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Actualité Mondiale : Haarp, projet pacifique ou arme secrète ?
Haarp (High frequency active auroral research program) est-il un outil scientifique comme les autres, ou s'agit-il en fait d'une couverture pour un programme militaire américain ultrasecret visant entre autres à manipuler le climat en chauffant l'ionosphère avec des ondes radios ?



Quelques activistes américains ainsi que des membres du Parlement russe pensent très sérieusement qu'il s'agit d'une «arme géophysique» d'un type nouveau qui pourrait radicalement bouleverser l'équilibre climatique de la planète entière. Certains rares habitants de la région en Alaska accusent Haarp de tous les maux. L'un d'eux affirme avoir vu des lueurs vertes au-dessus des antennes, alors qu'un autre dit avoir vu des caribous marcher à reculons.


Pourtant, à première vue, l'installation Haarp, près de la petite ville de Gakona en Alaska, n'a rien de particulièrement effrayante. Il s'agit simplement d'un champ d'antennes radio, des mâts et des câbles tendus dans tous les sens, recouvrant 9 hectares au milieu d'une forêt de conifères. D'ailleurs de nombreuses antennes du même type existent dans le monde, à Puerto Rico, en Russie, au Tadjiskistan et en Norvège, mais aucune d'elles ne fait naître autant de fantasmes que Haarp. Mais il est vrai que Haarp, à la différence de tous les autres instruments scientifiques équivalents, est une installation militaire conjointe entre l'US Navy et l'US Air Force, financée directement par le département américain de la Défense, sans avoir à passer par un processus d'évaluation par des chercheurs américains comme c'est le cas d'habitude.


La création récente d'aurores artificielles par les antennes radios de Haarp prouve, si besoin était, que l'installation fonctionne, et que ses émissions radios sont bien capables de chauffer l'ionosphère (1). Mais est-ce suffisant pour avoir un impact sur le climat terrestre, ou pour modifier la météo à distance ? «C'est de la rigolade !, s'esclaffe Philippe Zarka, astronome spécialiste de la physique des plasmas à l'Observatoire de Paris à Meudon. Les énergies injectées par Haarp dans l'ionosphère, quelques mégawatts voire quelques dizaines de mégawatts, sont complètement négligeables par rapport à l'apport du Soleil. Au sommet de l'atmosphère, le Soleil dépose pas moins de 1,4 GW (1,4 milliard de watts) par kilomètre carré.» D'ailleurs, les scientifiques ont réussi à illuminer avec Haarp une toute petite région du ciel, au coeur d'une aurore naturelle déjà active, et qui, elle, embrasait la moitié du ciel sous l'effet d'électrons accélérés par les lignes de champ magnétique terrestre.


D'autre part, des installations d'étude active de l'ionosphère existent depuis plus d'une trentaine d'années, mais n'ont jamais été sérieusement accusées de détraquer le climat. Les anti-Haarp avancent que l'installation militaire américaine est bien plus puissante, donc bien plus dangereuse que les autres. Mais son niveau actuel de puissance, 960 kW, est comparable à celui des autres instruments. En 2006, avec une puissance finale de 3,6 MW, Haarp sera seulement trois fois plus puissante que ses prédécesseurs, ce qui ne représente pas une différence significative.


Au-delà des fantasmes sur la manipulation du climat ou l'action des ondes sur le comportement des caribous, il est en revanche évident que les militaires américains n'ont pas investi 90 millions de dollars dans Haarp par pure philanthropie. La Navy et l'US Air Force expliquent d'ailleurs ouvertement sur le site Web de Haarp les raisons de leur intérêt pour l'ionosphère. Cette couche de l'atmosphère est plus ou moins chargée en électrons selon les heures de la nuit ou de la journée, ou encore selon la latitude. Et ces variations influent sur tous les signaux radios qui la traversent. Le temps de parcours de l'ionosphère est, par exemple, un des paramètres de correction les plus importants pour améliorer la précision du système de positionnement par satellite GPS. De manière plus futuriste, le chauffage ponctuel et modulé de certaines régions de l'ionosphère pourrait servir à émettre des messages radio de fréquence extrêmement basse que peuvent recevoir les sous-marins en plongée. De tels émetteurs à très basse fréquence sont déjà en service, mais n'ont pas une portée globale.


(1) L'ionosphère est une région de l'atmosphère très peu dense, au-dessus de 100 km d'altitude dans laquelle de nombreux atomes ont perdu leurs électrons et forment ainsi un plasma.

Source : Le Figaro


Casafree.com le 7/2/2005 9:50:00
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