs, détruisant mobilier et portraits d'Akaïev et se livrant à des pillages, malgré les appels de certains responsables qui ont dans un premier temps eu bien du mal à contenir la fougue de leurs jeunes troupes.
Le Kirghizistan manque des ressources naturelles ou des oléoducs qui ont vu certains de ses voisins d'Asie centrale devenir la proie de lutte d'influences entre la Russie, les Etats-Unis et la Chine. Mais Russes et Américains y maintiennent des bases militaires près de Bichkek. Lieu de passage du trafic de drogue et berceau potentiel pour l'extrémisme islamiste, particulièrement dans le sud, plus pauvre, ce pays de cinq millions d'habitants est considéré comme une zone sensible.
Après Tbilissi et Kiev, la Russie n'a pas caché qu'elle voyait d'un mauvais oeil les événements au Kirghizistan. Après avoir tancé la veille l'Union européenne, accusée de faire le jeu de l'opposition en critiquant les élections, le chef de la diplomatie russe Serguéï Lavrov a appelé jeudi au rétablissement de la loi et de l'ordre, parlant de "graves inquiétudes" quant aux conséquences "d'une tentative de prise du pouvoir par des méthodes illégales".
L'Ukraine a elle proposé une médiation. Quant au représentant de l'OSCE (Organisation pour la coopération et la sécurité en Europe), il était à Bichkek pour des entretiens avec les parties quand les manifestants se sont emparés de la présidence.
Source : AP
L'un des principaux chefs de l'opposition, Felix Koulov, libéré de prison jeudi après avoir été incarcéré en 2000, a annoncé que le président avait signé sa lettre de démission, selon l'agence russe Itar-Tass. "C'est une révolution faite par le peuple", a lancé cet ancien vice-président et ministre de l'Intérieur: "demain arrive et nous devons décider comment vivre demain".
Si la situation semblait relativement calme, quelques magasins ont toutefois été pillés dans la capitale.
Le parlement d'avant les dernières élections législatives, réuni dans la soirée après l'annulation par la Cour suprême de ce scrutin contesté, a désigné l'ancien député d'opposition Ichenbai Kadirbekov comme président intérimaire. Un peu plus tard, la Chambre basse du Parlement a désigné le dirigeant de l'opposition Kourmanbek Bakïev Premier ministre intérimaire, et a fait savoir que les ministres seraient désignés plus tard, vendredi.
Kourmanbek Bakïev avait annoncé un peu plus tôt, sur les ondes de la télévision d'Etat, passée sous contrôle des manifestants, qu'Askar Akaïev, "ne se trouve plus sur le territoire du Kirghizistan". Et d'ajouter que le Premier ministre Nikolaï Tanaïev avait démissionné, mais que les ministères de la Sécurité, de la Défense et de l'Intérieur travaillaient avec l'opposition.
Difficile pour l'heure de savoir où était réellement passé le président. Sans citer ses sources, l'agence russe Interfax, a d'abord annoncé qu'il s'était envolé pour la Russie, affirmant ensuite qu'il avait changé de trajectoire pour se poser au Kazakhstan. Un peu plus tôt, elle annonçait que la famille du président faisait route vers cette république d'Asie centrale.
La Cour suprême kirghize avait annulé les dernières élections, détonateur final de la crise, son président, Kourmanbek Osmonov, cité par Itar-Tass, annonçant que pour la Cour, le parlement sortant était la législature légitime. Selon Topchoubek Tourgounaliev, militant du Mouvement populaire du Kirghizistan dirigé par Bakïev, des législatives se tiendront à l'automne: "nous voulons préserver l'unité de la nation. Nous avons des discussions avec les responsables de forces de l'ordre pour qu'il y ait coordination".
Contrairement aux révolutions géorgienne et ukrainienne, l'opposition kirghize manque d'un chef emblématique et ses divisions laissent encore planer le doute sur l'avenir.
Tout a basculé en une journée, après des semaines de contestation suite aux législatives des 27 février et 13 mars, contestées par l'opposition: elle accusait Askar Akaïev, au pouvoir depuis 1990 et élu président en 1991 après l'effondrement de l'URSS, d'avoir manipulé le scrutin pour qu'un parlement acquis à sa cause révise la constitution et lui permette de briguer un nouveau mandat en octobre prochain.
Au cours de la semaine écoulée, l'opposition morcelée avait commencé par prendre le contrôle de facto dans des villes du sud. Puis elle a fini par porter le mouvement dans la capitale.
Dans la matinée de jeudi, plus d'un millier de manifestants, certains portant des narcisses jaunes à la boutonnière, a gagné le siège de la présidence. Après des heurts avec les policiers et des partisans d'Akaïev, bandeaux bleus au front et armés de bâtons, les manifestants portant des rubans roses et jaunes, couleurs des deux factions de l'opposition, ont réussi à forcer les cordons de policiers anti-émeutes.
Les manifestants, des jeunes pour la plupart, ont envahi le bâtiment, certains jetant par les fenêtres ordinateurs, ventilateurs, détruisant mobilier et portraits d'Akaïev et se livrant à des pillages, malgré les appels de certains responsables qui ont dans un premier temps eu bien du mal à contenir la fougue de leurs jeunes troupes.
Le Kirghizistan manque des ressources naturelles ou des oléoducs qui ont vu certains de ses voisins d'Asie centrale devenir la proie de lutte d'influences entre la Russie, les Etats-Unis et la Chine. Mais Russes et Américains y maintiennent des bases militaires près de Bichkek. Lieu de passage du trafic de drogue et berceau potentiel pour l'extrémisme islamiste, particulièrement dans le sud, plus pauvre, ce pays de cinq millions d'habitants est considéré comme une zone sensible.
Après Tbilissi et Kiev, la Russie n'a pas caché qu'elle voyait d'un mauvais oeil les événements au Kirghizistan. Après avoir tancé la veille l'Union européenne, accusée de faire le jeu de l'opposition en critiquant les élections, le chef de la diplomatie russe Serguéï Lavrov a appelé jeudi au rétablissement de la loi et de l'ordre, parlant de "graves inquiétudes" quant aux conséquences "d'une tentative de prise du pouvoir par des méthodes illégales".
L'Ukraine a elle proposé une médiation. Quant au représentant de l'OSCE (Organisation pour la coopération et la sécurité en Europe), il était à Bichkek pour des entretiens avec les parties quand les manifestants se sont emparés de la présidence.
Source : AP
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