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Culture : SIEL : Regards croisés de jeunes écrivains marocains et français
SIEL livre Casablanca"Regards croisés de jeunes écrivains marocains et français", est le thème d'une rencontre organisée vendredi à Casablanca dans le cadre du 14e Salon international de l'Edition et du Livre (SIEL), mettant en parallèle des visions du monde qui s'interfèrent à travers les différents thèmes traités par les écrivains de l'Hexagone et du Royaume.

Les jeunes écrivains marocains et français se sont accordés à soutenir "qu'il n'y a pas d'identité figée", faisant plutôt prévaloir "la notion de métissage".

Ils ont souligné que la plupart des écrits sont essentiellement axés sur la confrontation des identités, la double culture et la situation des immigrés en France et de leurs enfants, notant que cette frange de la société est de plus en plus structurée et organisée.

A ce propos, ils ont cité l'exemple d'un mouvement littéraire, le collectif "Qui fait la France ?", qui réunit des auteurs partageant "le goût d'une littérature du réel, sociale et revendicative".

D'aucuns ont relevé que le problème est au fond "social", faisant remarquer qu'il faut beaucoup plus d'énergie pour s'en sortir "quand on vit dans une cité".

Les écrivains ont été unanimes à exprimer le sentiment d'appartenir à une autre France "polychrome et intelligemment métissée" en construction.

Pour le nouvelliste marocain Amine Lagssir, "écrire est une forme de militantisme". "Les auteurs français écrivent pour se démarquer alors que moi j'écris pour dire que j'existe", a-t-il dit.

Et d'ajouter que son ambition est de faire passer aux jeunes le message disant que "la vie n'a pas encore commencé pour la détester et qu'il y a toujours des situations pires que la notre".

Nicolas Fargues, auteur notamment de "Beau rôle" (Ed. P.O.L), reconnaît se sentir comme "un étranger" dans son pays.

Cet auteur qui a grandi au Cameroun et au Liban avant d'atterrir en Corse, avoue en outre que "même s'il y a une liberté d'expression en France, je ne m'y reconnais pas".

Le romancier marseillais, Jean-Eric Boulin, auteur de "Supplément au roman national" (Stock), renchéri qu'il "se sent beaucoup plus méditerranéen que français", sentiment qui "ouvre beaucoup plus de perspectives".

Pour sa part, l'auteur française d'origine marocaine, Samira El Ayachi, dont le premier roman est intitulé "La vie rêvée de Mademoiselle S" (Sarbacane), se sent située "entre deux cultures, celle de l'école et de la rue".

"Outre une urgence, écrire pour moi est un espace de liberté tout autant qu'un besoin d'échange avec la langue", conclut-elle.

MAP


Casafree.com le 18/2/2008 12:40:50
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