Actualité Mondiale : Moyen-Orient : Doutes sur la conclusion d'un accord de paix en 2008
La secrétaire d'Etat américaine, Condoleezza Rice, a entamé sa visite au Proche-Orient mardi, pour sauver les négociations de paix entre Israéliens et Palestiniens basées sur une initiative de Washington, alors qu'experts et médias arabes se demandent si cette valse diplomatique pourra faire sortir du tunnel le processus de paix du Proche-Orient. La visite de Mme Rice au Proche-Orient coïncide avec une " situation très difficile, alors que conflits et attaques entre Israéliens et Palestiniens provoquent la détérioration de la sécurité dans la bande de Gaza, comme dans des villes israéliennes ", a indiqué Sayed Amin Shalaby, directeur exécutif du Conseil égyptien des affaires étrangères.
"Depuis que la Conférence sur la paix du Proche-Orient à Annapolis (Maryland, Etats-Unis), a redémarré en novembre 2007 les négociations entre Palestiniens et Israéliens, aucun progrès n'a été réalisé dans les négociations entre les deux parties au cours de plus de trois mois écoulés", a commenté M. Shalaby dans un entretien avec le correspondant de l'agence Xinhua.
"Ce qui a compliqué la situation consiste en de récentes opérations militaires excessives d'Israël contre la bande de Gaza, considérées par les Etats arabes comme un 'Holocauste de Gaza' et poussant le président palestinien, Mahmoud Abbas, à suspendre les négociations de paix avec Israël", a ajouté M. Shalaby.
Il a estimé souhaitable que la secrétaire d'Etat américaine aide à persuader et faire pression sur l'Etat hébreu pour qu'il cesse ses opérations militaires contre Gaza et revienne aux négociations de paix. La visite de Mme Rice intervient au moment d'une escalade des violences entre Palestiniens et Israéliens.
Des groupes armés palestiniens continuaient mardi à tirer des roquettes artisanales sur le sud d'Israël, un jour après le retrait des troupes terrestres israéliennes du nord de la bande de Gaza.
Dans la nuit de mardi à mercredi, l'armée israélienne a relancé un raid contre la ville de Khan Younès (sud de la bande de Gaza), après avoir retiré ses troupes terrestres de la bande à la suite de cinq jours d'agression contre cette enclave palestinienne, ayant fait plus de 120 morts et plusieurs centaines de blessés côté palestinien.
Durant sa visite en Egypte, première étape de son périple au Proche-Orient, Mme Rice s'est engagée à oeuvrer pour la reprise des négociations de paix entre Israéliens et Palestiniens au plus vite.
Mettant l'accent sur la nécessité d'un processus de paix actif à l'issue de son entretien avec le président égyptien, Hosni Moubarak, et son homologue Ahmed Abul Gheit, Mme Rice a demandé aux militants palestiniens de cesser leurs attaques à la roquette contre Israël et soutenu le droit de ce dernier à riposter à ces attaques.
Elle a par ailleurs affirmé qu'Israël devait éviter de causer des pertes humaines parmi les civils, en réagissant aux attaques à la roquette.
Lors d'une conférence de presse conjointe avec Mme Rice mardi dans la ville cisjordanienne de Ramallah, M. Abbas a réclamé un cessez-le-feu entre Palestiniens et Israéliens pour aboutir à la paix à la fin de cette année.
Malgré l'optimisme de Mme Rice et du président américain, George W. Bush, sur les perspectives pour la paix, M. Shalaby a déclaré que "pour parler franchement, il semble que l'actuelle situation ne laisse pas les populations penser que l'accord de paix entre Palestiniens et Israéliens pourra être conclu fin 2008".
"Malgré tout, si l'administration Bush fait de sérieux efforts pour promouvoir le processus de paix, cet objectif sera atteint, mais cela dépend de quelle pression elle pourra mettre sur Israël", a-t-il ajouté.
Le monde a besoin d'un miracle pour redynamiser le processus de paix du Proche-Orient à l'agonie suite aux derniers massacres israéliens à Gaza, selon l'éditorial de mardi du quotidien Egyptian Mail.
Mme Rice a rendu responsable le groupe armé du Hamas (Mouvement de résistance islamique palestinien) de la détérioration de la situation humanitaire dans la bande de Gaza, condamnant les attaques à la roquette artisanale contre des villes israéliennes.
De l'autre côté, M. Abul Gheit a condamné l'usage excessif de la force par Israël contre des civils innocents, de manière disproportionnée et inégale par rapport aux attaques du Hamas contre Israël.
Le chef de la diplomatie égyptienne a aussi affirmé que le Hamas fait partie de "l'équation palestinienne" et devait participer aux futures négociations de paix, "s'ils peuvent améliorer leurs manières" en renonçant à la violence.
Le Hamas a qualifié mardi la visite de Mme Rice d'indésirable, indiquant qu'elle a pour objectif d'empêcher les Etats arabes de répondre à l'appel de la bande de Gaza à une asssistance humanitaire, d'entraver leur solidarité envers le peuple palestinien et de donner plus de soutien à l'occupation israélienne pour commettre d'autres massacres.
"La réalisation de la réconciliation nationale entre le Hamas et le Fatah (dirigé par M. Abbas) est essentielle pour les négociations tant sur la voie des Palestiniens que sur la voie palestino-israélienne", selon M. Shabaly.
En juin 2007, les militants du Hamas ont chassé les forces de sécurité loyales à M. Abbas de la bande de Gaza et dès lors ont pris le contrôle de ce territoire en situation difficile, tandis que le président Abbas a formé un autre cabinet en Cisjordanie avec le soutien de l'Occident.
Par Guo Chunju
Xinhua
Casafree.com le 6/3/2008 12:58:12
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