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Les dunes d'Essaouira font désormais partis du patrimoine mondiale - Environnement - Webzine

Environnement : Les dunes d'Essaouira font désormais partis du patrimoine mondiale
EssaouiraLes dunes d'Essaouira, qui font désormais partie du patrimoine mondiale suite à leur inscription, avec l'archipel, sur la liste Ramsar des zones humides, constituent une richesse naturelle irremplaçable qui requiert une gestion raisonnée et durable et des actions de valorisation.

Déjà inventoriées en tant que Site d'Intérêt Biologique et Ecologique (SIBE) dans le Plan Directeur des Aires Protégées du Maroc, les dunes de Mogador s'étendent sur une superficie de 11 800 hectares.

Elles se situent dans le domaine territorial de la municipalité d'Essaouira (90%) et des communes rurales de My Bouzerktoune et Ounagha au nord et Sidi Kaouki au Sud (10%).

L'exploitation abusive et anarchique du bois, conjuguée aux pratiques des habitants et des riverains de la ville d'un élevage extensif, devait conduire au début du siècle dernier à la disparition totale de la forêt de genévrier rouge sur un rayon de 8 à 15 Km autour de la ville et à la formation d'un nouveau paysage désertique envahit par des sables d'origine maritime et terrestre.

Sous l'effet d'une dynamique éolienne très marquée (vents violents et contenus), le mouvement du sable donnait lieu à des formations dunaires qui évoluaient à l'intérieur des terres et gagnaient les terrains de culture et la forêt de thuya situés à la périphérie de l'ancienne juniperaie. L'envahissement de sable a pris au fil des années une dimension considérable.

Pour remédier à cette situation, le Service des Eaux et Forêts était sollicité par les travaux publics et les autorités locales pour intervenir en vue de fixer les sables en mouvement et d'assurer la protection de la ville et ses liaisons routières avec Safi et Marrakech.

Les premiers travaux de fixation entrepris dès 1914 furent conduits au ralenti jusqu'au 1918 date à la quelle ils prirent une ampleur considérable avec la mise en oeuvre d'importants moyens humains et matériels et s'étendirent rapidement sur des milliers d'hectares.

Presque un siècle plus tard, la patience et la persévérance de nombreuses générations de forestiers avaient permis de fixer non seulement la majorité des dunes menaçant la ville d'Essaouira mais de les mettre en valeur et d'y reconstituer partiellement l'ancienne forêt de genévrier.

Connue pour leur richesse floristique, les dunes d'Essaouira recèlent également une faune mammalogique variée (sanglier, chacal, genette, mangouste, loutre, lièvre, et belette) et une avifaune à la fois nicheuse et migratrice et bien d'autres espèces d'oiseaux rares.

Achevés en 1986, les travaux de fixation de ces dunes dont les actions de maintenance et de densification se poursuivent toujours, ont permis outre la protection de la ville et ses infrastructures, la mise en valeur des dunes (production de bois et création d'emplois) et la création au départ d'une réserve biologique et écologique actuellement inscrite dans la liste Ramsar des zones humides d'importance internationale.

Cet espace vert, très sollicité par les citadins et les touristes, a connu un aménagement récréatif et sera valorisé davantage par le lancement d'un second projet qui ambitionne la réalisation d'un parc couplant la découverte de terrain et la sensibilisation à la protection de cet écosystème.

Cependant, il faut signaler que malgré les résultats obtenus par la lutte acharnée contre le fléau d'ensablement et les effets bénéfiques constatés grâce à la stabilisation des dunes, de nombreuses contraintes continuent à s'opposer aux objectifs assignés à cette action.

Il s'agit notamment de l'irrégularité des crédits de fixation et surtout de maintenance du cordon littoral, l'extension souvent injustifiée sur les dunes périphériques les plus vulnérables et la mauvaise insertion des nouvelles constructions dans l'espace dunaire, et la multiplication de décharges sauvages.

Certes, la technique de fixation a été maîtrisée et bien réussie dans ces dunes, mais leur préservation n'incombe pas seulement au forestier. D'autres acteurs doivent y participer d'autant plus que la pérennité de ce programme de protection ne peut être efficace que si les pouvoirs en place y adhèrent.

Le devoir de la société civile n'est pas des moindres, notamment en ce qui concerne l'éducation et la sensibilisation du public à l'importance de ces dunes qui font partie du patrimoine de la ville.

Le développement d'un partenariat avec les Ong et les communes créera un profond sentiment de responsabilité et d'appartenance et permettra ainsi à cette forêt de genévriers unique dans la région de jouer pleinement sa fonction inestimable.

Par Lqadey Azedine
MAP


Casafree.com le 24/4/2008 17:50:00
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